29/01/2011 23:14 | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : bleu, blog, dimanche

Non à la loi de la jungle!

LEYVRAT_1.jpgQue les choses soient claires: j’ai le plus grand respect pour tous mes confrères médecins qui, leur formation achevée, décident de s’installer en pratique libérale, que ce soit en cabinet ou en clinique. Indépendants, ils bénéficient des avantages liés à leur statut mais en assument aussi tous les risques. Ces risques, notamment financiers, sont parfois lourds à porter. Tous les entrepreneurs indépendants en savent quelque chose.

Or, depuis peu, la pénurie de médecins dans certaines spécialités se fait sentir. La compétition entre secteurs privé et public pour recruter ces perles rares s’exacerbe. Le refus, par certains milieux politiques, exprimé mardi dernier lors du débat au Grand Conseil, d’appliquer les règles en vigueur dans les hôpitaux d’intérêt public ouvre la porte à un subventionnement par l’Etat des cliniques, tout en les laissant libres de recruter selon une logique qui, elle, est tout sauf respectueuse de l’Etat.

Ainsi, des médecins, dont la formation est entièrement financée par la Confédération et le Canton (dans certains cas pendant plus de dix ans), sont approchés par les cliniques dès la fin de leur formation et se voient offrir des conditions salariales somptuaires doublées – et c’est là la nouveauté – d’une sécurité de l’emploi qui tient plus du fonctionnariat que de l’esprit libéral.

Il y a encore quelques mois, il n’était en effet pas question d’être salarié lorsque l’on travaillait en clinique. Or, un cas édifiant m’a récemment été rapporté: ce spécialiste longuement formé dans notre établissement public, s’est vu promettre une garantie de salaire d’un million de francs par an, durant deux années. (Oui! Vous avez bien lu!). Disparue la prise de risque.

Dans des domaines hautement spécialisés, où l’on forme à peine deux spécialistes par an, les prix flambent: certains se sont vus proposer des salaires deux fois – voire trois fois – plus élevés que ceux proposés par le service public.

Il y a là une grave distorsion. Comment peut-on accepter que les cliniques reçoivent d’une main le soutien du contribuable sous la forme d’une aide étatique, mais de l’autre participent à affaiblir le service public? Cette subvention ne devrait-elle pas les contraindre à quelques obligations, en tête desquelles le devoir de ne pas vider, de manière déloyale, l’hôpital universitaire de ses meilleurs éléments? La question est d’autant plus aiguë en période de pénurie, alors que l’on sait qu’à l’horizon de 2025, 10 millions de consultations ne pourront être assumées faute de disposer des spécialistes nécessaires.

Notre hôpital universitaire a pour mission de former des professionnels hautement spécialisés non seulement pour assurer les soins en ses murs mais aussi dans tous les hôpitaux périphériques du canton et dans tout le réseau sanitaire. Que se passera-t-il si, au fil des ans, les spécialistes sont ainsi débauchés? A continuer de vider nos hôpitaux publics, c’est tout notre système de santé que les cliniques mettent en danger. Ne serait-ce pas plus intelligent et plus juste qu’une loi puisse limiter ces débordements, rétablir un équilibre raisonnable entre médecine libérale et publique, en favorisant non pas la compétition sauvage qui s’annonce mais plutôt des coopérations fructueuses pour nos patients?

Pierre-François Leyvraz

Directeur général du CHUV à Lausanne

Commentaires

Monsieur le Professeur,
C'est avec un grand intérêt que j'ai lu votre article. Il y a plus de vingt ans ma vie a été bouleversée, elle l'est encore aujourd'hui, par un grave accident. Monsieur le Professeur Livio et vous-même m'avez sauvé la vie.. "simplement". Jamais je n'aurai pu être admis en clinique, mon assurance ne couvrant pas les frais, pour avoir droit à des soins de la part d'un spécialiste en traumatologie de "haut vol" qui eût été débusqué au CHUV par la dite clinique. La chance a voulu que vous, Monsieur le Professeur Leyvraz, avez décidé de dédier votre vie à aider autrui dans le secteur médical public. Monsieur le Professeur Livio avait fait le même choix. Vous m'avez prodigué, vous deux, au CHUV, puis à l'Hôpital Orthopédique de Lausanne, des soins d'une qualité exceptionnelle. Le résultat de vos opérations rend admiratif tous les médecins qui ont eu, et ont, l'occasion de se pencher sur mon dossier médical et sur mon corps meurtri. Ces soins de haute qualité donnés par les deux spécialistes de "haut vol" que vous êtes, Monsieur le Professeur Leyvraz et votre prédécesseur Monsieur le Professeur Livio, sont le résultat de la volonté de deux éminents spécialistes de renommée internationale qui ont su résister aux salaires mirobolants offerts par le secteur privé et qui ont voué leur vie (je vous ai vu travailler, je sais de quoi je parle) à sauver des vies au sein du CHUV et de l'Hôpital Orthopédique. Merci infiniment Monsieur le Professeur. Denis (Phuket/Thailande)

Écrit par : Denis | 30/01/2011

Quel beau discours de politique (ou futur politique...). Quand on connait le mode de fonctionnement du CHUV par rapport à ses "spécialistes de haut vol", malmenés par l'institution et payés au lance-pierre sous le prétexte falacieux que leur formation a coûté cher. Le CHUV a perdu et perdra encore ses "perles rares" s'il ne change pas son attrait pour ces spécialistes qui sont constamment grêvés de leur droit, notamment par la clause du besoin... Et maintenant pourquoi ne pas leur proposer de travailler bénévolement au CHUV ou tout simplement leur interdire de quitter l'institution ?? Il semble que c'est ce que souhaitent certains politiciens...

