13/11/2010 23:55 | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : blog, cercle

L’intégration des handicapés à l’école est une solution injuste

SANDOZ_1.jpgUn des chevaux de bataille de M.Sarkozy, lors de sa campagne présidentielle, était l’intégration des enfants handicapés dans les classes scolaires ordinaires. Apparemment, son idée a fait école puisque le Canton de Vaud semble s’apprêter à prendre des mesures pour intégrer les enfants handicapés dans les classes ordinaires de l’école publique.
 
L’idée est généreuse: le handicap ne doit pas être une cause d’exclusion sociale. Elle est cependant fausse parce qu’elle est profondément injuste. Elle est injuste pour les enfants handicapés, pour les enfants non handicapés et pour les enseignants.

Une société riche a le devoir de donner à un enfant handicapé le maximum de moyens d’acquérir un bagage scolaire lui permettant de vivre ultérieurement sa vie d’adulte avec le plus de chances possibles d’intégration et de succès. Pour cela, il est essentiel que l’enfant reçoive l’enseignement qui lui est le plus adapté. Notre société – qui a la chance d’être riche – doit offrir aux enfants handicapés un enseignement, si possible assez individualisé, qui réponde à leurs besoins spécifiques. L’intégration dans la société de leur âge pourrait se faire éventuellement à l’occasion de certains moments récréatifs, mais il ne faut pas oublier qu’on est plus longtemps adulte qu’enfant et que l’âge adulte ne se prépare que pendant peu d’années.

Les enfants non handicapés ont, au même titre que les enfants handicapés, le droit de recevoir un enseignement adapté à leur rythme et à leurs capacités, et d’être préparés à entrer dans leur vie d’adulte avec les meilleures chances de réussite. Actuellement déjà, bien des enfants souffrent de l’uniformisation prolongée de l’enseignement qui impose à tous le même rythme, les mêmes programmes scolaires, ce qui nuit autant aux faibles qu’aux forts. Quant à croire que, en accueillant dans leur classe quelques élèves handicapés – souffrant apparemment d’un handicap assez lourd, puisqu’il faudra une formation et une aide spéciales pour les enseignants – les enfants apprendront la tolérance, c’est se bercer d’illusions. «Cet âge est sans pitié», c’est malheureusement avéré. L’ennui distillé par un enseignement ralenti, dans les classes, engendre soit la paresse, soit la violence, soit le mépris pour les plus faibles, pour ne pas dire d’ailleurs, le mépris de l’enseignant.
 
Mais parlons précisément des enseignants. Il semblerait que l’intégration d’enfants handicapés dans des classes ordinaires implique une formation spéciale de l’enseignant ou à tout le moins une co-direction de la classe par une assistante spécialisée. A-t-on envisagé un seul instant ce que représenterait pour les enseignants l’obligation, soit de se dédoubler pour satisfaire simultanément aux exigences d’un enseignement ordinaire et d’un enseignement spécialisé, soit d’accepter que les classes soient co-dirigées? Cherche-t-on à rendre la profession insupportable, à accroître la tension que connaissent déjà beaucoup d’enseignants du fait notamment de la diversité culturelle de la composition de leurs classes, des carences éducatives des enfants, des incohérences et des faiblesses notoires du matériel scolaire, des changements constants dans l’école depuis trente ans, etc, etc?

Intégrer systématiquement les enfants handicapés dans les classes scolaires ordinaires, c’est se préparer à nuire à tous les enfants, avec ou sans handicap, et aux enseignants concernés. L’enfer est pavé de bonnes intentions .

