13.05.2012 09:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cercle, matin, dimanche
Les vins vaudois: mobilisation générale!
Mardi 8 mai dernier, dans la salle du Grand Conseil, une très nombreuse assistance représentant les milieux politiques et économiques du canton assistait à la présentation du millésime fondateur des Premiers Grands Crus vaudois. Onze vins d’exception ont ainsi été distingués, qui répondent à un cahier des charges plus exigeant que n’importe quelle autre appellation similaire dans le monde. En effet, ce classement est remis chaque année en question, alors qu’en France par exemple, il est acquis pour des décennies, ou plus d’un siècle si l’on se réfère à celui des vins de Bordeaux de 1855.
La démarche vise bien sûr à promouvoir la qualité en incitant les vignerons à se surpasser et à exprimer la quintessence de leurs terroirs en suivant des règles rigoureuses de production intégrée, de récolte manuelle, de densité minimale de plantation et de rendements limités. Au prix d’importants sacrifices et après une sélection draconienne incluant entre autres l’ancrage des domaines dans le temps, on parvient ainsi à hisser au sommet de la hiérarchie une catégorie de vins emblématiques, véritable Légion d’honneur des vins vaudois et ambassadeurs privilégiés de notre viticulture au-delà de nos frontières cantonales et même nationales.
En ouvrant cette nouvelle vitrine, on met non seulement en valeur les produits, mais on récompense également les hommes et les femmes qui leur consacrent toute leur énergie et tout leur savoir. Des artisans obstinés, talentueux, voire inspirés qui travaillent la vigne, en élaborent le produit dans leurs caves et élèvent patiemment leurs vins au fil des mois et des années, dans un souci constant de perfection. Des créateurs qui contribuent au rayonnement du Pays de Vaud en participant de manière déterminante et concrète à l’entretien et à l’âme d’un paysage somptueux.
Si la création d’un club très exclusif et presque confidentiel qui ne regroupe que 0,5% de la production peut sembler élitiste et anecdotique, elle n’est que la partie la plus visible d’une vaste et nécessaire opération de lifting de l’image des vins vaudois, qui ont trop longtemps dormi sur un oreiller de paresse sans se préoccuper de l’évolution ni des marchés ni des goûts du consommateur. Or rien n’est acquis, les clients ne sont pas captifs et les stocks s’accumulent dans les caves. Dès lors tous les acteurs de la scène viti-vinicole doivent fournir un effort considérable d’imagination et de renouvellement.
La recherche de l’excellence est certes essentielle et les Premiers Grands Crus en sont le témoignage éloquent. Mais rien ne se fera sans consacrer au moins autant d’ingéniosité et de détermination au service de la promotion. A l’interne, d’abord, où il est presque inconvenant de voir des élus fêter leur succès avec du vin d’ailleurs. Outre-Sarine ensuite, où il faut renforcer notre présence à Bâle, à Berne, à Lucerne et à Zurich. A l’étranger enfin, où toutes les occasions – foires, expositions, réceptions – doivent être saisies de profiler nos crus en tant que produits haut de gamme, au rapport qualité-prix imbattable vis-à-vis des appellations prestigieuses mais inabordables de France ou d’Italie. Mais la promotion coûte cher, les moyens sont limités et nos autorités devront bien, dans un avenir proche, mettre la main à la poche pour soutenir un secteur économique aussi vital qu’indissociable de l’image du canton. Comme elles devront s’interroger sur les effets désastreux de l’élargissement des quotas, qui permet l’afflux, sur les rayons de nos grandes surfaces, de vins bon marché, flatteurs mais sans intérêt, et aussi étrangers au génie vaudois que leurs importateurs sont indifférents à la beauté de nos vignobles.
Pierre Keller, Président de l’Office des vins vaudois
29.04.2012 11:54 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Le suicide, comme un ultime recours?
