29/01/2011

Non à la loi de la jungle!

LEYVRAT_1.jpgQue les choses soient claires: j’ai le plus grand respect pour tous mes confrères médecins qui, leur formation achevée, décident de s’installer en pratique libérale, que ce soit en cabinet ou en clinique. Indépendants, ils bénéficient des avantages liés à leur statut mais en assument aussi tous les risques. Ces risques, notamment financiers, sont parfois lourds à porter. Tous les entrepreneurs indépendants en savent quelque chose.

Or, depuis peu, la pénurie de médecins dans certaines spécialités se fait sentir. La compétition entre secteurs privé et public pour recruter ces perles rares s’exacerbe. Le refus, par certains milieux politiques, exprimé mardi dernier lors du débat au Grand Conseil, d’appliquer les règles en vigueur dans les hôpitaux d’intérêt public ouvre la porte à un subventionnement par l’Etat des cliniques, tout en les laissant libres de recruter selon une logique qui, elle, est tout sauf respectueuse de l’Etat.

Ainsi, des médecins, dont la formation est entièrement financée par la Confédération et le Canton (dans certains cas pendant plus de dix ans), sont approchés par les cliniques dès la fin de leur formation et se voient offrir des conditions salariales somptuaires doublées – et c’est là la nouveauté – d’une sécurité de l’emploi qui tient plus du fonctionnariat que de l’esprit libéral.

Il y a encore quelques mois, il n’était en effet pas question d’être salarié lorsque l’on travaillait en clinique. Or, un cas édifiant m’a récemment été rapporté: ce spécialiste longuement formé dans notre établissement public, s’est vu promettre une garantie de salaire d’un million de francs par an, durant deux années. (Oui! Vous avez bien lu!). Disparue la prise de risque.

Dans des domaines hautement spécialisés, où l’on forme à peine deux spécialistes par an, les prix flambent: certains se sont vus proposer des salaires deux fois – voire trois fois – plus élevés que ceux proposés par le service public.

Il y a là une grave distorsion. Comment peut-on accepter que les cliniques reçoivent d’une main le soutien du contribuable sous la forme d’une aide étatique, mais de l’autre participent à affaiblir le service public? Cette subvention ne devrait-elle pas les contraindre à quelques obligations, en tête desquelles le devoir de ne pas vider, de manière déloyale, l’hôpital universitaire de ses meilleurs éléments? La question est d’autant plus aiguë en période de pénurie, alors que l’on sait qu’à l’horizon de 2025, 10 millions de consultations ne pourront être assumées faute de disposer des spécialistes nécessaires.

Notre hôpital universitaire a pour mission de former des professionnels hautement spécialisés non seulement pour assurer les soins en ses murs mais aussi dans tous les hôpitaux périphériques du canton et dans tout le réseau sanitaire. Que se passera-t-il si, au fil des ans, les spécialistes sont ainsi débauchés? A continuer de vider nos hôpitaux publics, c’est tout notre système de santé que les cliniques mettent en danger. Ne serait-ce pas plus intelligent et plus juste qu’une loi puisse limiter ces débordements, rétablir un équilibre raisonnable entre médecine libérale et publique, en favorisant non pas la compétition sauvage qui s’annonce mais plutôt des coopérations fructueuses pour nos patients?

Pierre-François Leyvraz

Directeur général du CHUV à Lausanne

22/01/2011

Le cinéma suisse se porte de mieux en mieux

maire.jpgDepuis jeudi, le ban et l’arrière-ban de cinéastes, acteurs, techniciens producteurs et professionnels de la profession (ce nous nommons familièrement, en français comme en allemand, «la branche») se congratulent à Soleure pour la 46e édition des Journées cinématographiques.