Suzette Sandoz

Commentaires

Pour avoir travaillé durant 41 ans dans le domaine de l'enseignement spécialisé, je suis en accord parfait avec les dires de Mme Sandoz. En effet, sous prétexte d'égalité dans la différence, nous créons par de nouveau système une différence dans une volonté égalitaire. Dans l'école traditionnelle, il y a déjà des différences entre les éléves d'une même classe, soit par leur niveau culturel, par le cadre familiale dans lequel ils vivent, soit par leur situation politique.
Les enseignats sont déjà en dificulté dans beaucoup de classes, car ils leur aient difficile de suivre un programme imposé avec une population ausi diverses. Pourl'enfant handicapé, la situation est pire. Il va arriver, selon le lieu, la classe, dans un milieu instable dans lequel, l'enseignant essaie de"survivre". Ce nouvel enfant différent,ayant besoin d'une pédagogie adaptée sera un enfantd de plus posant problème à un enseignant qui navigue déjà tant que mal une adaptation supplémentaire. La scolarité doit permettre à chaque enfant de progresser en fonction de ses possibilités get non pas d'attendre que l'autre progresse pour rejoindre son niveau. Donnons une chaque à chaque enfant pour permettre de progresser dans qu'il se sente diférent.

Écrit par : Fredembach | 14/11/2010

Pour avoir travaillé durant 41 ans dans le domaine de l'enseignement spécialisé, je suis en accord parfait avec les dires de Mme Sandoz. En effet, sous prétexte d'égalité dans la différence, nous créons par de nouveau système une différence dans une volonté égalitaire. Dans l'école traditionnelle, il y a déjà des différences entre les éléves d'une même classe, soit par leur niveau culturel, par le cadre familiale dans lequel ils vivent, soit par leur situation politique.
Les enseignats sont déjà en dificulté dans beaucoup de classes, car ils leur aient difficile de suivre un programme imposé avec une population ausi diverses. Pourl'enfant handicapé, la situation est pire. Il va arriver, selon le lieu, la classe, dans un milieu instable dans lequel, l'enseignant essaie de"survivre". Ce nouvel enfant différent,ayant besoin d'une pédagogie adaptée sera un enfantd de plus posant problème à un enseignant qui navigue déjà tant que mal une adaptation supplémentaire. La scolarité doit permettre à chaque enfant de progresser en fonction de ses possibilités get non pas d'attendre que l'autre progresse pour rejoindre son niveau. Donnons une chaque à chaque enfant pour permettre de progresser dans qu'il se sente diférent.

Écrit par : Fredembach | 14/11/2010

La pauvre suzette sadoz, une fois de plus à côté de ses pompes. Il faudrait décidément faire taire cette mamie gâteuse une bonne fois pour toutes!

Écrit par : Tigre | 14/11/2010

Merci Madame Sandoz pour votre soutien aux enseignants concernant l'intégration des handicapés. Tout ce que vous décrivez est exact, dans le canton de Fribourg aussi les politiciens sont tentés par le leurre de l'intégration qui se solde par la lente désintégration de la classe. Il y a deux ans une autiste a été placée dans ma classe et ce fut une galère totale tant pour moi que pour les autres élèves. L'ambiance s'est dégradée à un tel point que j'ai risqué y laisser ma santé; je dois mon salut au renvoi de cette élève après quatre mois de calvaire.
Malheureusement, sans doute pour des raisons d'économies, on persiste à croire à l'intégration, ce qui engendre l'enfer pour mes collègues

Écrit par : Thierrin | 14/11/2010

Rien à redire à l'analyse de Mme. Sandoz, qui a complètement raison...par contre je suis obligé de mettre un commentaire, juste pour dire que j'ai jamais vu un commentaire aussi bête que celui de tigre.

Écrit par : Lucas | 14/11/2010

J'aime entendre et lire Mme Sandoz. Toujours réaliste, avec un esprit très intelligent et néanmoins plein d'humour souvent. Je souhaiterais qu'elle tienne une chronique "actualité diverse" dans un de nos journaux car elle a beaucoup de réflexion et un esprit vivant.

En ce qui concerne les handicapés à l'école, là aussi, elle a raison. Sa réflexion est très juste.

J'espère lire Mme Sandoz plus souvent ! Je lui souhaite une longue et heureuse retraite. Je ne sais pas si elle donne des conférences (?) mais je m'y rendrais volontiers.

Une lausannoise

PS : d'ailleurs ses étudiants de l'UNI l'appréciaient beaucoup, c'est bien connu. Elles les faisait rire et mettait une bonne ambiance dans le groupe.