J’observe une tendance, toujours plus marquée de malades qui se jugent perdus et qui recourent au suicide assisté. Que faut-il penser d’une société dans laquelle des gens sont à ce point désespérés, à ce point convaincus qu’aucune autre solution ne peut être trouvée qu’ils pensent soit au suicide, soit à ces organisations qui ont fait profession de l’organiser?22.04.2012 09:47 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Réglementer la mort?
L’Etat ne devrait jamais légiférer en matière d’euthanasie. On ne peut concevoir en effet que les pouvoirs publics organisent officiellement ce qui reste une sorte de mise à mort d’une personne. Et pourtant, l’initiative populaire «Assistance au suicide en EMS» y a contraint le Grand Conseil.
Reprenons les choses à zéro.
L’article 34 al. 2 de la Constitution vaudoise dit: «Toute personne a le droit de mourir dans la dignité».
L’article 115 du Code pénal suisse ne punit pas celui qui assiste une personne dans sa volonté de se donner la mort, quand cette assistance n’est pas dictée par un mobile égoïste. C’est précisément cette impunité et le droit de mourir dans la dignité que revendiquent des associations d’assistance au suicide telles qu’Exit. Et les choses pourraient en rester là. Cependant une difficulté existe: certaines personnes souhaitent recourir à de telles associations au cas où elles seraient atteintes par exemple de maladies incurables extrêmement douloureuses. Le «suicide assisté» que ces associations pratiquent reste un acte strictement personnel de l’assisté et ne saurait à aucun moment devenir une pratique usuelle, voire coutumière, notamment au sein des EMS. Dès lors, si une personne qui souhaite recourir au suicide assisté n’est pas chez elle, mais dans une institution, il lui est pratiquement impossible de faire respecter sa volonté et on le comprend fort bien: une institution ne peut pas se prêter à une telle assistance. Ce serait contraire à toute déontologie. La situation est alors assez délicate, voire douloureuse pour certains pensionnaires. C’est la raison pour laquelle des partisans de l’assistance au suicide ont lancé une initiative disant que «les EMS qui bénéficient de subventions publiques doivent accepter la tenue d’une assistance au suicide dans leur établissement pour leurs résidents qui en font la demande à une association pour le droit de mourir dans la dignité ou à leur médecin traitant, en accord avec l’article 115 du Code pénal suisse et l’article 34, alinéa 2 de la Constitution vaudoise».
Dans sa froide radicalité, cette initiative est inacceptable. Mais le problème qu’elle prétend résoudre existe, nous l’avons vu plus haut, et le Grand Conseil a dû chercher une solution qui puisse être tolérable. Il faut pour cela des nuances, de la délicatesse, une série de cautèles et le respect autant des pensionnaires que du personnel soignant. C’est cela que le Grand Conseil a tenté de mettre dans son contre-projet à l’initiative.
Nous ne répéterons jamais assez que l’Etat ne devrait jamais légiférer en matière d’euthanasie. Malheureusement, l’initiative populaire «Assistance au suicide en EMS» y a contraint le Grand Conseil, car c’était la seule possibilité d’éviter une solution pouvant menacer les droits des pensionnaires et du personnel soignant des EMS. La modification de la loi sur la santé publique apparaît donc comme un mal nécessaire et c’est pourquoi, opposée à l’initiative populaire, j’accepterai le contre-projet.
Le bulletin de vote portera les questions suivantes: a) Acceptez-vous l’initiative populaire «assistance au suicide en EMS» qui propose de modifier comme suit la loi du 29 mai 1925 sur la santé publique? [(suivra le texte d’un article 71 bis (nouveau)]. J’y répondrai NON.
b) Acceptez-vous le contre-projet du Grand Conseil qui propose de modifier comme suit la loi du 29 mai sur la santé publique? [(suivra le texte d’un art. 27d (nouveau)]. J’y répondrai OUI, le cœur un peu gros.
SUZETTE SANDOZ
Ex-conseillère nationale libérale vaudoise