Dans le brouillard et le froid, sur les berges de l’Aar, les rumeurs vont bon train concernant le nom du possible successeur de Nicolas Bideau à la tête de la section du cinéma de la Confédération. Entre petits-déjeuners de presse, apéros et standing buffets, le Festival de Locarno annonce qu’il consacrera sa rétrospective, cet été, au (génial) réalisateur Vincente Minnelli, l’Office fédéral de la Culture communique sur ses soutiens aux Festivals, et les Journées de Soleure célèbrent la formidable productrice zurichoise Ruth Waldburger, collaboratrice émérite de Jean-Luc Godard, Alain Resnais ou Robert Frank et «accoucheuse» de «La petite chambre», qui vient de sortir sur nos écrans. Et pendant ce temps-là, le public, en (très) grande majorité alémanique, remplit les salles de cinéma de la ville. Pour voir des films suisses.

Car même si notre tempérament discret et réservé nous empêche de le dire trop fort, il faut bien l’affirmer: Le cinéma suisse va bien – en tout cas de mieux en mieux. Certes, il peine toujours à s’imposer dans les marchés étrangers – et ce n’est pas à cause de la baisse de l’Euro. Mais il n’empêche: depuis quelque temps les films suisses se retrouvent à Cannes, à Venise, à Berlin, à Sundance ou San Sebastián. Ils rencontrent leur public dans les salles, en Suisse et même parfois à l’étranger. Deux exemples récents: «Cleveland contre Wall Street» de Jean-Stéphane Bron a connu un beau succès à Cannes (à la Quinzaine des réalisateurs), en Suisse romande, mais aussi en France (où il vient d’être nominé pour le César du meilleur documentaire).

Et «La disparition de Giulia» de Christoph Schaub, écrit par Martin Suter, a été acclamé à Locarno, puis en Suisse allemande et en Allemagne. Deux beaux exemples de réussites. Qui démontrent aussi, a contrario, que «notre» cinéma se découvre un problème de frontières culturelles plus profond que ce que l’on veut bien dire. Car ces deux films ont, tous les deux, eu de la peine à s’affirmer de l’autre côté de la Sarine. Comme si, au-delà des langues, il y avait une manière de faire du cinéma différente ici (en Romandie) et là-bas (en Suisse allemande). Comme si les productions zurichoises nous semblaient plus lointaines que des films roumains ou espagnols.

Cela ne date pas d’hier: qui donc, ici, connaît «Ueli der Knecht» (1954) et «Ueli der Pächter» (1955), les deux films réalisés par Franz Schnyder d’après les romans de Jeremias Gotthelf, alors que ces œuvres populaires sont presque mythiques en suisse allemande? Un nombre incroyable de films présentés à Soleure va, sans doute, trouver un public important de l’autre côté de la rivière. Mais ces mêmes films ne seront jamais, ou presque, vus entre Genève et Delémont.

Je ne sais pas si on peut faire quelque chose pour changer cette situation. Mais je peux vous encourager, d’ici au 27 janvier, à faire un saut à Soleure. Vous y découvrirez un monde qui ressemble, parfois, une autre planète. Mais qui n’est autre que le reste (la plus grande partie) de notre pays. Un monde où l’on sait aussi, tout autant qu’ici, faire du cinéma. Ça vaut la peine, parfois, de s’en souvenir.

Frédéric Maire

Directeur de la Cinémathèque suisse

16/01/2011

Ce très cher franc suisse

ivanpictet.jpgOccupé à la lecture de la bibliographie d’Albert Gallatin, ce Genevois presque méconnu qui a été l’un des pères de la nation américaine comme secrétaire au Trésor sous Jefferson, je ne pus m’empêcher d’admirer sa vision, bonne pour les Etats-Unis de l’époque, d’un Etat central fort, d’une dette publique modérée et d’un dollar stable. De là à faire un parallèle avec la situation actuelle de l’Union européenne, il n’y a qu’un pas, que je franchis avec la plus grande prudence.