Écrit par : balade | 14/11/2010

@tigre : votre commentaire est aussi bête que méchant.

Écrit par : balade | 14/11/2010

Merci Mme Sandoz!
Educatrice spécialisée dans le domaine du handicap depuis 18 ans et mère d'enfants HPI, j'adhère totalement à votre texte.
En effet, l'enseignement actuel n'est ni préparé correctement, ni adapté à des enfants "souffrant" d'un QI supérieur à la moyenne. Alors comment imaginer qu'il soit prêt pour des enfants souffrant d'un quelconque handicap mental? L'école, bien que pleine de bonne volonté, ne sait que faire de ces enfants différents. Ils ont de la peine à trouver leur place avec les enfants dits "normaux"...Alors que vont devoir affronter les enfants handicapés? Le rejet, la moquerie et pour finir, peut-être vont-ils détester l'école, comme beaucoup d'enfants HPI.
D'un autre côté beaucoup d'enseignants signalent une augmentation de la violence, des problèmes de discipline... ne vaudrait-il pas mieux trouver des solutions à ces problèmes-là, avant d'en créer d'autres?
Il serait dommage de vouloir gommer la différence au nom de la bien-pensance et chacun a le droit d'aimer apprendre. On aime apprendre quand on peut apprendre à son rythme!

Écrit par : Préfère rester anonyme | 14/11/2010

Votre clairvoyance, Mme Sandoz, est remarquable. L'integration des handicapes dans une classe reguliere est un leurre, une heresie. Vous avez si bien decrit la situation de souffrance des handicapes, des non-handicapes et des enseignants que cette integration engendrerait. Merci Mme Sandoz de nous soutenir nous enseignants qui rencontrons deja moult problematiques dans nos classes.

Écrit par : Emma | 14/11/2010

Après nous avoir endormi sur 2 paragraphes, Madame Sandoz va vite se cacher derrière une montagne d'excuses afin de ne pas intégrer des élèves handicapés.

Dans une société ou l'on intègre les élèves étrangers et autres élèves à problème (PS: Aucun amalgame entre ces 2 groupes svpl), on ferme les yeux sur le handicap et les questions qu'il pose, à savoir l'intégration dans les classes.

Madame Sandoz, vos théories sont autant obsolètes que ridicules !

Écrit par : Miroir | 15/11/2010

Madame Sandoz n'a pas autant de neurones que de rides, elle ferait mieux d'aller se mettre au repos dans un EMS et parler aux vieux plutot que des jeunes. Je suis entierement d'accord avec "Tigre" et "Miroir" sur leurs commentaires et j'ajoute que chacune de ses interventions parfumées d'un mélange de naphtaline et de populisme-vieille-droite d'un autre age n'inspire rien d'autre que pitié et mépris.

Écrit par : Amadore | 15/11/2010

Laissez le choix aux parents concernés !

Votre titre m’a choquée, blessée, puis sérieusement fâchée !

Parlez-vous en connaissance de cause Madame Sandoz ?
Connaissez-vous des parents concernés ?
J’en doute fort, sinon vous n’auriez en aucun cas parlé de manière si négative et blessante.

Je vous invite vivement à mettre à jour vos connaissances et à venir voir sur le terrain des expériences positives et enrichissantes pour tous ; celles que vivent des familles avec un enfant handicapé scolarisé, dont la nôtre.

Le canton de Vaud ne cherche pas à « intégrer systématiquement les enfants handicapés dans les classes ordinaires ». Notre canton est celui qui a le plus d’enfants handicapés en écoles spécialisées (un peu plus de 3%) et souhaite rejoindre la moyenne suisse qui est à 2%. Il s’agit donc d’en scolariser 1% dans le milieu ordinaire les prochaines années. Ceci se fait avec un renfort pédagogique (soutien à l’enseignant et à l’élève).

