23/10/2010 23:25 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cercle, dimanche, matin

La Francophonie, un espace pour créer la confiance

calmy.JPG"On n'habite pas un pays, on habite une langue", faisait remarquer Cioran. Roumain exilé à Paris, il a écrit la majeure partie de son oeuvre en français. Son constat a trouvé une résonance particulière cette fin de semaine à Montreux avec le XIIIe Sommet de la Francophonie.

La Francophonie, ce sont 70 pays et 900 millions de personnes. C’était la première fois que la Francophonie se réunissait en Suisse. La Suisse entière en a profité en termes d'image et de visibilité. Vivre l’espace francophone dans toute sa diversité réuni dans notre pays multiculturel et quadrilingue m'a renforcé dans la conviction que partager une langue parlée sur les cinq continents est une chance extraordinaire.

Car au sein de la Francophonie, le français n’est parlé comme langue unique qu’en France. Partout ailleurs, il est, comme en Suisse, associé à une ou à plusieurs autres langues. La Francophonie, c’est donc avant tout un espace de pluralité des langues. Et par conséquent de pluralité des modes de pensée.

Dans le monde globalisé, il est très important que nous n’ayons pas qu’un seul standard de pensée. Il est très important qu’on puisse se reconnaître à travers une langue commune dans les problèmes de notre temps, dans les réflexions politiques, économiques et scientifiques qui ont cours, dans les expériences qu’on a vécues. Avoir une langue commune, c'est partager des références historiques, philosophiques, littéraires, c'est aborder les problèmes avec une même perception. Avoir une langue commune, c'est gagner en complicité et en efficacité. C'est donc gagner du temps. Dans un monde interconnecté où les réseaux se superposent, ce temps est précieux.

La raison d'être de la Francophonie n'est pas de mener un combat contre les autres langues. La Francophonie se bat au nom de la diversité des cultures dans le monde afin d’éviter l’uniformisation de la planète. La valeur ajoutée de la Francophonie, c'est sa diversité: elle représente à la fois le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest, les pays riches et pauvres. Elle regroupe des cultures et des religions différentes, des positions politiques diverses. Mais, grâce au ciment commun que sont la langue et la culture, la Francophonie crée un espace de confiance qui nous permet de mieux saisir les problèmes, de mieux les appréhender en profitant d'un climat plus serein que dans d'autres enceintes internationales où les obstacles politiques prennent le dessus.

Parce que la Francophonie réunit en son sein des pays très différents et qu'elle les rassemble sur la base d’une langue et d'une culture communes, il y est possible de mieux se comprendre sans malentendus et sans les complications liées à la traduction. Dans le domaine de la médiation par exemple, c'est un atout qui compte. Ainsi, en Afrique, la Francophonie s'affirme comme un acteur utile pour accompagner les processus de démocratisation et de gestion de crise. Depuis 1992, elle a soutenu plus de 150 missions d’observation électorale dans des pays en situation difficile. Elle s’est affirmée comme un acteur déterminé dans la promotion de la paix, de la démocratie et des libertés.

Il est faux de penser que la Francophonie n'est qu'un espace où l'on fait de grands discours. La Francophonie est un forum où l'on peut se réunir autour d'objectifs communs et espérer dépasser les clivages en apportant différentes visions de différentes réalités. Il devient ainsi possible d'y trouver des solutions à des problèmes globaux qui, aujourd'hui, concernent et préoccupent la planète entière.

Micheline Calmy-Rey
Conseillère fédérale
Présidente de la Conférence ministérielle de la Francophonie

Commentaires

Jamais entendu quelque chose de plus absurde. Habiter une langue ? Tous les anglophones n'ont pas la même culture ni le même état d'esprit et les francophones n'ont pas non plus une culture commune! Prétendre que notre culture et nos idées sont les mêmes que celles des africains (entre autre) car nous parlons la même langue est une abhération. Avoir reçu en Suisse avec tous les honneurs et grandes courbettes le président de la RDC, criminel génocidaire qui autorise le viol en série de milliers de femmes (en faisant même une arme de guerre comme une autre), d'enfants et même de bébés me fait honte. Les rares lois en vigueur ne sont pas appliquées. Les personnes violées sont rejetées par leurs époux et toute leur famille (et vous prétendez que nous avons la même culture? Nous, les femmes violées on ne les rejette pas! Mais MCR et DL ont décidé de pardonner et en guise d'absolution il a été nommé hôte de la prochaine francophonie. Beau message envoyé par la Suisse et par des femmes en plus, à ces dizaines de milliers de femmes torturées et violées qui avaient peut-être osé espèrer que la CH, terre de la croix-rouge et de l'unicef agiraient pour améliorer leur sort. Au lieu de cela, DL & MCR leur ont appuyé sur la tête, elles ont enterré ces femmes à tout jamais et autorisé le meurtre des dizaines de milliers d'autres. Alors tout votre blabla meerci, faut pas prendre vos citoyens pour les derniers des imbéciles, mesdames, et la fin ne justifie pas TOUS les moyens. Ces chefs d'Etat vous semblez l'avoir oublié sont également ceux qui se sont mis du côté de kadafi, contre nous, et ils le seront toujours (eux sont de la même culture), car ils ne nous considèrent que comme des pompes à fric et des coffres pour planquer l'argent qu'ils ont soustrait à leurs peuples, s'engraissant sur des enfants dont il ne reste que la peau et les os. NON, nous n'avons pas la même culture Mesdames, car nou, nous ne tolèrons et ne pardonnons pas ces atrocités. Mais il semble que vous OUI et j'en ai honte pour vous. Je sais que la vie, les évènements nous obligent parfois à oublier certaines humiliations et mettre le point dans la poche, mais il y a des limites à tout, et là la limite a été franchie car RIEN ne vous obligeait à faire cela.

Écrit par : germaine | 27/10/2010

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