Écrit par : corbeau | 31/01/2011

Personnellement ça ne me dérange pas qu'un médecin gagne bien sa vie, même avec les montants cités plus haut. J'ai quelques amis dans le domaines médical et quand on parle salaire, je suis étonné d'apprendre qu'ils gagnent finalement peu d'argent par rapport à leur investissement en temps de formation et en qualité de vie. Les médecins améliorent notre espérance de vie (et la sauvent parfois). Certains banquiers gagnent des sommes parfois nettement supérieures, ça par contre ça me choque.

Écrit par : nicolas | 03/02/2011

La médecine est une vocation. Son but est de soigner et préparer pour bien se faire soigner. On partage l'avis du dénommé Denis, mais malheureusement M Leyvraz de l'article n'est pas le médecin que vous avez connu. C'est le directeur d'une institution publique ou règne un mal être à l'origine de la fuite des compétences. Ces compétences n'ont pas été débusquées par les cliniques. Ces perles rares ont cherché un lieu ou elles peuvent accomplir leur vocation et non attirés par les faux salaires avancés par le directeur du CHUV. J'ai fais mon enquête et j'ai constaté que même vous, M Denis, sans assurance privé, vous pouvez bénéficier du service de ces mêmes compétences et même quand ils font la joie des cliniques, le désespoir de l’hôpital universitaire et l’aboiement de son directeur.
Il est peut être temps d'enquêter pour déterminer les vrais raisons de cette hémorragie des compétences. Ce qui est sûr, selon mon enquête, est que la raison n'est pas pécuniaire.
Enquêteur sans frontière.

Écrit par : Enquêteur sans frontiere | 04/02/2011

@Enquêteur sans frontière. Désolé de vous contredire mais Monsieur le Professeur Pierre-François Leyvraz, Directeur du CHUV et des Hospices Cantonaux, Professeur en Orthopédie et Directeur Médical de l'Hôpital Orthopédique est mon médecin encore à l'heure actuelle alors inutile de vous dire que, depuis plus de 20 ans, je le connais suffisament bien pour savoir de qui je parle. Votre article est presque insultant. Cordialement à vous

Écrit par : Denis | 04/02/2011

Droit de réponse à l’article du Matin du 30 janvier 2011 du Prof P.F. Leyvraz, Directeur du CHUV.

Louis Guillou,
Professeur associé au CHUV
Directeur adjoint du Laboratoire ArgotLab, Lausanne


