20/08/2011 23:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cercle, matin, dimanche

La capacité de s’adapter: une grande tradition suisse

chantal balet.jpgLa crise de la dette européenne pousse notre franc suisse vers des hauteurs vertigineuses. Oui, mais pas pour bénéficier d’une vue spectaculaire sur des marchés prometteurs. Vertigineuses surtout pour les branches exportatrices dont beaucoup se demandent comment elles vont continuer de vendre à l’étranger et survivre. Il y a longtemps que nos entreprises ont cessé d’avoir des perspectives lointaines, même le moyen terme s’obscurcit. On a passé du chômage technique, en 2009, à la pénurie de main-d’œuvre mais avec le spectre d’un retour du chômage qui pointe à l’horizon. La crise européenne, cause de nos soucis, n’est pas près de se résoudre. Un cercle vertueux visant à réduire l’endettement des Etats, assainir les banques, assouplir le marché du travail, encourager l’innovation, relancer la croissance… ne se dessine pas franchement. On ne voit pas de programme de redressement en phase avec la réalité pour l’instant. Il n’y a malheureusement pas de solution miracle, de baguette magique pour remettre en ordre les finances d’une bonne partie du continent.

La politique libérale menée en Suisse depuis des décennies nous a préservés des dérives de certains pays européens, tant mieux. Mais la petite Suisse vertueuse ne peut à elle seule contrer les effets sur le franc d’une crise qui la dépasse. Ses moyens sont limités. Certainement pas perdre sa vertu, s’aligner sur les moins bons et imaginer ainsi affaiblir le franc. Admirons la Grèce antique, modèle de démocratie. Quant à la Grèce en pagaille d’aujourd’hui, souhaitons-lui simplement de redevenir un jour un modèle. Notre Banque nationale intervient régulièrement, avec des effets fort heureusement bien réels mais sans garantie sur la durée. Pour le reste, toutes les propositions, surgissent dans le débat: taux négatifs, arrimage du franc à l’euro, participation au fonds européen de stabilité, etc. Au regard de la gravité de la situation, elles méritent toutes, même les plus farfelues, un examen sans préjugé. Respecter nos valeurs de liberté, de responsabilité, d’honnêteté et de souveraineté ne nous oblige pas à devenir rigides, craintifs et renfermés. Ce n’est pas le conformisme mais la capacité d’adaptation rapide qui fonde notre prospérité. La capacité de s’adapter à la réalité tout en gardant le cap des valeurs est une grande tradition suisse. C’est une vertu libérale.

Il n’y a pas de baguette magique pour supprimer les causes mais pas non plus pour régler les conséquences négatives du franc fort sur les entreprises en Suisse. Là aussi, la marge de manœuvre est faible. Le Conseil fédéral a proposé des mesures à hauteur de 2 milliards, sans endettement et sans hausse d’impôt. Sur le principe, c’est à saluer. Dans l’application, la pesée des intérêts qui vont tous se manifester avec vigueur constituera un exercice délicat. Remettre en cause une rente de situation à quelques semaines d’élections importantes n’est pas une promenade de santé. Mais on espère que le Conseil fédéral et les chambres sauront résister à la tentation de gérer les entreprises à leur place. Pas de politique industrielle à court terme, s’il vous plaît. Profitons-en plutôt pour revoir les propositions émotionnelles et précipitées formulées ce printemps en matière d’énergie. Notre force est et restera la valeur ajoutée. L’action la plus efficace de la Confédération et des cantons devraient donc porter sur les aiguillons de la valeur ajoutée: la concurrence et l’innovation.

Chantal Balet,
Responsable romande de la campagne du PLR pour les élections fédérales

Les commentaires sont fermés.