04/02/2012 23:22 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cercle, matin, dimanche

Un débat sur la diversité culturelle

ballet.jpgLa Loi sur la réglementation du prix du livre est une loi sur la culture avant d’être une loi sur les prix. Imposer dans tous les points de vente un prix raisonnable, comme l’exige justement la loi, ne représente en effet pas une fin en soi. Sinon, il faudrait le prévoir pour beaucoup d’autres marchandises trop chèrement importées. Et personne n’y songe. Cette loi est bien plus un moyen très simple de favoriser la production et la diffusion de livres suisses, de garantir une vie culturelle intense. Elle ne prévoit ni nouveaux fonctionnaires ni subventions ni intervention musclée de l’Etat. La proposition se fonde sur un système très suisse de subsidiarité: la branche est fortement incitée à s’autoréguler et seulement si elle ne le fait pas, alors le Conseil fédéral peut fixer les prix des livres par ordonnance. Rien à voir avec le «tout à l’Etat». Ne nous trompons donc pas de débat et parlons de notre patrimoine culturel.

Après une balade dans la neige un dimanche de grand froid, se plonger dans un bouquin sur nos traditions, nos particularités, notre histoire, grande ou petite, dans un roman classique, un polar haletant, voire un recueil de poésie, voilà un plaisir dont on ne veut ni se priver ni priver les autres. Sans doute, trouverons-nous toujours les grands classiques et les best-sellers. Mais la parution de livres plus confidentiels et surtout d’auteurs romands risque bien de devenir précaire si on n’agit pas rapidement. Pour les auteurs suisses, il y a péril en la demeure. Un livre sur une période de l’histoire du Pays de Vaud, sur les coutumes liées à l’Escalade ou sur les matches de reines ne trouvera un éditeur que s’il a des chances de vendre ce livre. Ce n’est évidemment ni Amazon ni la Migros qui le garantira. Le meilleur moyen d’assurer sa diffusion reste de bénéficier de librairies partout en Suisse et pas seulement dans les grandes villes. C’est ainsi que nous préserverons notre patrimoine culturel.

Les adversaires de la loi, essaient de ramener le débat à une simple question d’argent, de marché, de commerce. Dommage. Si la pertinence des avis sur ces questions économiques des organisations du même nom ne se discute guère, on peut mettre en doute leur compétence lorsqu’il s’agit de culture. On ne traite pas un livre comme une machine-outil ni une tonne de fuel ni même une montre de luxe. Les indicateurs sont différents dans ce domaine. Et c’est bien en faisant référence à l’article constitutionnel sur la culture que le Parlement fédéral a adopté une loi sur le livre.

D’ailleurs tous nos voisins appliquent une réglementation du livre. Le gouvernement de droite français a mandaté une commission pour procéder à une évaluation de l’ensemble des effets de la loi sur le prix du livre, particulièrement en regard des évolutions technologiques. Il ressort d’un rapport très fouillé de mars 2009 qu’après trente ans de loi, les résultats sont franchement positifs. Et si malgré tout des librairies disparaissent en France c’est la situation économique générale très difficile du pays qui l’explique, pas la loi sur le prix du livre, évidemment. Les Français achètent moins de tout, pas seulement de livres. L’indice du commerce de détail se dégrade depuis plusieurs mois en France comme dans d’autres pays voisins et le taux de chômage augmente. Il n’est dès lors pas très correct de vouloir faire porter à une loi évaluée positivement ce qui est dû à une situation économique difficile.

Nous permettre d’acheter meilleur marché dans toutes sortes de points de vente des livres divers et aussi des livres suisses, voilà l’effet que produira la Loi sur le prix du livre. Un oui s’impose.

CHANTAL BALET
Coordinatrice de la campagne du Oui à la loi sur le prix réglementé

Commentaires

Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Écrit par : mutuelle animaux | 14/02/2012

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