08/05/2011 10:12 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cercle, pierre-yves maillard

Ce dont les mamans (et les papas) ont besoin

94958535.JPGBien sûr, elles apprécieront aujourd’hui les fleurs, les chansons des enfants et les marques d’affection. Mais lundi la vie quotidienne reprend, et il arrive qu’elle ne fasse pas de cadeaux aux mamans.

Même le minimum de respect parfois ne leur est pas assuré. Par exemple, celles qui ne peuvent pas travailler à plein-temps, parce que le travail manque ou parce qu’elles consacrent une partie de leur temps de travail à l’éducation de leurs enfants, se font en ce moment mépriser sur les murs du canton de Vaud. Elles auraient «décidé de regarder les autres travailler».

Pourtant les mamans, comme tout le monde, méritent le respect et deux ou trois autres choses, qui durent plus qu’une Fête des mères. Elles ont besoin de pouvoir travailler et d’en tirer si possible un revenu qui les amène au-dessus du minimum vital. Elles ont aussi besoin d’un peu de temps pour s’occuper des enfants parce que l’école et les garderies ne peuvent pas tout. Elles ont besoin que les papas puissent aussi faire leur part du travail éducatif. Elles ont besoin enfin de pouvoir finir le mois sans devoir choisir entre payer l’assurance-maladie ou la facture du dentiste parce que le salaire ne suffit pas.

La loi sur les prestations complémentaires pour familles et la rente-pont AVS (LPCFam) qui est soumise au vote des Vaudoises et des Vaudois le 15 mai prochain comble une bonne part de ces besoins élémentaires. Elle a été approuvée par le Conseil d’Etat et par une forte majorité du Grand Conseil. Elle donne en moyenne quelques centaines de francs par mois de soutien aux mamans et papas qui travaillent, mais qui ont un revenu modeste, proche des normes de l’aide sociale. Elle crée une rente-pont pour les chômeurs en fin de droits qui sont à moins de deux ans de l’âge du droit à l’AVS. Le but est d’éviter à ces personnes de devoir demander l’aide sociale, qui exige notamment qu’ils consomment presque toute leur modeste épargne avant de recevoir une aide. Le tout est financé à deux tiers par la caisse publique et à un tiers par une cotisation sur la masse salariale de 3 fr. 40 par mois en moyenne pour un salarié.

Ce projet est attaqué par des porte-parole des milieux patronaux, qui investissent pour l’abattre des moyens financiers jamais vus. Ils disent que cette cotisation équivalente à un café par mois «appauvrirait» les salariés et les indépendants… Il ne faut pas avoir peur des mots! Ce que le Centre patronal prélève sur les cotisations d’allocations familiales pour ses besoins divers est déjà presque trois fois plus cher. Bloquée dans la loi à 0,06%, cette cotisation est au contraire une vraie assurance contre la pauvreté. Dans un monde du travail toujours plus précaire, tout le monde peut un jour devoir faire appel à ces soutiens.

En 2006 déjà, la petite hausse des allocations familiales avait dû affronter un référendum. Les projets sociaux même raisonnables se heurtent toujours à des oppositions farouches qui ne reculent devant aucune propagande. Les seniors jetés sur le carreau, les parents qui se battent pour travailler et élever leurs enfants n’ont pas de lobbies aussi puissants. Mais ils savent la différence entre ce qui appauvrit et ce qui protège de la pauvreté. La cotisation à l’AVS, par exemple, n’appauvrit personne. Elle a au contraire libéré de la grande misère nos personnes âgées. Cent fois inférieure à la cotisation AVS, la cotisation pour les PC familles et la rente-pont libérera des milliers de familles et des centaines de travailleurs âgés au chômage de la peur des fins de mois impossibles. Elle soutiendra le travail et soulagera l’aide sociale, qui explose.

Le 15 mai, les Vaudoises et les Vaudois ont l’occasion de fêter et de respecter les mamans une deuxième fois et de leur faire un cadeau durable. En votant oui à la LPCFam.

Pierre-Yves Maillard
conseiller d'Etat (PS)

Commentaires

Eh bien le salarié que je suis en a marre de payer toujours plus. Une fois la Loi passée, il sera facile de nous faire payer le menu complet pour avoir sous-estimé les besoins financiers réels de ce nouveau régime.

Écrit par : SUREMENT PAS | 13/05/2011

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