05/03/2011 23:39 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : blog, matin, dimanche

Bon courage Mesdames et Messieurs les policiers!

KELLER_1.jpgMais que fait la police? A l’instar de nombre de nos concitoyens, je me pose cette question. Depuis quelque temps, Lausanne n’a plus rien à envier à certaines grandes métropoles au niveau de la criminalité. Bienvenue à Lausanne Angeles! Même un jour de marché dans la capitale vaudoise ne s’apparente plus au parcours de l’ange. Il vous faudra fuir le regard insistant des dealers qui arpentent le Grand-Pont, slalomer entre les mendiants qui vous attendent à chaque coin de rue, esquiver les toxicomanes (et leurs chiens) qui errent comme des zombies place de la Riponne, éviter même les balles perdues tirées par quelque déséquilibré mal embouché. Malheur aussi à celui qui parquera sa voiture dans un grand hôtel à Ouchy, puisqu’il se retrouvera les quatre pneus à l’air. Avec tout ça, il y a de quoi être crevé pour un samedi! Et je passe outre les incessantes bagarres qui jalonnent les sorties des nombreuses boîtes de nuit. Sans oublier ceux qui ont la désagréable surprise de rentrer chez eux et qui découvrent leur appartement sens dessus dessous. Même l’assistant du rabbin de Lausanne a été roué de coups il y a quelques jours. Je reconnais qu’avec tous ces faits très divers, la police a de quoi y perdre son vaudois et qu’elle n’a de loin pas la ville facile. Néanmoins, je m’interroge quand même sur la vacuité laissée en matière de sécurité par certaines autorités, pour ne pas les citer, qui donnent parfois l’impression de ne pas en voir passer une…

«Monsieur, est-ce normal que l’on me propose autant de fois de la drogue, comme ça, à ciel ouvert?» Je pourrais mentionner comme exemple cette interrogation de l’un de mes jeunes collaborateurs qui, un soir de week-end, offusqué et lassé par les sollicitations des revendeurs de drogue entre la rue de Bourg et Bel-Air a composé le 117 et s’est vu répondre à sa question: «Non, ce n’est pas normal Monsieur, mais laissez-nous maintenant, on a du travail…» Qui ne veut, ne peut, non?! Je sais bien que tout n’est pas si simple, surtout dans ce genre de cas. J’ai d’ailleurs un immense respect pour le dur labeur accompli par les hommes et femmes policiers, mais je pense qu’il est temps de faire retentir la sirène d’alarme à quelques jours du premier tour des élections communales.

Ne pouvant pas voter à Lausanne, puisque résidant à Saint-Saphorin, j’espère que les Lausannois sauront prendre les décisions qui s’imposent et prôneront un changement… radical! Une ville et son agglomération qui possèdent autant d’institutions qui confinent à l’excellence (l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’Université de Lausanne, l’IMD Business School, l’Ecole hôtelière ou encore l’ECAL) et de lieux culturels de grande renommée (le Musée de l’Elysée, le Béjart Ballet, l’Opéra de Lausanne, le mudac et prochainement je l’espère un Pôle muséal à la gare) méritent d’avoir une Direction de la sécurité publique et des sports qui soit à la hauteur. Il en va de l’image de la ville en Suisse et à l’étranger (imaginez la réaction des touristes qui ont découvert leurs voitures les quatre pneus crevés samedi dernier), ainsi que du bien-être des citadins au quotidien.

Loin de moi l’idée de m’approprier des préceptes sécuritaires uniquement à des fins politiques. Si j’ai pris ma plume aujourd’hui pour écrire ces quelques lignes, à lire comme un simple courrier d’électeur, c’est avant tout en tant que citoyen amoureux de Lausanne, qui se refuse à voir sa bien-aimée capitale olympique devenir capitale de la pique!

Pierre Keller, directeur ECAL, professeur EPFL

Commentaires

Monsieur Keller,
Votre réflexion est tout à fait intéressante et reflète pour le moins la situation actuelle. Après avoir passé 16 dans les forces de l'ordre, que ce soit à Genève ou dans le canton de Vaud, je peux dresser un bilan de la situation. Les partis politiques, qu'ils soient de gauche, comme de droite et encore mieux au centre, ne se soucient de la sécurité qu'à la veille d'élections. Les effectifs policiers n'ont jamais été adaptés à l'explosion démographique connue dans le bassin lémanique. La Suisse compte le plus faible ratio, au niveau européen, habitant-policier. Ne nous leurrons pas, si vous voulez plus de sécurité, vous devez d'une façon ou d'une autre augmenter les effectifs. Regardez New York en son temps.

Le problème vient du fait que les politiciens ne s'intéressent pas aux dicastères ou départements de la police. C'est nettement moins vendeur, politiquement parlant, que la Santé, l'Economie ou l'Instruction publique. Il n'y a qu'à voir la réaction des personnes qui se retrouvent à la tête de ces départements et qu'il ne l'ont pas choisi. Imaginez l'était d'esprit des policiers qui vont devoir travailler sous les ordres d'une personne qui ne voulait pas de ce département. Sauf peut-être Mme de Quattro. Mais, si elle avait envie de ce département, c'était plus pour faire barrage à la police unique que véritablement pour le plaisir de diriger la police cantonale...