Suite à l’article du Professeur Pierre-François Leyvraz paru dans le matin dimanche du 30 janvier 2011, quelques réflexions me sont venues à l’esprit que je souhaiterais partager avec les lecteurs. L’inquiétude du Pr Leyvraz (une personne que j’apprécie particulièrement) est justifiée. En effet le secteur privé devient de plus en plus concurrentiel par rapport aux prestations fournies par le CHUV et son attractivité est en croissance. Les médecins hautement spécialisés sont devenus au fil des ans une denrée rare et donc, logiquement, chère. Le Pr Leyvraz s’insurge sur le fait que les cliniques privées viennent effrontément faire leur marché au sein du vivier CHUV en débauchant nombre de spécialistes de renom, appâtés qu’ils seraient par le scintillement irrésistible de salaires pharaoniques. Cet état de fait peut exister, en effet. Une question que le Professeur Leyvraz s’est bien gardé de poser est la suivante : est ce que les spécialistes de renom quittent le CHUV uniquement parce qu’ils s’estiment insuffisamment payés ou y a-t-il d’autres raisons qui poussent ces médecins à quitter le navire amiral ?
Ayant passé 23 ans au CHUV comme médecin et plusieurs années comme professeur, je voudrais ici témoigner qu’il existe d’autres raisons au « lâchage » de ces médecins transfuges considérés presque comme « vénaux » et peu reconnaissants, raisons que la raison d’état ignore (volontairement ?). La première de ces raisons tient au mode de fonctionnement du CHUV. En effet, outre la pression liée au diagnostic et au traitement, le personnel soignant doit faire face aussi à la pression administrative, une pression insidieuse et à terme délétère à laquelle nous, personnel soignant, sommes peu préparés. Les procédures à suivre sont légion et ont graduellement pris le pas sur l’acte de soigner. Il est maintenant devenu plus important de suivre les procédures (c'est-à-dire remplir des formulaires, rapporter ce que l’on fait ou ne fait pas, assister à des colloques aussi fastidieux qu’inutiles, etc..) que d’obtenir un résultat, c’est à dire de faire un diagnostic exact et de soulager le patient. La priorité est à la procédure, pas à la guérison. Le patient n’est plus au centre des préoccupations, quoi qu’en dise nos autorités. La complaisance excessive ou la peur du procès explique-t-elle seulement cette mise sous tutelle de la médecine par les instances administratives (avec pour conséquence une augmentation du personnel administratif et un coût y relatif) ou s’agit-il simplement d’une application inappropriée des règles de sécurité qui prévalent dans l’aviation ? A terme, beaucoup d’énergie humaine, de temps et d’argent gaspillés. Ce type de dysfonctionnement est difficile à identifier car il se met en place de façon rampante. Il est aussi difficile à dénoncer. En effet, cette administration qui génère le mal est aussi celle qui reçoit les plaintes (via le service des ressources humaines). Juge et partie, un véritable conflit d’intérêt au plus haut niveau ! Pour un personnel soignant en crise, deux échappatoires : le burn-out ou la fuite …vers le privé.
Une autre raison pour un médecin (ou tout autre personne s’investissant dans son activité professionnelle) de changer « d’écurie » est la valorisation qu’il obtient sur son lieu de travail. Les médecins formés au CHUV travaillent souvent dur pour pouvoir accéder à un poste à responsabilité. Or, curieusement, alors qu’ils étaient parfaits pour effectuer les tâches subalternes, on trouve soudain qu’ils ne sont pas assez « bons » pour le poste à responsabilité qu’ils convoitent, les « instances dirigeantes » leur préférant des candidats extra-CHUV. Souvent, on entend dire « il est bon dans son domaine mais son dossier académique est trop faible ». Publication, le maître mot est lâché. Pour les néophytes, il faut savoir que pour prétendre à un poste à responsabilité au CHUV et à la Faculté de Biologie et Médecine de Lausanne (comme dans beaucoup d’autres hôpitaux), il convient d’avoir publié un nombre « significatif » d’articles scientifiques et que ces derniers doivent être de bonne qualité. Or pour écrire, il faut avoir du temps et quelque chose d’intéressant à dire. Le temps consacré à la publication, c’est autant de temps en moins pour soigner les patients (ou pour se reposer car la plupart des médecins font leur travail académique la nuit et le week-end…). On arrive progressivement à l’absurdité suivante : les médecins les mieux formés et les plus expérimentés (ceux dont les patients ont le plus besoin) sont souvent ceux qui ont le moins de publications, donc ceux qui sont le moins éligibles à un poste à responsabilité. Dans un système valorisant en priorité l’activité académique au détriment de l’activité clinique (alors que ce devrait être le contraire dans un hôpital public), la fuite peut constituer une planche de salut. Frustrés d’avoir tout donné au CHUV pendant des années, ces médecins vont donc légitimement se tourner vers l’activité privée, là où ils obtiendront une reconnaissance à la hauteur de leurs compétences. Pour la plupart d’entre eux, le salaire n’est pas la motivation principale (sinon, ils auraient quitté l’hôpital beaucoup plus tôt dans leur carrière). A cause de cette politique, le CHUV perd ses meilleurs éléments alors qu’il a lui-même investit sur eux des années durant. Juste kafkaïen !

Par ces quelques lignes, j’espère avoir apporté au lecteur un éclairage complémentaire sur les motivations qui poussent certains médecins à quitter l’Institution qui leur a donné le sein. A mon avis, ce n’est pas uniquement une question d’argent ou de la faute des cliniques privées, une vision réductrice de la chose. Les instances dirigeantes de l’hôpital et de la Faculté de Médecine ont une part indiscutable de responsabilité dans ce phénomène. Elles doivent en assumer les conséquences et, plus important, en tirer des leçons et corriger le tir. Tout le monde est concerné car nous sommes tous des patients en puissance !

Écrit par : Louis Guillou | 05/02/2011

Réponse à l’article du Matin du 30 janvier 2011 du Prof P.F. Leyvraz, Directeur du CHUV.

Louis Guillou,
Professeur associé au CHUV
Directeur adjoint du Laboratoire ArgotLab, Lausanne


