04/06/2011 23:55 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cercle, matin, dimanche

Séduction du pouvoir ou pouvoir de séduction

SANDOZ_1.jpgLes «affaires de mœurs» qui défraient la chronique politique française depuis quelques semaines ont incité certaines personnes, à utiliser l’expression «droit de cuissage». Le Petit Larousse (édition 2008) définit ce droit comme un «droit légendaire attribué au seigneur médiéval de pouvoir passer avec l’épouse d’un de ses serfs la première nuit de ses noces. (Il percevait en fait une taxe sur les mariages serviles).» Le Littré (édition 1962, en quatre volumes) donne à peu de chose près la même définition, mais n’utilise pas le terme de «légendaire», ce qui est peut-être révélateur de la subjectivité des auteurs des dictionnaires. Que l’on suive l’une ou l’autre définition, cependant, il apparaît bien que le but réel de ce «droit de cuissage», c’était, pour le seigneur, d’obtenir une somme d’argent à l’occasion du mariage d’un serf et que cela n’a rien à voir avec les frasques contemporaines de certains hommes politiques français, parce que ces derniers n’avaient assurément pas en vue l’obtention d’une redevance financière. Alors comment expliquer l’étrange conduite de certains politiciens, notamment français? On pourrait éventuellement parler de politiciens européens, disons… latins. Y aurait-il un «mal latin»? Faut-il incriminer le pouvoir et une influence particulièrement pernicieuse de celui-ci sur le mental latin?

N’étant ni psychologue ni psychiatre, nous ne saurions prétendre apporter une réponse scientifique à la question, mais nous avons entendu quelques commentaires, notamment de la part de femmes. Certaines, partant de l’idée du plus vieux métier du monde, ne peuvent s’empêcher de penser que le pouvoir exerce toujours une certaine séduction et que, dès lors, l’homme de pouvoir obtiendra facilement des faveurs féminines s’il laisse entrevoir une petite récompense à la clé, voire simplement parce que le fait même d’approcher intimement un homme de pouvoir serait grisant.

D’autres femmes considèrent que, malheureusement, certains hommes sont violents et que le fait de leur pouvoir excite encore leur violence, soit qu’avec fatuité, ils s’estiment irrésistibles – ce qui n’est nullement le cas, bien souvent – soit qu’ils n’hésitent pas à recourir à des mesures d’intimidation. Ils confondent alors le pouvoir de séduction – dont ils sont dépourvus – avec le pouvoir d’intimidation dont ils sont investis à cause de leur position sociale.

Bien des femmes n’arrivent pas à comprendre comment un homme intelligent a pu tomber dans le «traquenard» américain. Il est évident que la violence ne peut jamais être ni approuvée ni justifiée. Il n’est pas exclu qu’elle soit liée à un dérèglement physiologique qui devrait être soigné et ne le sera généralement pas, à cause du tabou qui entoure la sexualité notamment masculine, tabou tellement important qu’il empêche même certains médecins de reconnaître la réalité. Il est clair que ce dérèglement ne supprime ni la faute ni la responsabilité de l’auteur d’un acte violent, mais d’ici à sauter sur la première femme de chambre qui apparaît, de manière tout à fait inattendue!… il y a vraiment quelque chose d’incompréhensible!

Les «affaires de mœurs» françaises actuelles vont-elles faire avancer le diagnostic de certaines maladies? Vont-elles amener à se poser des questions sur la perte de repères de notre société européenne en matière de sexualité? Ou devrons-nous attendre, pour réagir, d’être gagnés par une forme de pudibonderie à l’américaine?

SUZETTE SANDOZ, Ancienne conseillère nationale libérale vaudoise

Commentaires

La "dudibonderie" à l'américaine, c'est triste à dire mais on y arrive... si on y est pas déjà !

Écrit par : zeturf | 14/06/2011

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