La profonde crise que connaissent aujourd’hui l’UE et sa monnaie ne serait-elle pas une occasion unique d’approfondir l’intégration et de faire un pas décisif vers un fédéralisme à l’américaine? Les Américains avaient eu la sagesse, il est vrai, d’inverser l’ordre des choses: d’abord l’Union, ensuite la monnaie. Pour sa part, l’Europe a créé sa monnaie, sans Etat.

Dollar, euro… et franc suisse. Cette digression me permet d’en arriver au cœur d’une des préoccupations majeures de l’économie suisse à l’heure actuelle: la cherté de notre franc. La question qui se pose à nos autorités fédérales et à notre industrie d’exportation est loin d’être simple: comment stopper ou limiter la hausse de notre monnaie, alors que la Suisse n’y peut finalement pas grand-chose? En effet, la faute incombe avant tout au surendettement de nos voisins et à leurs politiques monétaires et budgétaires indécises et floues.

Les experts réunis à Berne ce vendredi auront pu esquisser quelques pistes, que je suis impatient de découvrir. Sans être moi-même économiste, j’ai été confronté à plusieurs reprises au cours de ma carrière à la question de la cherté du franc suisse.

Les années 70 et 90 ont, par exemple, connu des situations assez similaires. Et tout a fini par rentrer dans l’ordre par le simple jeu du marché, plus que par les mesures prises à l’époque. Force est de constater en outre que la Suisse ne s’en tire pas trop mal aujourd’hui, avec une situation enviée de tous: chômage relativement bas, endettement deux à trois fois inférieur à celui des pays industrialisés et importantes réserves de change de la BNS.

Tout irait donc bien? Loin s’en faut!

Le franc, faut-il le rappeler, s’est apprécié en 2010 de 15% face à l’euro et de 10% face au dollar, une tendance à la hausse qui dure depuis 3 ans. Or, les effets ne se sont pas encore fait pleinement ressentir, d’où le réveil quelque peu tardif de nos autorités. A leur décharge, qui aurait pu prévoir pareille gabegie dans certains pays de l’UE?

A mon sens, il est encore temps d’agir à titre provisoire, car la situation est plus grave que lors des hausses précédentes. Pas question toutefois de sortir l’artillerie lourde. En effet, taux d’intérêt négatif, dont l’efficacité reste à prouver, taxes sur les opérations en devises, ou plus radicalement encore le pegging , qui consisterait à lier le franc à l’euro (à quel taux?), semblent à ce stade plus dangereux qu’efficaces.

Il existe sans doute une «solution en douceur», mieux appropriée pour ramener notre franc à un niveau plus acceptable. Par un train de mesures purement internes par exemple, visant ni plus ni moins à freiner certains pans de notre économie menacés de surchauffe.

Pour le non-économiste que je suis, et le libéral soucieux de laisser les marchés s’ajuster d’eux-mêmes, je préconiserais en les circonstances quatre types de mesures:

1) Reprendre la politique d’intervention de la BNS, cette dernière pouvant en théorie acheter des euros de manière illimitée en créant de la monnaie suisse. Même si cette politique génère des pertes et un manque à gagner pour les cantons, il conviendra d’expliquer à l’opinion publique que la notion de perte pour une intervention de la Banque centrale fait partie de son rôle, lorsque cela s’avère nécessaire.

2) Acheter une quantité substantielle d’obligations d’Etat libellées en euros de débiteurs de pays européens, pour faire acte de solidarité avec l’UE. C’est la tâche du Conseil fédéral, qui peut le faire par le biais de la BNS.

3) Limiter très provisoirement l’importation de main-d’œuvre, ce qui est prévu exceptionnellement dans l’accord de libre circulation des personnes avec l’UE. L’afflux de main-d’œuvre engendre en effet en Suisse une demande de logements et d’infrastructures qui «gonflent» l’économie à un moment où celle-ci doit être en phase avec la croissance de l’UE.

