11/09/2011 12:04 | Lien permanent | Commentaires (1)

La lutte contre le terrorisme dix ans après les attentats du 11 septembre 2001

calmy3JPG.JPGIl est des événements dans la vie que l’on n’oublie jamais. Tous, nous nous souvenons certainement encore de ce moment où, le 11 septembre 2001, les Twin Towers et le Pentagone ont été pris pour cible d’attaques terroristes. Ces attaques lâches ont fait plus de 3000 victimes de plus de 90 nationalités. Les terroristes n’avaient que faire de la couleur de peau et de la religion de leurs victimes. Ils ont tué au nom d’une idéologie qui méprise l’être humain et n’accorde aucune valeur à l’individu. A l’époque, comme aujourd’hui, ils ont pris sciemment pour cible des civils.

En ce jour de commémoration du dixième anniversaire des attentats de New York et de Washington, nous voulons tout d’abord nous souvenir des victimes, parmi lesquelles figuraient deux citoyens suisses. Mes remerciements vont à ceux qui, chaque jour, mettent tout en œuvre pour que de telles attaques ne se reproduisent pas. Heureusement, la Suisse a été épargnée, jusqu’à présent, par des attentats d’une telle ampleur. Ces attaques visant la population civile sont des actes lâches et cruels que rien ne saurait justifier. La destruction des tours du World Trade Center il y a dix ans a marqué l’acmé tragique du terrorisme international, dont la trace, sanglante et insensée se retrouve aux quatre coins du globe.

Toutefois, nous ne sommes pas à l’abri. Comme il y a dix ans à New York, des citoyennes et citoyens suisses se trouvaient parmi les victimes de l’attentat perpétré en mai dernier au Maroc. Des centaines de milliers de nos compatriotes vivent et voyagent à l’étranger. La Suisse compte sur son territoire de nombreuses représentations étrangères et est le siège d’organisations internationales. De plus, notre pays accueille différents événements sensibles sur le plan politique, qui pourraient être la cible d’attaques terroristes. C’est la raison pour laquelle la Suisse a un intérêt vital à coopérer avec d’autres Etats et avec des organisations internationales et ce, non seulement par solidarité avec les pays directement touchés par le terrorisme, mais également pour la sécurité de ses propres citoyennes et citoyens.

La Suisse soutient la lutte de la communauté internationale contre la violence terroriste. Son soutien s’articule autour de deux axes prioritaires: les mesures de lutte contre le terrorisme doivent impérativement respecter les droits humains et elles doivent être légitimées par leur inscription la plus stricte possible dans le cadre de l’ONU. Le 11 septembre 2001 et ses répercussions ont été un test pour notre dispositif de sécurité. Mais plus encore: le risque existait de voir tous les acquis du 20e siècle en faveur de la protection des droits humains engloutis dans les décombres du World Trade Center. Après la déclaration de guerre des Etats-Unis au terrorisme, la communauté internationale a dû répondre à des questions fondamentales: au vu de la menace terroriste, l’Occident peut-il se permettre une application des droits humains sans restriction aucune? A quel point un dispositif de sécurité efficace est-il compatible avec l’Etat de droit? Ou, pour l’exprimer plus directement, qu’est-ce qui est plus important à nos yeux: notre liberté ou notre sécurité? Ainsi, l’appel à extrader à titre exceptionnel des personnes vers des camps de prisonniers n’était plus un sujet tabou. Des discussions sur la proportionnalité des mesures à prendre ont été menées dans notre pays également. Rétrospectivement, nous pouvons dire que nous n’avons pas sacrifié nos principes d’Etat de droit. Cela n’était pas nécessaire pour garantir l’efficacité des mesures de sécurité. Bien au contraire.

Avant même les attentats du 11 septembre, la Suisse défendait l’idée d’une approche coordonnée à l’échelle internationale pour lutter contre le terrorisme. Une approche respectant le droit international et défendant les droits humains. La mise en œuvre de la stratégie antiterroriste mondiale adoptée en 2006 par l’Assemblée générale de l’ONU dans le cadre d’un consensus figure parmi nos priorités. Nous sommes convaincus que la même attention doit être accordée à chacun des quatre piliers de cette stratégie: lutte contre les causes, prévention et répression, développement des capacités des Etats ainsi que respect des droits humains et de l’Etat de droit. En effet, à lui seul, le renforcement du dispositif de sécurité des Etats n’est pas une solution pérenne. La répression illimitée, y compris dans le cadre de la lutte antiterroriste, est souvent la cause du mal qu’elle prétend combattre. Seule une approche visant à réduire l’attractivité du terrorisme aux yeux des jeunes gens peut être couronnée de succès. Des perspectives doivent être offertes aux populations et cela comprend notamment des conditions équitables, autrement dit: l’Etat de droit et la garantie du respect des droits humains. La répression et la défense des droits humains ne se contredisent en aucun cas, au contraire: elles se complètent et se renforcent mutuellement et forment les éléments d’une stratégie globale de lutte contre le terrorisme. Pour résumer: la liberté est inconcevable sans sécurité et la sécurité est inconcevable sans liberté.

En apportant son soutien à la stratégie de l’ONU, la Suisse favorise la crédibilité de cette institution internationale, la seule à jouir d’une légitimation universelle. Durant la deuxième quinzaine de septembre sera lancé à New York, sur initiative américaine et en dehors du cadre onusien, un nouveau forum consacré à l’antiterrorisme. Regroupant 30 Etats importants et dépassant la logique des blocs, ce forum entend renforcer les capacités des Etats dans la lutte contre le terrorisme. La Suisse en est membre, notamment parce qu’au cours des dernières années, elle a régulièrement œuvré pour que les mesures prises par la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme s’appuient sur une large légitimité. Ce forum représente un test renouvelé pour les Etats engagés, y compris pour la Suisse. Dans cette enceinte aussi, nous nous engagerons en faveur du respect des droits humains et veillerons à ce que ce nouveau forum lie étroitement ses activités à celles de l’ONU. Faute de quoi il risquerait d’agir sans légitimité. Son action, ainsi que l’ONU, s’en trouveraient de fait affaiblis. Dans la lutte contre le terrorisme, la communauté internationale ne peut se permettre ni l’un ni l’autre.

Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération

Commentaires

Mme Calmy-Rey bénéficie d'excellents "nègres" ou "négresses". Car c'est la première fois que je lis un texte attribué à sa plume sans prétention irréaliste, arrogance et approximations.
Miracle: cohérentes même, ces lignes! Et sans les fautes de français dont cette bientôt ex-présidente parsemait ses discours. Finis, je l'espère, les "droits humains" forme fautive pour les droits de l'homme! Finis ce féminisme exacerbé et maladif! Finis cette fusion ratée et informe des qualités genevoises et valaisannes!
Allons, souhaitons à cette Erynie pour ce futur temps de retraite quelques balades en pédalo pour apprendre le sens de l'humour en avançant sur les eaux imprévues et coquines de la gouille de son lac de Genève. Puisse l'écoute des brises lui "tintinnabuler" des ballades qui l'aident à évincer le fracas maladroit de ces trois cloches qui battent le néant dans son cerveau depuis le temps d'une petite production musicale. La Confédération helvétique se portera mieux. Ite missa est.

Écrit par : Andromaque | 11/09/2011

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