27/03/2011 09:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : simon de pury, cercle, matin dimanche, jim o'neil, art, paul jolles

Brésil, Russie, Inde et Chine unis sous le marteau des enchères

pury.jpgC’est Jim O’Neil, directeur de Goldman Sachs qui, en 2001, a été le premier à utiliser le terme BRIC pour identifier les quatre pays Brésil, Russie, Inde et Chine. Les économies de ces quatre pays représentaient à cette époque-là le plus gros potentiel de croissance. Non seulement les années qui ont suivi ont donné raison à Jim O’Neil, mais le terme BRIC est depuis lors omniprésent dans la presse économique. Le Financial Times disait la semaine dernière que le nombre de milliardaires dans les pays BRIC avait aujourd’hui dépassé le nombre de milliardaires en Europe. L’essor économique dans ces quatre pays continue à une allure impressionnante. Il est fascinant de constater que chaque fois qu’un pays ou une région passe par une embellie économique celle-ci est accompagnée par une forte dynamique dans les domaines de la créativité artistique. Ainsi au début des années 1990 le mouvement de musique «grunge» qui a vu éclore des groupes tels que Nirvana, Pearl Jam ou Soundgarden a émergé à Seattle à l’époque dorée des nouvelles technologies de la Silicon Valley.

L’année dernière, mes collègues et moi avons décidé pour la première fois de mettre le focus sur la scène artistique de BRIC en y consacrant la première vente aux enchères. Celle-ci a eu lieu à Londres au mois d’avril 2010 et a rencontré un immense succès malgré les cendres volcaniques qui, à ce moment-là, rendaient les déplacements plus compliqués. Nous allons réitérer l’expérience avec la deuxième vente BRIC qui aura lieu les 14 et 15 avril prochains. Des artistes comme les frères Campana du Brésil, Ilya et Emilia Kabakov de Russie, Subodh Gupta d’Inde ou Zeng Fanzhi de Chine sont depuis quelque temps déjà des stars du monde de l’art international. Si les cultures des quatre pays BRIC ne pouvaient pas être plus différentes les unes des autres, le dynamisme culturel des quatre pays est très semblable.

Deux Suisses ont joué un rôle capital dans le développement du marché de l’art de deux de ces pays.

Paul Jolles – d’abord secrétaire d’Etat pour le commerce puis président de Nestlé a été le premier à faire connaître durant les années 1980 le travail d’artistes russes tels que Ilya Kabakov, Erik Bulatov ou Oleg Vassiliev. Ces artistes étaient alors interdits de voyages et d’expositions car ils ne faisaient pas partie de l’union des artistes, très forte à l’époque soviétique. Uli Sigg, homme d’affaires et collectionneur qui fut ambassadeur de Suisse auprès de la Chine, fut, lui, le premier à faire connaître durant les années 1990 le travail d’artistes chinois tels que Zeng Fanzhi, Wang Guangyi ou Ai Wei Wei. Il a fait connaître leur travail ainsi que celui des autres principaux artistes chinois à Harald Szeemann. Celui-ci les a exposés à la Biennale de Venise, d’où ils ont ensuite conquis le monde.

Simon de Pury
Commissaire-priseur
Cofondateur de Phillips de Pury

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