A la naissance de notre enfant atteint de trisomie 21, nous pensions que la voie dans l’école spécialisée était tout tracé. Il en a été tout autrement. Notre enfant a été intégré dès le jardin d’enfants. Nous sommes reconnaissants à toutes les personnes qui nous ont accompagnées jusqu’ici, ainsi qu’à leur ouverture d’esprit par rapport à l’intégration. La scolarisation au sein de l’école est la base de l’intégration dans la vie ordinaire. Pour nous parents, il nous semble primordial d’avoir le choix, car cela implique aussi un engagement de notre part et nous voyons bien où notre enfant se sent bien.

Vous dites « une société riche a le devoir de donner à un enfant handicapé le maximum (..) lui permettant de vivre ultérieurement sa vie d’adulte avec le plus de chances possibles d’intégration et de succès. ». Mais la scolarisation de nos enfants différents leur permet justement de prendre leur place de citoyen à part entière au sein de la société dès le plus jeune âge, de manière très naturelle. La place qu'il se fait à ce moment est cruciale et s'inscrit dans un projet de vie à long terme, dans le lieu de résidence. Au contact de notre enfant « extra-ordinaire » les enfants ordinaires, leurs parents et les enseignants ont fait connaissance avec ce handicap mental, n’en ont plus peur et font tomber bien des préjugés tenaces. Ces camarades seront peut-être les employeurs de demain qui oseront faire une place dans la vie active à des personnes handicapées…

Êtes-vous retournée récemment sur les bancs de l’école pour prétendre que l’enseignement est ralenti ? Avez-vous déjà entendu parler de partenariat et de travail d’équipe, incluant les compétences autant de l’enseignant, du renfort pédagogique que celui des parents ? Avez-vous vu ce que les services de pédagogie différenciée mettent en place aujourd’hui pour des difficultés diverses (dyslexie etc.) ?
Avec-vous connaissance des études anglaises qui ont démontré que la violence est moindre dans les écoles où il y a scolarisation d’enfants handicapés ?

Venez participer à notre prochaine rencontre avec les 10 enseignants secondaires de notre enfant. Vous constaterez par vous-même la richesse de cette expérience que certains ont peut-être débutée avec appréhension, mais qui se passe au mieux pour tous, et principalement pour l’enfant qui en est le 1er concerné !

Le Prof. Bouchard le répète souvent : « Laissons donc sa chance au coureur ! » en parlant des personnes atteintes d'une déficience intellectuelle. Mme Sandoz, ne restez pas fermée dans vos clichés archaïques et donnons-nous les moyens de scolariser dans de bonnes conditions les enfants handicapés dont les familles souhaitent faire ce choix !

Denise Berger

Écrit par : Denise Berger | 16/11/2010

Madame Sandoz,
Je comprends la colère de Mme Berger et ne peux que adhérer à son point de vue.
Moi même, enseignante (non retraitée !), je suis choquée par vos généralités et votre conclusion me met hors de moi.
Je vis au quotidien l'une de ces situations et je peux témoigner que l'intégration peut être positive.
Avant de plaindre notre profession, avez-vous questionné TOUS les enseignants concernés par cette intégration ? Avez-vous interrogé TOUS les élèves que vous considérez "non-handicapés" et qui vivent au quotidien ce partage ? Il est facile de voir toujours le côté négatif et de s'en contenter !

