14/04/2012 23:30 | Lien permanent | Commentaires (1)

Des mayens, du loup et des envies d’avenir

CINA_1.jpgLe Valais, ah, le Valais! Le Valais et sa raclette, le Valais et son fendant, le Valais des mélèzes et des mayens, le Valais des butés et des rebelles, des magouilles et des arrangements… Qui, en Suisse, n’a jamais usé de ces clichés pour penser ou décrire notre canton? Nous-mêmes, les Valaisans, nous adorons nous donner pour héros de mythiques soiffards ou des mystiques empreints d’étrangeté, allant même jusqu’à célébrer d’immenses absurdités, au nom du particularisme montagnard dont nous nous réclamons.
Et oui, et c’en est ici presque une évidence, l’identité valaisanne, comme toutes les identités, est complexe et labile. Nous ne ressemblons ni à ce que les gens «de l’extérieur» pensent de nous, ni à ce que certains d’entre nous donnent en pâture à tous les médias du pays.
Aujourd’hui, à la lumière non pas de l’initiative dite Weber elle-même, mais bien face à la réaction suscitée en Valais par son acceptation, cet immense malentendu ne paraît que plus aigu. Au lendemain du 11 mars, certains, en Valais, ont professé de telles âneries, sous couvert, certainement, d’une forme d’humour difficilement compréhensible hors de nos frontières, que le reste de la Suisse finit par nous assimiler tous à de petits plénipotentiaires prêts à dégainer ou à de féroces promoteurs intéressés seulement par le développement de leur coin de pays, prêts à vendre père et mère contre monnaie venue d’ailleurs. Las! Ces modèles sont vides de sens, dépassés!
Oui, nous avons connu un vrai problème de résidences secondaires, oui, le développement de notre tourisme a pu connaître une expansion irraisonnée, que d’aucuns jugent choquante ou démesurée. Mais, non seulement nous avons pris la mesure du problème, nous en sommes revenus! Depuis de nombreuses années, des forces nouvelles se font jour. Le Valais a besoin de rêves et d’envies d’avenir. Cependant, l’autre modèle, celui qui vise à la «protection», contre nous-mêmes, finalement, ne peut pas marcher. Nous, les citoyens de ce canton, pères et mères de jeunes qui veulent et méritent un avenir, ne voulons pas d’une mise sous cloche. Notre nature n’est pas un parc d’attractions où notre seul rôle consisterait à meubler le paysage par de paisibles activités, si possibles silencieuses.
Mais à ce «Heidiland» invraisemblable, pourquoi, toujours, opposer une forme d’irresponsabilité cupide? Je suis persuadé en effet qu’entre le développement à tout va et la préservation d’un idéal naturel complètement dépassé, une troisième voie s’offre à nous. Avant le 11 mars, nous en avions déjà pris le chemin depuis longtemps. Nous avions défini de nouvelles règles, initié nombre de mesures. Un véritable arsenal adapté à notre réalité. Aujourd’hui, le couperet asséné par l’initiative Weber nous oblige certainement à réfléchir plus vite. Mais au fond, et quel que soit le cadre légal, notre tourisme valaisan a besoin de réformes, tant au niveau de la structure que des conditions-cadres. Nous en sommes conscients depuis longtemps et n’avons cessé de chercher et de proposer de nouvelles solutions. Aujourd’hui, c’est à toute la problématique de l’hébergement touristique que nous nous sommes attelés. Nous avons posé les bases d’un travail constructif, entamant avec toutes les forces de propositions de notre canton une vraie réflexion de fond. Toute bonne idée, d’où qu’elle vienne, sera analysée. Nous devons chercher une forme de développement durable et sain pour notre tourisme. Il en va de la pérennité de toute notre économie, il en va réellement de notre avenir!

Jean-Michel Cina, Chef du Département valaisan de l’économie, de l’énergie et du territoire

Commentaires

Suite à la lecture de ce jour,sans parler précisement des résidences secondaires mais encouragé par la perspéctive d'analyse je transmets mon avis.Mon idée, ni bonne ni mauvauvaise car elle doit être argumentée et analysée dans un premier temps devrait soulever la réflexion de nos autorités.
Tout d'abord je précise que le Valais ne s'arrête pas à St-Maurice.Les "mayens" dans les districts du bas ne sont pas des granges seulement. Les chalets de campagne, spacieux, servant autrefois à l'habitation des agriculteurs et de leurs familles,d'étable et de grange sous un même toit ne peuvent actuellement être rénovés dans leur intégralité.
Sachez que dans la majorité des exploitations agricoles il n'est plus possible d'utiliser les étables des anciens chalets. Les normes en matière d'élevage ainsi que l'aspect rentabilité,huit vaches ne suffisent pas à faire manger une famille, ont contraint les agriculteurs à construire des fermes adaptées à proximité des chalet qui désormais ne sont utilisés que pour l'habitat.
Certain que ces chalets permettraient de loger deux familles moyennant rénovation de la totalité des surfaces et en y amménageant 2 logements. cette façon de procéder permettrait aux propriétaires de créer un logement supplémentaire en ces temps ou on parle de densifier l'habitation. l'apport d'un loyer aiderait l'agriculteur à subvenir à ces besoins tout en pouvant louer son bien à des conditions permettant à de jeunes couples de s'installer et conserver leur pied à terre dans notre vallée.
Mon idée qui je pense mérite analyse et l'abolition de la règles des 30% intouchable qui relève pour moi de l'aberration.
Merci d'avance pour vos considérations.

Écrit par : Perrin Dominique | 15/04/2012

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