Suite à l’article du Professeur Pierre-François Leyvraz paru dans le matin dimanche du 30 janvier 2011, quelques réflexions me sont venues à l’esprit que je souhaiterais partager avec les lecteurs. L’inquiétude du Pr Leyvraz (une personne que j’apprécie particulièrement) est justifiée. En effet le secteur privé devient de plus en plus concurrentiel par rapport aux prestations fournies par le CHUV et son attractivité est en croissance. Les médecins hautement spécialisés sont devenus au fil des ans une denrée rare et donc, logiquement, chère. Le Pr Leyvraz s’insurge sur le fait que les cliniques privées viennent effrontément faire leur marché au sein du vivier CHUV en débauchant nombre de spécialistes de renom, appâtés qu’ils seraient par le scintillement irrésistible de salaires pharaoniques. Cet état de fait peut exister, en effet. Une question que le Professeur Leyvraz s’est bien gardé de poser est la suivante : est ce que les spécialistes de renom quittent le CHUV uniquement parce qu’ils s’estiment insuffisamment payés ou y a-t-il d’autres raisons qui poussent ces médecins à quitter le navire amiral ?
Ayant passé 23 ans au CHUV comme médecin et plusieurs années comme professeur, je voudrais ici témoigner qu’il existe d’autres raisons au « lâchage » de ces médecins transfuges considérés presque comme « vénaux » et peu reconnaissants, raisons que la raison d’état ignore (volontairement ?). La première de ces raisons tient au mode de fonctionnement du CHUV. En effet, outre la pression liée au diagnostic et au traitement, le personnel soignant doit faire face aussi à la pression administrative, une pression insidieuse et à terme délétère à laquelle nous, personnel soignant, sommes peu préparés. Les procédures à suivre sont légion et ont graduellement pris le pas sur l’acte de soigner. Il est maintenant devenu plus important de suivre les procédures (c'est-à-dire remplir des formulaires, rapporter ce que l’on fait ou ne fait pas, assister à des colloques aussi fastidieux qu’inutiles, etc..) que d’obtenir un résultat, c’est à dire de faire un diagnostic exact et de soulager le patient. La priorité est à la procédure, pas à la guérison. Le patient n’est plus au centre des préoccupations, quoi qu’en dise nos autorités. La complaisance excessive ou la peur du procès explique-t-elle seulement cette mise sous tutelle de la médecine par les instances administratives (avec pour conséquence une augmentation du personnel administratif et un coût y relatif) ou s’agit-il simplement d’une application inappropriée des règles de sécurité qui prévalent dans l’aviation ? A terme, beaucoup d’énergie humaine, de temps et d’argent gaspillés. Ce type de dysfonctionnement est difficile à identifier car il se met en place de façon rampante. Il est aussi difficile à dénoncer. En effet, cette administration qui génère le mal est aussi celle qui reçoit les plaintes (via le service des ressources humaines). Juge et partie, un véritable conflit d’intérêt au plus haut niveau ! Pour un personnel soignant en crise, deux échappatoires : le burn-out ou la fuite …vers le privé.
Une autre raison pour un médecin (ou tout autre personne s’investissant dans son activité professionnelle) de changer « d’écurie » est la valorisation qu’il obtient sur son lieu de travail. Les médecins formés au CHUV travaillent souvent dur pour pouvoir accéder à un poste à responsabilité. Or, curieusement, alors qu’ils étaient parfaits pour effectuer les tâches subalternes, on trouve soudain qu’ils ne sont pas assez « bons » pour le poste à responsabilité qu’ils convoitent, les « instances dirigeantes » leur préférant des candidats extra-CHUV. Souvent, on entend dire « il est bon dans son domaine mais son dossier académique est trop faible ». Publication, le maître mot est lâché. Pour les néophytes, il faut savoir que pour prétendre à un poste à responsabilité au CHUV et à la Faculté de Biologie et Médecine de Lausanne (comme dans beaucoup d’autres hôpitaux), il convient d’avoir publié un nombre « significatif » d’articles scientifiques et que ces derniers doivent être de bonne qualité. Or pour écrire, il faut avoir du temps et quelque chose d’intéressant à dire. Le temps consacré à la publication, c’est autant de temps en moins pour soigner les patients (ou pour se reposer car la plupart des médecins font leur travail académique la nuit et le week-end…). On arrive progressivement à l’absurdité suivante : les médecins les mieux formés et les plus expérimentés (ceux dont les patients ont le plus besoin) sont souvent ceux qui ont le moins de publications, donc ceux qui sont le moins éligibles à un poste à responsabilité. Dans un système valorisant en priorité l’activité académique au détriment de l’activité clinique (alors que ce devrait être le contraire dans un hôpital public), la fuite peut constituer une planche de salut. Frustrés d’avoir tout donné au CHUV pendant des années, ces médecins vont donc légitimement se tourner vers l’activité privée, là où ils obtiendront une reconnaissance à la hauteur de leurs compétences. Pour la plupart d’entre eux, le salaire n’est pas la motivation principale (sinon, ils auraient quitté l’hôpital beaucoup plus tôt dans leur carrière). A cause de cette politique, le CHUV perd ses meilleurs éléments alors qu’il a lui-même investit sur eux des années durant. Juste kafkaïen !

Par ces quelques lignes, j’espère avoir apporté au lecteur un éclairage complémentaire sur les motivations qui poussent certains médecins à quitter l’Institution qui leur a donné le sein. A mon avis, ce n’est pas uniquement une question d’argent ou de la faute des cliniques privées, une vision réductrice de la chose. Les instances dirigeantes de l’hôpital et de la Faculté de Médecine ont une part indiscutable de responsabilité dans ce phénomène. Elles doivent en assumer les conséquences et, plus important, en tirer des leçons et corriger le tir. Tout le monde est concerné car nous sommes tous des patients en puissance !

Écrit par : Louis Guillou | 05/02/2011

Mr Denis ne comprend vraissemblablement pas tous les enjeux autour de la politique de la santé actuelle, il fait toutefois preuve d'une naiveté touchante.
Le prof Guillou a très bien expliqué une partie du malaise qui règne au CHUV, où les spécialistes se sentent pris entre la lourdeur des tâches administratives et la pression malsaine dont ils font l'objet. Malheureusement le service publique aura du mal a concurrencer le privé, et la politique du CHUV devra se rabattre de plus en plus sur des moyens et des arguments falacieux pour tenter de "casser le marché", c'est un peu navrant de voir cet état de fait, et ça ne va pas s'améliorer.

Écrit par : Frederic | 05/02/2011

Réponse à l’article du Matin du 30 janvier 2011 du Prof P.F. Leyvraz, Directeur du CHUV.

Elyazid MOUHSINE,
Ancien médecin chef du Service d'orthopédie et de traumatologie, CHUV
Ancien maitre d'enseignement et de recherche, CHUV
Privat Docent, Université de Lausanne.