Écrit par : Stéphanie WEHRLI | 16/11/2010

Madame Sandoz,
Je n'ai pas voulu croire à ce titre associé à votre nom et pourtant....je suis enseignante spécialisée et je travaille dans les classes ordinaires (comme il est dit) pour que les enfants soient maintenus dans l'école ordinaire, et quand l'enfant est dans son école il est aussi dans son village, dans son environnement....il n'est pas "délocalisé"...pour avoir aussi travaillé en école spécialisée je suis aussi partisane pour que certains enfants, des solutions autres soient envisagées. Je suis toujours surprise lorsque nos politiciens, nos décideurs ne cherchent qu'une solution unicite....intégrer tous les enfants ou alors placer tous les enfants, aussi multiples que soient les difficultés, multiples sont les aides que notre société (riche) peut apporter.
Quant aux enseignants; beaucoup d'entre eux accueillent, reçoivent, travaillent avec ces enfants dits différents et une difficulté, souvent tue, est que leur hiérarchie, l'état, leur demande de suivre un programme qui va toujours plus vite, que les formations qu'ils ont reçues les forment à mettre tous les enfants au même rythme, à obtenir d'eux de bons résultats. Ils ont appris à travailler seul....quelle bêtise décidément ! Alors qu'ils doivent apprendre à leurs élèves à collaborer. Donc ils n'ont nullement besoin d'être plaints mais d'obtenir une formation qui tienne compte des différences, qui leur apprenne à collaborer avec leurs pairs, avec des spécialistes, et bien sûr avec les parents. Nous avons tous avantage, et par là je veux dire "notre société", à ne mettre personne de côté afin que nous ne "fabriquions" plus d'exclus !
Simone de Beauvoir disait...on a jamais fini d'apprendre car on n'en a jamais fini avec l'ignorance....
Je vous salue, Madame. Je suis pleine d'espoir.....

Écrit par : Espoir | 16/11/2010

Madame Sandoz,

Je suis enseignant spécialisé depuis environ 35 ans et je travaille avec bonheur dans une classe d’élèves handicapés mentaux. J’ai lu avec intérêt votre article dans Le Matin du 14 nov. 2010.

Votre analyse est très intéressante, car elle met le bien-être des élèves handicapés au centre de la discussion.

Ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement dans la pratique. Par exemple, les responsables scolaires du canton de Vaud ont mandaté une recherche à des spécialistes * qui se sont penchés sur trois problématiques liées à l’intégration : Le repérage et le diagnostic à l’intégration, les mesures demandées, accordées et mise en œuvre et les aspects de coordination et de communication. Nulle part, dans le résumé de la recherche, on peut trouver un mot sur le bien-être de l’élève handicapé intégré…

Votre analyse est un peu faussée car elle définit les personnes handicapées en général ; alors que dans la réalité plusieurs formes de handicap compliquent le développement de beaucoup d’élèves. Je pense au handicap sensoriel, moteur, comportemental, fonctionnel, mental et malheureusement bien d’autres…

Pour ma part, je pense que toute personne qui est capable d’apprendre comme ses paires doit être intégrée dans des classes ordinaires ; quelle que soit la lourdeur de son handicap. Ces personnes handicapées doivent pouvoir jouir d’un soutien spécialisé nécessaire à leurs besoins. C’est un droit et même une obligation pour notre société si riche.

Pour les élèves qui n’ont malheureusement pas les possibilités d’apprendre aussi rapidement que les autres, qui ont besoin d’un enseignement adapté et là je pense aux élèves handicapés mentaux, il faut trouver des solutions en fonction du bien-être de l’élève exclusivement.

L’important n’est pas d’adapter nos normes à la moyenne suisse. Le canton de Vaud a une longue tradition d’enseignement spécialisé pour les personnes handicapées, enviée de loin à la ronde. Il a développé une prise en charge de qualité, correspondant aux besoins des ces élèves exceptionnels. Il n’est pas toujours nécessaire non plus de répondre aux demandes d’intégration des parents, si celles-ci ne sont pas bénéfiques au bon développement de leur enfant.

A mon avis, l’intégration partielle d’élèves handicapés mentaux est une excellente chose au jardin d’enfant, en maternelle et dans les premières années du primaire. Elle stimule l’autonomie de l’élève handicapé mental et lui permet d’être reconnu dans son quartier. Naturellement, c’est dans les écoles d’enseignement spécialisé qu’il fera ses apprentissages scolaires avec des enseignants spécialisés. On n’apprend pas seulement par osmose. Plus tard, quand l’écart entre les connaissances, le langage et le rythme de vie se fait trop grand, l’élève handicapé n’y trouve plus son compte. Cet environnement lui devient même néfaste. Pour toute personne, il est destructeur de ne pas se trouver dans un environnement adapté.

Imaginez-vous, pendant un mois seulement, dans un cours de génie génétique à l’UNIL ou dans un cours de recherche avancée en informatique à l’EPFL. Vous aurez vite fait de désinvestir, de vous retirer dans vos rêveries et de vous trouver nul.

