31/03/2013 10:01 | Lien permanent | Commentaires (0)

Ça bouge dans les caves vaudoises

KELLER_1.jpgDix millions à la viticulture suisse pour déclasser ses surplus et faciliter leur écoulement! Si cette mesure peut provisoirement sauver certains producteurs, tant mieux. Mais rien ne sert de se voiler la face: il s’agit d’un emplâtre sur une jambe de bois. A long terme en effet, seuls un contrôle drastique de la production, une recherche sans concession de l’excellence et une politique promotionnelle à la fois audacieuse et imaginative rétabliront la prospérité du secteur.
 
A l’appui de cette affirmation, quelques signes encourageants dans le paysage vitivinicole vaudois témoignent d’un réveil des consciences qui va dans la bonne direction et commence à porter ses fruits.
C’est d’abord l’entrée de deux vignerons vaudois dans «The Wine Advocate», la revue du très influent Robert Parker. Blaise Duboux et Pierre-Luc Leyvraz participent ainsi à une première suisse et ce grâce au chasselas, cépage emblématique du canton de Vaud. Le retentissement de cette percée historique est d’ores et déjà considérable, et ouvre une brèche qu’il faut élargir intelligemment.
 
C’est ensuite l’invitation par l’Office des vins vaudois de grands sommeliers internationaux et de journalistes et restaurateurs étrangers, qui découvrent notre vignoble par le biais de dégustations, de rencontres et d’événements ciblés destinés à les convaincre du potentiel de nos crus en gastronomie. A l’instar, tout récemment, d’Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde 2007. Ces visites, qui ont déjà permis un nombre substantiel de contacts, se poursuivront tout au long de l’année 2013.
 
C’est aussi une offensive en direction de la Suisse alémanique, un marché aux possibilités encore sous-exploitées, où nos produits bénéficient d’une image extrêmement favorable et dont la clientèle souvent aisée est très friande de nos vins. Les vignerons de notre canton seront ainsi présents dans tous les magasins Globus fin octobre-début novembre, prélude à une opération encore plus vaste en 2014. En outre, les vins vaudois apparaîtront en force l’automne prochain à la foire gastronomique IGEHO de Bâle.
C’est enfin le succès remporté par le Mondial du Chasselas et les activités de ses organisateurs tant en Suisse qu’à l’étranger: il est certain que notre canton ne peut que gagner à l’amélioration de l’image de marque de sa véritable spécialité sur la scène internationale.
 
Si la notoriété de nos crus commence à croître de manière sensible et si l’embellie se dessine à l’horizon, c’est donc grâce à l’engagement d’acteurs du terrain qui ont compris que le salut passait par une exigence qualitative impitoyable, un marketing ambitieux et un accueil exemplaire. Grâce à eux, la promotion hors du canton et au-delà des frontières n’est plus l’apanage des grandes entreprises: un nombre croissant d’artisans-vignerons s’y impliquent. Sous l’égide de l’OVV, une dizaine d’entre eux entreprendront par exemple en septembre 2013 le voyage du Japon pour séduire un public de professionnels de la gastronomie et du négoce de vin, avec l’appui de l’ambassade de Suisse à Tokyo.
 
En conclusion, si pour l’heure le sursaut semble bénéficier à certains plus qu’à d’autres, il est incontestable que tous les producteurs et toutes les régions ne peuvent que profiter à terme de ces avancées. Mais il est essentiel de poursuivre l’effort sans relâche et de tirer tous à la même corde. Ceux qui s’acharneraient à ignorer les quotas pour privilégier la quantité, à brader des crus à des prix indignes ou à saboter la cause commune en ne pensant qu’à leurs intérêts vont définitivement au-devant de cruelles désillusions. Ils ne doivent dans tous les cas pas compter sur le soutien de l’OVV, qui ne manquera pas de stigmatiser leurs dérives et les exclura de ses actions.
 
Pierre Keller, président de l’Office des vins vaudois.

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