Nous sommes dans un état de droit et de liberté. Il est donc libre à chacun, c'est son droit, d'exercer son métier là ou les conditions de travail lui conviennent (quand la clause du besoin le permet).
Ayant vécu ce que le Professeur L. Guillou rapporte (auquel je m'aligne à 100%), j'ai fait mon choix et choisi ma crémerie.
J'ai hésité longtemps avant de répondre à cet article. Mais constatant que mes collègues et mes amis voyaient en moi la personne à laquelle le Professeur P.-F. Leyvraz fait allusion, je voudrais (au cas ou c'est bien le cas) démentir ces allégations. Je n'ai pas été approché par les cliniques privées et elles ne me payent pas le chiffre en question.
J'ai cherché un lieu qui me permet de mieux accomplir mon travail (soigner) et le faire en réseau avec mes collègues installés en privé et ceux des hôpitaux publiques. Traiter ainsi les patients à couverture privée et ceux qui ne l'ont pas. Exercer ainsi mes compétences au service des patients et les échanger avec mes collègues, contre les leurs.
Mon souhait maintenant est que la direction du CHUV et des autres hôpitaux publiques, tiennent compte des propos du Professeur L. Guillou et faire le nécessaire pour mieux nous remplacer, corriger le tir pour mieux les garder (ceux qui ne sont pas encore partis et ceux qui nous remplacent),…
Et surtout ne pas perdre son temps en reproches, vengeance,…car dans ces conditions, on a tous à y perdre. Eloignons nous pas de notre vocation : soigner ceux qui ont besoin de nous.

Écrit par : Elyazid MOUHSINE | 06/02/2011

Pour répondre à Frédéric, en effet je ne connais pas les enjeux liés autour de la politique de la santé et moins encore les faits énoncés par Messieurs Guillou et Moushine. Dans mon article "touchant" et peut-être "naive" comme vous le jugez, je faisais simplement part de mon expérience d'accidenté grave soigné au Chuv et à l'Hôpital Orthopédique par MM. les Professeurs Livio et Leyvraz et tenais à rapporter la qualité des soins que j'y ai reçu. Les visites de Mr. le Prof. Livio tard dans la nuit, vers 22h, avant de devoir m'opérer le lendemain matin à 8h. Les visites de Mr. le Prof. Leyvraz souvent 7 jours 7 et les jours de Noêl ou Fêtes de Fin d'Année. C'est pour tout celà que j'ai écrit mon article. Je ne peux malheureusement pas me prononcer sur les problèmes de "politique de santé" ou sur les problèmes administratifs internes au CHUV car je ne le connais pas. Tout simplement. Je ne suis qu'un patient qui a décrit son expérience d'accidenté grave soigné avec une grande qualité depuis plus de 20 ans dans le service médical public. Bien cordialement.