En résumé, je pense que toute intégration scolaire d’élèves handicapés mentaux devrait être discutée en concertation entre parents, école d’enseignement spécialisé, école ordinaire et le service de l’enseignement spécialisé au bénéfice exclusif de l’élève.

Jacques Lambelet
Enseignant spécialisé

* Article paru dans la revue du Centre Suisse de Pédagogie Spécialisée (CSPS)
Bachmann Hunziker et Pulzer-Graf.
Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP), Lausanne

Écrit par : Lambelet Jacques | 17/11/2010

Ce n'est pas à vous, Madame Sandoz, ni à Madame Lyon d'ailleurs, de décider si un enfant doit suivre sa scolarisation avec un encadrement spécialisé à l'école ordinaire ou en milieu "protégé". Cette décision appartient aux parents, aux enseignants et, dans la mesure du possible, à l'enfant lui-même. L'état doit mettre en place les conditions cadres qui offrent réellement ce choix et qui permettent à l'enfant de suivre sa scolarité là où ses potentiels auront le plus de chances de se développer.

Nous aurions voulu avoir ce choix réel pour notre fils qui bénéficie aujourd'hui d'un encadrement scolaire en milieu spécialisé.

Écrit par : Corinne et Laurent Jenny | 17/11/2010

Papa d' un enfant sourd en intégration, je m' étonne des propos tenus par Madame Sandoz. L' AI demande aux adultes Handicapés de tenter de s' intégrer dans le monde du travail, je trouverais pertinent qu'enfants ils puissent déjà s' habituer à certaines réalités en fréquentant l' école, vous ne trouvez pas?
Ceci est d' ailleurs utile pour les "normaux", s' ouvrir au handicap est enrichissant.
Je pense que Madame Sandoz parle sans connaissances suffisantes du sujet, avoir été une excellente enseignante en faculté de droit ne favorise pas le contact aux handicapés physiques ou sensoriels...peut être juste ceux de coeur...
A votre disposition, Chère Madame, si vous désirez un témoignage relevant du vécu.

Écrit par : Chappaz Bruno | 17/11/2010

Madame,

"Des" enseignants, "les" enfants handicapés... des expressions bien généralisantes qui masquent une réalité complexe et plurielle. Vous n'êtes pas sans savoir que le handicap n'est plus, aujourd'hui, considéré comme un état permanent, mais comme quelque chose de contextualisé, qui peut être exacerbé ou atténué par de nombreux facteurs. Vous seriez sans doute bien handicapée, seule en plein coeur de Pékin! Sauf si vous parlez couramment chinois, auquel cas mon argument ne tient plus...

On ne peut pas préconiser l'intégration ou, au contraire, la ségrégation "des" enfants handicapés, comme vous semblez vouloir le faire dans votre article, simplement parce que chacun d'eux est unique, que chacun a des envies, des capacités, un vécu qui lui sont propres. L'enjeu de l'école vaudoise actuelle n'est pas de prendre une seule et unique option en ce qui concerne la prise en charge de ces enfants dits "différents", mais bien de se recentrer sur les besoins spécifiques à chacun d'entre eux en vue d'y apporter une réponse.

Pour certains, un enseignement en groupe restreint sera peut-être nécessaire. Pour d'autres au contraire, une intégration sera souhaitable et bénéfique. Il faut réfléchir au cas par cas!

Bien sûr, pour ces enfants qui sont intégrés, il faut chercher des solutions, des aménagements; en tant qu'enseignant, cela demande de se remettre en question, de revoir ses pratiques, ses supports de cours, son attitude face à la collaboration. Et ce n'est pas facile! Mais en même temps, combien d'élèves dits "normaux" s'ennuient à l'école, ou ne s'y épanouissent que moyennement? En cherchant des alternatives pour ces enfants différents qu'on intègre, il est probable que l'on réponde simultanément aux besoins d'autres enfants, qui n'ont, eux, pas été signalés comme tels. Car il ne faut pas oublier qu'handicapés ou pas, ils restent tous des enfants avant tout.