4) Recourir, pour la BNS, à des «gentlemen’s agreements», comme ce fut le cas dans les années 60. Des mesures plus contraignantes de liquidités ou de fonds propres nécessiteraient un arrêté du Conseil fédéral et ne seraient sans doute pas plus efficaces. Si le franc n’en est pas pour autant stoppé dans sa hausse, les conséquences d’une bulle immobilière ou d’une inflation seraient ainsi atténuées. En somme, un tel train de mesures pourrait être appliqué jusqu’à ce que l’euro revienne à un niveau déterminé.

Néanmoins, la meilleure des solutions reste bien entendu la guérison de l’euro. Souhaitons donc aux bons docteurs de l’UE de trouver rapidement les justes remèdes.

Ivan Pictet,
ancien associé senior Pictet & Cie

08/01/2011

Pipilotti au bûcher

BISANG_1.jpgL’UDC ne choisit jamais ses cibles par hasard. Après l’école, voici la culture. Et dans les deux cas, l’UDC s’offre un boulevard électoral, surfant sur l’imprévoyance des grands partis. Des artistes suisses réunis dans l’association Art + Politique protestent contre le chapitre de Christoph Mörgeli sur la culture. Pour l’UDC, l’art doit être soumis aux seules lois du marché, sans l’aide de l’Etat. Fidèle à ses mises en scène répétitives qui visent à isoler des catégories de population et à les opposer, l’UDC désigne les protagonistes du péril culturel: un Etat dispendieux et irresponsable. Des artistes «aristocrates et profiteurs» qui veulent remplacer et détruire la culture suisse avec des œuvres «scandaleuses».

Clou du scénario, jetée au pied du bûcher de l’UDC, Pipilotti Rist. La vidéaste de renommée mondiale serait au bénéfice d’une rente à vie de Pro Helvetia! L’artiste talentueuse et inspirée accède ainsi au statut de sorcière nationale sur fond de mensonge et de calomnie.

Soyons justes: le cliché de l’artiste cajolé – pour reprendre les termes de l’UDC – ou capricieux, profiteur de l’argent public, les allusions à une supposée «culture d’Etat», sorte de dictature rampante: tous ces fantasmes ont déjà été évoqués par d’autres formations politiques avant l’UDC. A droite comme à gauche, nombreux sont ceux qui partagent l’idée que la culture ne devrait être que sommairement soutenue par la Confédération. Le terrain électoral propice à l’UDC a donc bel et bien été préparé par d’autres et c’est l’habileté de l’UDC de savoir en tirer profit.

Pour déjouer ces stratagèmes grand-guignolesques, porteurs de haine et de confusion, il est crucial de sortir le débat du champ émotionnel si cher à l’UDC. Par exemple, rappeler le sens du subventionnement public. La subvention culturelle ne dissimule aucune emprise occulte de l’Etat. Sa fonction consiste, dans le domaine des arts de la scène, à diminuer le «prix du fauteuil», à rendre abordable le billet d’entrée au spectacle. L’argent public met aussi l’artiste à l’abri des pressions qu’un sponsor privé ne manquerait pas d’exercer si l’œuvre contrariait ses intérêts. La subvention garantit ainsi l’accès à la culture du plus grand nombre ainsi que la liberté et la diversité des expressions.

Elle est également un investissement précieux dans un secteur d’activité qui ne se limite d’ailleurs pas aux revenus souvent modestes des artistes. Un grand nombre d’artisans et de petites entreprises travaillent dans le sillage d’une production artistique. L’argent public féconde donc de nombreux emplois de proximité.

Loin d’être accessoire, la culture irrigue nos pensées, notre appréhension de la complexité du monde. Vecteur de connaissance et d’émancipation, elle nous aide à ne pas être dépendants des discours simplificateurs et des peurs factices.
C’est à l’aune d’une création artistique audacieuse et diversifiée que l’on mesure la vitalité d’une démocratie. A contrario, toute dictature naissante commence par s’attaquer à la liberté artistique avant de brimer l’ensemble des citoyens.