Écrit par : Denis | 06/02/2011

Il règne en effet une confusion grandissante dans l’esprit de Mr Leyvraz et de son chef Mr Maillard mais heureusement pas dans l’esprit de leurs supérieurs (et je ne dis pas d’esprits supérieurs bien que la tentation soit grande) soit nos sages députés du Grand Conseil. En effet, ces derniers par leur non entré en matière, n’ont même pas pris une minute pour comprendre la confusion de leurs deux employés et de l’inadéquation de leurs projets. Pour ma part, je trouve choquant que l’un deux qui se trouve être l’hygiaphone de son chef, mette en doute et désinforme par voie de presse tant une juste décision à l’avantage de la collectivité mais nous entraine dans la confusion personnelle dans la quelle ils se trouvent les deux. Un fort doute sur leurs compétences respectives dans le domaine sachant que l’un est spécialiste des fractures et son chef, géographe et secrétaire de direction pour les horlogers et les forgerons. Bien loin des compétences nécessaires pour gérer un budget de 1.25 milliard et diriger plus de 8000 employés. Je souhaite que leurs supérieurs rendent publiques les formations en économie, les certificats de travail dans le domaine de la gestion de grosses entreprises et les certificats de formation continue de nos deux aventuriers.
Leurs confusions se trouvent être dans la difficulté de comprendre leurs rôles et les conflits d’intérêts (de pouvoir et de politique). En effet, Mr Leyvraz oublie très vite son passé récent d’orthopédiste en particulier qu’il a dirigé (médicalement et non la gestion) ce qui suit : « Hôpital universitaire privé reconnu d’intérêt public, l’Hôpital Orthopédique de la Suisse Romande (HOSR), basé à Lausanne, est la référence en Suisse romande pour tous les problèmes liés aux articulations et à l’appareil locomoteur, allant de la pose de prothèse sur mesure aux opérations ligamentaires. Affilié au CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), il entretient des liens étroits avec l’Université de Lausanne et l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) ».
Il se trouve que Mr Leyvraz a auto proclamé la notion d’ « hôpital universitaire privé » doublé de « la référence en suisse romande…. ». On se trouve bien dans un marché privé de la santé et concurrentiel. Le travail des médecins cadres sont à l’origine de la dimension de référence dont il parle. Il se trouve donc très logiquement que d’autres acteurs privés de la santé, stimulés par la concurrence et la qualité, souhaitent ravir cette place de référence. Pour ce faire, ils proposent aux meilleures (seulement et dommage pour les autres) de les engager comme Mr Leyvraz l’avait fait lors de leurs engagements à l’ « Hôpital universitaire privé reconnu d’intérêt public… ». Le choix de démissionner d’une entreprise est très personnel et, comme on le lit dans le rapport d’activité de l’entreprise que dirige actuellement Mr Leyvraz, le CHUV, 12% de son personnel quitte annuellement l’entreprise dont 2/3 le fait par démission ! Un collaborateur reste en moyenne un peu plus de sept ans aux Hospices et les cadres médicaux du CHUV représentent 2.5% de ceux-ci. Ils suivent exactement les mêmes règles.
Les arguments salariaux précis sont avancés par Mr Leyvraz et son chef dans un seul but : aveugler les vrais raisons des démissions des cadres de son entreprise et en les réduisant à ce seul argument. Ces dernières sont bien éclaircies par Mr les Dr L. Guillou et Mouhsine.
Nos deux aventuriers inexpérimentés en gestion d’entreprise ont oublié une règle fondamentale : ne jamais faire état des salaires proposés dans le cadre d’un engagement. La raison en est fort simple : ceci établi un standard qui sera revendiqué par l’ensemble des collaborateurs de même compétence. Imaginer maintenant la réflexion des cadres à très hautes compétences de l’entreprise de nos acolytes : « dire que je gagne 2 à 4x moins dans mon entreprise actuelle à compétences égales, je suis vraiment c… de rester ». Donc ces mêmes cadres vont aller voir le secrétaire-géographe et l’orthopédiste de l’entreprise en disant : « Je souhaite une augmentation de salaire sinon je me réserve le droit de démissionner car vous avez dit qu’on gagne mieux ailleurs ». Oups ! Je me permets de prendre un exemple pédagogique pour les deux compères : Il y a un autre médecin romand qui dirige une entreprise privée dans le domaine de la santé (ah, je suis sur que cela intéresse Mr Leyvraz). Son salaire annuel est de 25mio de frs. Il s’agit du Dr Vasella. Si l’entreprise qui emploie le Dr Vasella souhaite le remplacer par Dr Leyvraz (pour sa compétence reconnue en gestion de grosse entreprise, budget annuel 1.25mia frs), pensez vous qu’elle lui proposera un salaire de 300’000.-frs (normalement 250000.- mais avec titre de professeur, bonus. Je me permet de dire que son chef est aussi Professeur mais dans les écoles) ? Les salaires dans la vraie vie sont dictés par la plus value qu’amène un employé à la croissance de son entreprise. Ceci explique pourquoi la femme de ménage qui nettoie le bureau de nos deux acolytes n’a pas le même salaire qu’eux. Ceci explique également pourquoi l’entreprise du Dr Vasella le paye 25mio.
Cette réalité est très difficile à percevoir par notre géographe de secrétaire car au-delà de ses douteuses compétences de gestion, il participe à un courant de pensée économique qui s’est arrêté avec la chute du mur de Berlin (il y a bientôt 25 ans) : le socialo-bolchévisme. Ses domaines de compétence, à lire son CV, sont l’histoire et la géographie. Ça tombe bien ! En restant dans la même zone géographique où se trouvait le mur de Berlin, l’histoire nous montre que c’est l’Allemagne de l’est qui s’est rallié à l’ouest et non l’inverse. Je vais lui apprendre (encore) une chose : ce fait n’est pas par le fruit d’un idéal politique mais purement économique. Des lors, le néo libéralisme s’est définitivement imposé car l’état providence a failli dans ses promesses (essai de 70ans). Il débouche sur le consensus de Washington soit le TINA (there is no alternative) et la mondialisation. Grace à ce seul fait, l’entreprise de nos deux compères emploie plus de 50% d’étrangers de 92 nationalités différentes.
Les lois du marché, TINA et la mondialisation expliquent pourquoi l’entreprise de nos deux acolytes vide l’étranger de précieuses compétences (France, Canada, Angletterre,..) car, dans leurs pays respectifs et à compétences égales, Mr Leyvraz leurs offre un salaire bien supérieur. Je suis certain que Mr Leyvraz ignore les lois du marché, TINA et la mondialisation bien qu’il l’utilise pour 50% de ses employés car, sinon, il n’aura jamais écrit ce billet. En effet, la main invisible du marché opère (Ah, un terme qu’il connait) aussi à un niveau local. Pour finir et comme il est démontré plus haut, son chef qui se revendique d’un courant de pensé économique disparu il y a longtemps, est un fidèle valet du néo libéralisme et de la mondialisation, malgré ce qu’il soutient sans surprise mais les faits sont là et sa compréhension absente.
La seule question que je poserai à nos deux acolytes est la suivante : comment peut-on payer des salaires aussi élevé alors qu’on est dans le même business ? Je n’attends aucune réponse car leur argumentaire, faute de compétences, est toujours le même : ce n’est pas le même business. Mais oui, malheureusement en l’espèce, il s’agit toujours de clous, de vis, de ciment, de prothèses qui sont produite et achetée à des sociétés privées comme l’entreprise « Synthes », producteur de prothèse, qui a eu d’avantageuses largesses envers certains ! L’ensemble de ce matériel et des compétences médicales sont payés par une partie des plus de 50mia du cout de la santé en Suisse et comme le veut la loi, selon la réparation suivante : 50% à la charge de l’assurance et 50% à la charge de l’état. Ceci n’est vrai que pour…..l’entreprise de Mr Leyvraz et non pour les autres prestataires de santé. Ce fait qui établi un abus de position dominante et une position cartelaire de l’entreprise de Mr Leyvraz, bloquant la juste concurrence dans ce marché, oblige les patients souhaitant consommé une alternative à souscrire une assurance complémentaire de type privé. La loi actuelle oblige donc les patients et la collectivité à dépenser plus d’argent pour avoir une alternative aux services de l’entrerpise de Mr Leyvraz et de son chef. L’état se doit de garantir à la collectivité l’équité d’accès aux meilleures compétences, ceci d’autant plus pour un cout strictement définit par la loi Lamal, AP-DRG et Tarmed. Un patient, des lors qu’il a la liberté de choix, recherchera toujours la meilleure compétence pour se soigner, indépendamment du lieu ou elle se trouve. Actuellement, l’état par sa loi interdit l’équité d’accès aux compétences. Ce fait changera bientôt et au bénéfice de la collectivité et des patients car c’est un droit fondamental. La loi actuelle crée une iniquité grave car seuls les riches ont le choix des compétences pour leur traitement, quelque soit ces compétences.
En conclusion, Mr Leyvraz et son chef tentent naïvement de persuader et de manipuler l’opinion publique du bien fondé de l’iniquité d’accès au ressource de santé à leur strict avantage alors que de toutes évidences, ils ne comprennent pas qu’ils sont payés par la collectivité pour atteindre le but inverse. Heureusement, leur supérieur, le grand conseil, l’a compris. La voie est ouverte et je l’en remercie au nom de la justice sociale.

