18/09/2011 10:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cercle, favre, capitalisme

D’où vient la tempête, que se passe-t-il, au secours!

FAVRE-84.jpgPour certains, le vent mauvais viendrait du «capitalisme». C’est complètement faux. Ce serait comme accuser la sexualité en général d’une déviance sexuelle comme le sadisme! Il n’en est rien du tout. Le capitalisme fonctionne, si on a affaire à des dirigeants responsables. Il est des pays qui marchent et marcheront, quoi qu’il arrive, avec ce système imparfait, mais le seul efficace en définitive. Le Canada, l’Australie, la Norvège, la Corée du Sud, pour prendre quelques exemples, au hasard et tous azimuts, ne sont évidemment guère communistes et plutôt prospères. Ce n’est pas le système qui dysfonctionne. Mais ce que font certains gouvernements est d’une lâcheté lamentable. Soit pour servir certains lobbies, soit tout simplement pour garder le pouvoir, ils ont cédé à tort aux pressions en endettant inconsidérément leurs Etats.

Il faut rappeler aussi que le monde fonctionne, évidemment, avec des rapports de force. Une grande part des problèmes ont pour origine les puissants, les Etats-Unis en tête. Ils imposent leurs lois, leurs armes, leurs guerres, leur monnaie (de singe puisqu’ils la fabriquent sans limitation), leurs cotations, leur titrisation (les subprime, une embrouille majeure, n’ayons pas peur des mots, afin de baiser les naïfs, c’est ainsi que s’expriment les traders), leurs coups tordus envers l’Europe (comme fournir une due diligence falsifiée présentant la Grèce comme solvable avant son entrée en Europe et ensuite l’attaquer en noircissant le tableau, alors qu’elle ne représente qu’environ 2,65% du PIB européen). La présidente du Patronat français, Laurence Parisot, a levé un tabou en n’hésitant pas à faire émerger cette vérité: les USA mènent une guerre économique sournoise contre l’Europe.

Tant que le plus fort reste omnipotent, il ne risque guère. Dès que sa pérennité n’est plus assurée, on découvre un géant aux pieds d’argile. Et c’est le début du cauchemar. Les prêteurs deviennent des dindons boiteux.

Les caïds de la finance jouent contre les démocraties du sud de l’Europe, qui souffrent, il est vrai, d’un mal profond: imaginer que l’échéance des dettes peut être repoussée sans cesse. Refiler la patate chaude aux prochains gouvernements, donc, à la longue, aux générations futures. De droite comme de gauche, ils veulent plaire, dépensent sans compter et n’hésitent pas à s’aveugler de manière infantile. C’est bien sûr une forme de régression, de maladie mentale. Est-il pensable à long terme que les individus et les entreprises doivent rééquilibrer leur budget, et que, de leur côté, des pays vivent bien au-dessus de leurs moyens ou inventent frauduleusement de la croissance, comme l’Amérique?

La cupidité des nantis, des mafias financières et des gouvernements irresponsables amène l’onde de choc actuelle. Maintenant, que faire? Soutenir les pays et/ou les banques affaiblies, c’est-à-dire, en clair, repousser les échéances ou tirer l’échelle et provoquer un cataclysme.

Nous sommes aujourd’hui à l’heure de l’addition. Tout se paie, sauf, bien entendu, pour certains financiers manipulateurs, qui seront toujours gagnants, qui nous mentent, qui jouent, y compris ici, en Europe, contre notre continent en vantant encore la monnaie américaine, en tentant de sauver le soldat dollar! Pour rappel, il était à 4 fr. 70 en 1970, il finira à 0 fr. 47, comme vient de le prédire, par exemple, le fameux banquier Eric Syz.

Le marché? Belle image. Disons, aujourd’hui, en ce qui nous concerne, le marché des dupes. Le marché, le Forex, c’est jusqu’à 4000 milliards de dollars échangés chaque jour. Bien sûr, il y a des supergagnants!

Et dire que le génial trader de Londres, de la formidable et très vigilante UBS, aurait misé, entre autres, sur des variations du franc suisse…

Pierre-Marcel Favre,
éditeur

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