Les attaques personnalisées de l’UDC contre certains artistes de notre pays rappellent de sombres époques où l’on traquait ailleurs, «l’art dégénéré», ces œuvres qui échappaient à l’instrumentalisation de régimes totalitaires. Une odeur de fumée flotte en ce début d’année 2011 nous ramenant à la citation prophétique du poète Heinrich Heine: «Là où on commence par brûler les livres, on finit par brûler les gens».

Anne Bisang
Directrice de la Comédie, Genève

01/01/2011

2011: vers la fin de la guérilla politique?

bender.jpgLe système politique suisse est imprégné de l’esprit de concordance, de la volonté d’associer les principales forces au pouvoir, à tous les niveaux de notre Etat fédéral. Le mode de scrutin proportionnel a facilité cette intégration. Proportionnelle de droit pour les législatifs, et proportionnelle de fait pour les exécutifs. Avec de remarquables exceptions! Ainsi, la composition du Conseil fédéral, l’organe le plus puissant, qui conduit et représente l’Etat national, s’est élargie progressivement. Aux seuls représentants de la famille libérale-radicale se sont agrégés ceux du parti conservateur-catholique, la future démocratie chrétienne, puis des agrariens, ancêtres de l’actuelle UDC, enfin des socialistes.

Dans cette longue marche vers le pluralisme, 1959 marque une étape décisive: désormais la représentation gouvernementale reflétera l’enracinement électoral. C’est le sens premier de la «formule magique», devenue l’expression de la stabilité helvétique. Ce partage du pouvoir, et des responsabilités, propre d’ailleurs à un collège, en civilisant le débat politique, a aussi renforcé la cohésion du pays. Dans le même temps, s’est répandu, sur de larges couches de la société, le bien-être, fruit des Trente Glorieuses.

La décennie qui s’achève voit s’ébranler l’édifice construit avec intelligence. Les relations entre les partis se sont durcies et semblent ne plus obéir qu’à la loi de la jungle: la guérilla de tous contre tous! Comment la collégialité échapperait-elle à un climat de campagne permanente? Le maître mot de la nouvelle politique, c’est la polarisation, la raideur des opinions, les postures de mépris et de matamore, les fuites ou les petites phrases assassines dans les médias. On cherche dans les tensions calculées et dans la violence verbale le chemin de ses intérêts.

La démocratie de concordance n’est plus respectée. Elle ne rassemble plus les partis, ni leurs groupes parlementaires. Elle fait même l’objet d’interprétations contradictoires. On parle de concordance programmatique qui irait au-delà de la vulgaire concordance mathématique. De «petite concordance», qui exclurait l’UDC, mais intégrerait les Verts, faisant glisser le gouvernement à gauche. Condition d’une politique de réformes, paraît-il, en attendant l’avenir radieux du dépassement du capitalisme et la construction d’une authentique démocratie populaire? C’était là, peut-être, le rêve secret de certains acteurs de l’éviction, en décembre 2007, du deuxième conseiller fédéral UDC, Christoph Blocher.

2011 sera une année électorale: le peuple renouvellera, en octobre, les Chambres fédérales, et celles-ci désigneront les sept membres du Conseil fédéral pour la prochaine législature. Si la rude personnalité du magistrat zurichois a contribué à son renvoi, n’est-il pas temps de fermer la parenthèse et de revenir aux justes équilibres, qui font la force de notre Etat: deux sièges à chacun des trois premiers partis, et le dernier au quatrième?

La démocratie de concordance postule une composition du gouvernement qui traduise la volonté du souverain, exprimée dans les urnes. Au citoyen d’obédience libérale-radicale que je suis, attaché à l’Etat de droit et aux principes républicains, tenir éloigné du pouvoir central près d’un tiers de l’électorat n’apparaît pas l’œuvre d’une politique sensée, mais une entorse au suffrage universel, et le germe de funestes dissensions civiques.

Alors, faisons de nécessité vertu!

Philippe Bender
Historien, consultant politique de la TV valaisanne Canal 9

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