Écrit par : colin mayar | 06/02/2011

Le seul problème Mr Denis est que votre expérience personnelle, aussi belle et emprunte d'émotion soit-elle, n'apporte rien au débat. Il ne suffit pas de dire "je connais bien Dr ou Prof XY, c'est une personne formidable..." pour donner raison à une politique et des agissements qui vont à l'encontre des libertés individuelles, qu'elle soient économiques ou simplement philosophiques. La situation au CHUV est préoccupante concernant la fuite des compétences et les conditions de travail. Le Prof Leyvraz, ainsi que Mr Maillard sont eux uniquement préoccupés à préparer le terrain d'une nouvelle offensive pour "socialiser" la médecine, et ce malgré plusieurs échecs démocratiques. L'un pour des raisons politiques (Mr Maillard), l'autre pour tenter de garder ses meilleurs éléments au sein du CHUV, sans régler le problème de fond: le CHUV n'est pas un lieu propice d'épanouissement pour des médecins (sur)spécialisés, les conditions de travail (eh oui Mr Maillard !) , de rémunération, de développement professionnel ne sont pas à la hauteur. C'est là qu'il faut faire un effort, et ne pas tenter de fermer encore plus de portes en utilisant des gesticulations dans le but de piéger ces médecins dans une institution malade.
Mr Denis, si votre prochain message va décrire à quelle heure le Prof Leyvraz ou Livio est venu vous prodiguer tel ou tel soin, s'il vous plait abstenez-vous.

Écrit par : Frederic | 06/02/2011

J'invite colin mayar à m'écrire sur corbeau.chuv@gmail.com.

Écrit par : corbeau | 06/02/2011

En complément au texte de M. Colin Mayar qui a touché le vrai problème du système de santé vaudois, je voudrais enrichir son commentaire avec une information. Tout le personnel du CHUV en parle par ailleurs.
Comment un directeur d’entreprise peut gérer les 8000 personnes et 1,25 milliard dont vous parler M. Mayar, en consacrant seulement 50% de son temps à cette tache ?
En effet, le directeur, sous prétexte de garder la main (comme il l’a signalé aux journalistes après sa nomination. On dira plutôt pour arrondir les fins de mois), travaille encore comme médecin chirurgien à 40% avec une activité que PRIVEE au sein de son établissement par ailleurs publique. Pour les 20% restants, il est chef du département de l’appareil locomoteur et « chef du Service d’orthopédie et de traumatologie ». Sans compter son implication pour le développement d’implants en orthopédie (il faut bien s’approcher du salaire du Dr Vasella d’une façon comme d’une autre). Il doit s’agir surement d’un surhomme.
François S

Écrit par : François | 07/02/2011

Eh ben c'était pas prévu au programme des spécialistes de la communication du CHUV de recevoir une telle volée de bois vert !!

Il semble que le personnel du CHUV (ou ex-personnel) ne soit pas complètement dupe après tout. Oups !! encore une malversation découverte: fantastique le coup des implants orthopédiques sur lesquel Mr Leyvraz touche des royalties et qu'il continue à poser lui-même. Serait-il temps qu'un organe compétent fasse son enquête au sein du CHUV ?

Peut-être que Mr Leyvraz et ses as de la communication réfléchiront à deux fois avant de parler par voie de presse, et peut-être que Mr Leyvraz devrait s'occuper de son propre palier avant de se méler d'une problématique qui dépasse ses compétences. Quand on met le doigt ainsi dans l'engrenage, on risque de manger du caca. A bon entendeur. Corbeau

Écrit par : corbeau | 07/02/2011

Cette affaire n'inspire que deux commentaires:

LA GRENOUILLE QUI SE VEUT FAIRE 
AUSSI GROSSE QUE LE BŒUF
Une Grenouille vit un Bœuf
 Qui lui sembla de belle taille.

Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,

Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : Regardez bien, ma sœur;

Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
 Nenni.
M'y voici donc ? Point du tout. M'y voilà ? 
Vous n'en approchez point.
La chétive Pécore S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs
Tout petit prince a des ambassadeurs
Tout marquis veut avoir des pages.

La Fontaine

et:

« Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! »

selon St. Matthieu 7:3

Le reste a déjà été très bien dit dans plusieurs écrits et ne nécessite pas de redite...

Écrit par : Michael Wettstein | 07/02/2011

A tous et à toutes ceux et celles qui travaillent comme moi dans notre cher hôpital, que pensez-vous :
Des relations de copinage que cultive le directeur ?
Des discriminations salariales qui règnent entre les membres d’un même corps de métier ? Par exemple, les directeurs administratifs ?
Et la promotion féminine ? Est-elle toujours méritée ou a-t-elle d’autres raisons ?

Je suis curieuse de voir venir vos réponses.
Marji

Écrit par : Marji | 09/02/2011

Bonjour,
M. Leyvraz a tout de même raison sur plusieurs points de l’actualité de la Santé Vaudoise qui étaient à la base l’essentiel de son texte. Un deux ceux là est, que les cliniques vont pouvoir profiter de la patientèle non privée, choisir si cette patientèle leur convient et profiter de l’argent de l’état pour les soigner. En contre partie elles (les cliniques) n’apporteront pas un accès aux soins amélioré puisqu’elles effectueront un écrémage du bon risque en aval, ce qu’un hôpital avec urgences et/ou polycliniques ne peut pas réaliser. Par contre les hôpitaux qui ont à 10% près (10%, c’est la part des interventions de pointes effectuées au CHUV) les mêmes caractéristiques que le CHUV dans ce que l’on peut considérer une prise en charge globale du patient, des urgences jusqu’aux patients de longs séjours et leur retour à domicile ou en institution, ont droit à cette part du gâteau étatique.
En revanche M. Leyvraz se trompe sur un point, si les médecins sont mieux payés en cliniques, à l’hôpital universitaire ils peuvent connaître la gloire et la renommé et de cela les médecins sont friands (il n’y a qu’à regarder le nombre de médecin qui se laissent appeler Docteur alors qu’ils ne le sont pas !) L’attrait du titre est fort chez les médecins, Monsieur/Madame le Professeur, Monsieur/Madame le Chef de service, Monsieur/Madame le Directeur de département, ça en jette ! Et les grands noms (surtout médiatiques) de la médecine travaillent en grande majorité dans les centres universitaires, par exemple M. Thierry Carrel (celui qui s’occupe des cœurs Fédéraux) de l’Inselspital de Berne.
C’est alors souvent là que s’exprime le dilemme : argent ou renommé. Le choix n’est pas aisé car peu de médecins meurent de faim même dans un centre universitaire et même s’il est vrai que le salaire à l’heure n’est pas toujours très élevé. Alors bien souvent les très bons médecins s’en vont en clinique pour mieux gagner leur vie mais aussi bien souvent car ils n’ont pas eu l’accès au titre, ou au poste qu’ils souhaitaient et cela ne dépend que de leur supérieur hiérarchique…Vous voyez de qui je veux parler ?
Bonne journée
Paolo

Écrit par : Paolo | 10/02/2011

Infirmiers de l'Hôpital Neuchâtelois qui portent plainte contre leur employeur, plus de 50 médecins chefs du RSV (Valais) qui démissionnent en un peu plus de 5 ans, audits externes pour l'Hôpital inter-cantonal de la Broye et pour le CHCVs (Valais central), « malaise des médecins » au CHUV... l'Hôpital public est malade de son management!
Il a oublié sa mission de service public. Il a laissé le terrain médiatique aux milieux économiques, permettant au dogme d’une médecine chère à cause des prestataires de soins, devenir hégémonique.

Depuis 18 ans (1er plan de baisse des coûts au CHUV, le tristement célèbre « Orchidée » en 1993), les soignants font les frais de l’absence de volonté politique de faire vivre le service public « à la Suisse » (efficace, de très haute qualité et à coût raisonnable). Ils ont vu leurs pouvoirs décisionnels fondre comme neige au soleil au profit d’une « administrativite » lourde, incompétente, inefficace et ultra-chère !

(texte anonyme envoyé à corbeau.chuv@gmail.com)
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Si vous lisez "le CHUV dans la presse" sur l'intranet de l'institution, rien n'y fait mention de l'article de Mr Leyvraz, encore moins des problématiques évoquées dans les commentaires de cette rubrique. Il semble pourtant que ce(s) sujet(s) suscite(nt) pas mal de réactions. Ne serait-il pas temps qu'un forum (site internet ou blog) soit consacré au CHUV et à ses employés, de façon à pouvoir s'exprimer en toute liberté et de manière plus accessible que les commentaires sur le site du Matin, et en dehors de la censure imposée par le CHUV ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

corbeau.chuv@gmail.com

Écrit par : corbeau | 11/02/2011

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