Dans ce débat, ce sont malheureusement trop souvent eux qu'on oublie.

La question de doit pas être de savoir s'ils sont oui ou non adaptés à l'école et à ses contraintes. Nous devons nous demander aujourd'hui si l'école est adaptée à eux et, si ce n'est pas encore le cas, comment mettre notre créativité et notre énergie au service d'une école épanouissante pour le grand nombre.

Enseignante spécialisée travaillant dans l'enseignement dit "ordinaire", je ne trouve pas que ma tâche soit facile tous les jours. Mais le défi est de taille et il mérite d'être relevé!

Ninosca Borel

Écrit par : Borel | 17/11/2010

Avant d'écrire ou de parler, Mme Sandoz serait bien inspirée de s'informer davantage sur la question du handicap et de venir dans les établissements scolaires. Il en va de sa responsabilité, accrue dès lors qu'elle ambitionne d'occuper l'espace public, en particulier dans un dessein politique.

En effet, une approche scientifique, par exemple, montre rapidement que le handicap concerne l'être humain dans sa singularité. Parler d'élèves handicapés comme elle le fait est donc un abus de langage. C'est une catégorisation sociale qui est le résultat d'une représentation fausse de la réalité. Pour preuve, la manière dont Mme Sandoz tire au cordeau la frontière entre ceux qu'elle considère comme handicapés et les autres. Nous possédons tous des handicaps... et comme notre destin est de vivre ensemble, les uns avec les autres, nous avons un intérêt prépondérant à nous comprendre et à nous respecter, c'est-à-dire respecter nos différences et rechercher ce qui nous relie tous les uns aux autres.

L'intégration des élèves handicapés doit réussir impérativement. Dans bien des cas, elle peut s'organiser, dans l'établissement scolaire. Parfois ce n'est guère possible. Comme les élèves n'apprennent pas qu'à l'école..., il convient de rechercher toujours un équilibre entre les différents environnements pédagogiques et lieux de socialisation. Cette recherche fait d'ailleurs partie intégrante du projet pédagogique de chaque élève.
Dans ce sens, si l'Ecole ne met pas en place des solutions intégratives pour tous ses élèves, elle prend le risque de les exclure.

L'histoire des hommes nous enseigne que l'exclusion est le produit de nos peurs et le ferment de la violence. L'Ecole a pour mission d'éclairer et d'élever (au sens d'élévation) les enfants qui lui sont confiés. Cette haute mission n'a de sens que dans l'altérité. C'est l'autre qui nous fait grandir. Ceux que Mme Sandoz appelle les handicapés, à travers la place que nous leur faisons, dans notre société et dans nos représentations, nous renvoient l'image de nous-mêmes.

Comme la société, l'Ecole alimente aussi les peurs et la violence. Mais il en va de sa responsabilité, donc celle des directions et des enseignants, de propager des valeurs éducatives. Celle de savoir vivre avec les autres est essentielle. Elle doit nous réunir dans nos différences. C'est ce qu'on appelle communément l'humanité.
En avoir conscience et le dire n'impliquent pas de savoir vivre avec les autres, tant ce pari est difficile. Mais au moins, nous nous donnons une chance de l'entreprendre.

Dans une autre vie, j'ai eu dans ma classe un élève sans main et sans prothèses qui venait en vélo à l'école. Je peux vous assurer que cet élève, comme tant d'autres, ont aussi "donné" la leçon que j'aurais été incapable de donner moi-même. Mme Sandoz, veut-elle nous priver de cette pédagogie irremplaçable ?

Écrit par : Jacques Péter-Contesse | 22/11/2010

si la société pouvait se débarrasser des handicapés,elle n'hésiterait pas une minute pour ne pas s'en occuper
chez moi on trouve pas de subventions pour les handicapés car il n'y a pas assez d'argent, par contre on hésite pas à détourner des millions d'euros pour mener la belle vie.et nous ,nous nous battons tous les jours pour essayer d'apprendre à vivre à nos enfants dans ces sociétés qui n'est pas adaptée à eux

Écrit par : zorro | 24/11/2010

Clap, clap, clap ! Bravo Madame Sandoz ! Merci de venir au secours des enseignants ! Grâce à vous mon effectif d’élèves va être considérablement revu à la baisse !