Plus aucune parti politique ne soutient la police et encore moins l'UDC. Si l'UDC avait vraiment envie d'améliorer la sécurité, ses représentants auraient pu faire passer, dans les parlements, des augmentations réelles d'effectifs. Mais le problème de ce parti vient du fait qu'il se refuse à faire des investissements à long terme dans quelque domaine que ce soit.


Une solution possible pour la capitale vaudoise aurait été, peut-être, la création d'une police unique.


Ne me faisant aucune illusion sur un changement, de droite ou de gauche, à la tête du dicastère de la police lausannoise, je ne peux que souhaiter bonne chance aux habitants de Lausanne.

Cordiales salutations.

Écrit par : Stéphane | 06/03/2011

En fait, c'est devenu Lausangeles....

Écrit par : Jeff1951 | 06/03/2011

Mouai... Monsieur Keller, il serai plus radical que vous descendiez de votre ciel étoilé afin de pouvoir être à portée d'écoute de vos concitoyens.

Cette remarque n'est pas que pour vous.

Il serai grand temps de s'attaquer à la cause profonde, qui fait que certaines personnes font preuve d'incivisme y compris dans les rang de la police Lausannoise!

Écrit par : savaoubien | 06/03/2011

Le chef de la police n'est il pas un communiste? Ceci explique cela. Tout fout le camps,....
"un Pôle muséal à la gare", c'est quoi ce machin? Le dépôt des locos, deviendra il la gare d'orsay, que de fric dilapidé....

Écrit par : de dziou | 06/03/2011

Habitant le Chablais Valaisan, il est assez occasionnel que mon épouse, mes deux petits garçons et moi-même nous rendions à Lausanne. Après m'être vu proposer de la drogue devant mes deux enfants de 3 et 5 ans à la rue de Bourg lors d'une ballade il y a 3 semaines, il est fort probable que nous ne retournions plus dans cette ville avant longtemps, au profit d'endroits plus cléments, tells que Sion, Vevey ou encore Berne ...

Ayant vécu à la Neuveville voici 10 ans, nous dénomions Bienne "La Zone" (années 1990-2000). Drogue, violence, incivilités et saleté y règnaient. Il ne faisait pas bon s'y rendre. Contre-coup direct à la crise horlogère des années 1970-1980. Depuis, cette ville a fait de nombreux efforts et la situation s'est nettement améliorée.

Pourtant, jamais durant cette période, je ne me suis vu proposer de drogue en tout liberté, ni vu de mendiants à tous les coins de rues.

Lausanne est ainsi en 2011. Quelle belle image pour la Suisse Romande !

Sans doute, cette situation est dûe à un manque d'implication politique. Car on ne peut pas vraiment dire que cette ville ait subi une crisé économique d'envergure... bien au contraire!

A présent, Lausanne devait s'atteler rapidement à faire de "l'ordre" dans ses rues ... avant que la situation ne devienne incontrôlable (c'est l'impression que cela donne vu de l'extérieur).

Un père de famille.

Écrit par : Bono | 06/03/2011

Bravo Monsieur Keller !
Vous dites tout haut ce que beaucoup pensent tout bas!
C'est une véritable honte si l'on pense aux cars de touristes qui s'arrêtent sur la Place de la Riponne de trouver comme première image de Lausanne ces groupes de zombies sales avec leurs chiens et leurs canettes de bières qui traînent, de pauvres mendiants à tous les coins de rues, aux grafitis de plus en plus nombreux et des taches de chewing gum qui salissent le sol. Allez donc à Singapour, cela fait du bien de trouver une ville immaculée, pas de chewing gum, pas de mégots, ni de papiers sales, ni de mendiants. Mais à Singapour l'incivilité coûte cher en terme d'amendes !!! Voilà la solution : des amendes salées = assez d'argent pour engager des policiers supplémentaires ! Mais à Lausanne c'est le laxisme des politiciens de tous bords politiques qui font que cette ville est sale (pour rappel l'histoire des toilettes publiques!). Je partage l'avis de l'habitant du Chablais, éviter de venir à Lausanne! Mais évidemment les commerçants vont souffrir de cette situation.

Écrit par : Louquette | 07/03/2011

Lausanne un samedi matin : Nous voulions nous rendre au marché ce qui a été possible après avoir croisé 3 pseudo-mendiants, des dealers et des alcooliques à la canette de bière pleine à 8 h du mat'. Il est plus facile de coller les parkings que de mettre de l'ordre dans cette ville devenu un ghetto, où l'insécurité règne et où l'on a peur de sortir, entre bandes de jeunes défoncés les soirs de week end ou les dealers, on a peur !

Écrit par : olivier | 07/03/2011

La solution? Faire au plus vite le "pôle muséal" de la gare, y installer les dealers, junkies et mendiants, fourguer cela comme une "performance" et Lôzane sera toute propre et hippest once again. En les noyant dans du formol, on pourrait peut-être même vendre cela encore plus cher que du Damien Hirst! Elle est pas belle la vie?

Écrit par : Simon | 13/03/2011

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