20/03/2011 11:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cercle, chantal balet

La bipolarisation n’est pas une fatalité, tant mieux

CHANTAL_BALET_25.jpgVaud, canton très représentatif de la Suisse, a démontré lors des dernières élections communales que la bipolarisation n’est pas une fatalité. «Le PLR fait mieux que sauver les meubles», titrait la presse locale. Dans les villes de moindre importance et dans les chefs-lieux de district où il perdait du terrain depuis des années, le PLR se stabilise et confirme des positions historiques qui paraissaient menacées. Certes, l’hirondelle ne fait pas le printemps mais elle est de bon augure pour l’automne. Cela veut surtout dire que des positions fermes, sans complexe, sans souci des critiques médiatiques paient. Le refus aussi bien des radicaux que des libéraux vaudois de créer un impôt sur le travail pour financer de nouvelles prestations sociales en est un bon exemple. Rappeler le sens des responsabilités n’est pas faire injure aux citoyens, mêmes individualistes et enfants gâtés. Parler d’une école exigeante, négocier intelligemment des accords bilatéraux mais dire clairement non à l’adhésion à l’Union européenne, défendre la liberté d’entreprendre et de créer des emplois plutôt que de crouler sous une bureaucratie absurde, ces propositions claires rencontrent un écho positif dans la population.

Lorsqu’ils donnent leur avis en votations, les Suissesses et les Suisses disent très souvent en majorité non à ceux qui promettent de raser gratis, de faire payer les autres ou de désigner des boucs émissaires. Et à chaque élection, les citoyens rappellent qu’ils veulent qu’on les écoute eux, que les médias ne sont pas toujours représentatifs de la population. La voie est difficile à trouver pour les partis responsables. Ils doivent faire parler d’eux dans la presse mais ne pas croire pour autant que la presse reflète l’opinion.

Les citoyens le comprennent et le comprendront de plus en plus, on l’espère: la bipolarisation est un risque pour notre prospérité. Le jeu politique suisse doit être subtil. Il se rapproche plus des échecs que du catch. Il est le garant de la stabilité et de la prospérité. Le pays ne court pas à hue et à dia, ne subit pas, comme la plupart de nos voisins, des décisions intempestives venant d’en haut. Mais la démocratie semi-directe, telle que nous la connaissons ne peut fonctionner que si les principales forces politiques réussissent à trouver des consensus, si elles ne restent pas figées sur des positions dogmatiques pour engranger des voix. Ce système assure aussi la cohésion d’un pays réunissant, parce qu’elles veulent bien vivre ensemble, des minorités diverses. Les différences entre Romands et Alémaniques, entre villes et campagnes, entre… ne se résolvent pas par décrets mais par concertations. Certes, le jeu des extrêmes qui se perdent en polémiques et querelles, donne du piment au débat, amuse la galerie. Ceux qui vivent du show voudraient nous faire croire que c’est la seule issue. Il en est même qui affirment que le pouvoir d’une majorité qui décide sans se soucier de la minorité est plus démocratique que le pouvoir représenté par différents courants qui doivent trouver des solutions ensemble. Fort heureusement, pour une majorité la Suisse vaut mieux qu’un show ou un match de catch.

Et Genève alors? Elle apporte la contre-preuve. La nouvelle vague protestataire exprimée aux élections communales ne peut qu’ajouter des blocages aux blocages existants. Il lui faudra beaucoup de ténacité pour sortir de cet engrenage. Espérons qu’en automne les Suissesses et les Suisses trouveront plus sage de construire que de protester.

Chantal Balet
Responsable romande de la campagne du PLR pour les élections fédérales

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