Dehors les enfants dyslexiques, dehors les enfants dysorthographiques, dehors les enfants suivis par la psychomotricienne, dehors les enfants suivis par le psychologue scolaire, dehors les enfants qui ont un appareil dentaire et que cela handicape lorsqu’ils parlent, dehors les bras et jambes cassées (chouette la neige est déjà là,..., ça va être une vraie hécatombe en classe), dehors les élèves qui peinent en français, en math, etc... et finalement... dehors le prof ! Soyons corrects, je sors également de la classe, j’ai de nombreuses douleurs dorsales à force de porter ma fille polyhandicapée tous les jours et je serre parfois les dents en sortant du matériel à la gymnastique. Rassurez-vous elle est en institution ! Elle n’a rien à faire dans cette société où les handicapés devraient, d'après vos dires, être mis en dehors de l’école et hors du contact des autres !

Alors là génial ! Auto goal Madame Sandoz ! Tous mes élèves et moi-même souffrons de troubles plus ou moins légers (intellectuels, manuels, sensoriels, physiques) en résumé, souffrons d’un handicap, irons donc rejoindre ma fille... dans son institution. Là, au moins, tout le monde serait sur le même pied d’égalité ! Car... on est tous différents, il faut juste apprendre à connaître l’autre, apprendre à rentrer en contact, être stimulé par notre handicap pour faire aussi bien que les autres. Mais si les autres ne partagent pas notre quotidien... sur quel modèle devons-nous nous identifier pour progresser ?

Tout cela est écrit sur un fond tellement ironique, que je ne me prends pas du tout au sérieux ! Par contre, en lisant votre “”””””article””””””, je sens bien que vos écrits sont au premier degré. Et c’est là que le bas blesse, m’agace, me fâche !

Mettons-les en cage ! Hors de la vue des autres enfants !

Ça me rappelle une chanson que j’avais apprise à l’école. J’ai eu de la chance dans ma vie, le handicap d’avoir perdu mon papa à 6 ans avec tous les troubles que cela a engendrés, ne m’a pas fermé la porte de l’école. C’était une chanson de Pierre Perret.

Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s’envoler c’est beau
Les enfant si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte de la liberté
(...)
Une fois dans vot’vie
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux

Il avait déjà tout compris ce Pierre ! Oui, ils ne sont pas comme nous mais on a (ils ont) tant à découvrir, c’est tellement enrichissant pour les uns et pour les autres de partager cette vie, notre vie !

Chaque expérience avec des enfants différents est unique ! Elles ne sont pas toutes négatives ! Ne faites pas une généralité ! Etes-vous enfermées comme ces petits oiseaux ? Si c’est le cas... je vais faire un truc qui va me rendre heureux, qui va vous rendre heureuse ! Vous ouvrir la porte... que vous puissiez aussi découvrir des expériences qui fonctionnent magnifiquement bien. Où l’enfant exceptionnel (je déteste ce terme de handicapé) ne trouve pas injuste d’être avec des enfants dit “dans la norme”.

J’habite tout près de chez vous et j’enseigne dans la commune voisine. C’est très volontiers que je vous fais découvrir ce qui se passe juste... mais alors juste à côté de votre maison. Il faut simplement sortir, s’ouvrir à ce qui nous entoure et arrêter de faire des théories qui ne tiennent pas la route sans être allée sur le terrain. Toutes les intégrations ne sont pas possibles, je le conçois très bien. Je ne verrai pas ma petite fille polyhandicapée dans une classe “normale” sauf peut-être pour des moments plus récréatifs comme vous l’écrivez. Super ! On est enfin d’accord sur ce point. Par contre, si l’intégration est possible, que les parents et les enseignants sont motivées, que les moyens sont là et que surtout l’enfant est heureux... ne la freinons pas !

Cela est enrichissant pour tout le monde...

Écrit par : Steve Birbaum | 27/11/2010

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