07/04/2013 09:22 | Lien permanent | Commentaires (1)

La SSR ne doit pas imiter la presse écrite sur ses plates-formes numériques

Hammer_Daniel.jpgLe Conseil fédéral adoptera prochainement la nouvelle concession de la SSR, qui définira les contours de l’offre que cette dernière pourra proposer sur Internet, les smartphones et les tablettes numériques. Pendant de nombreuses années, cette question a opposé la SSR à la presse écrite, raison pour nous d’y revenir alors que le gouvernement s’apprête à édicter de nouvelles règles du jeu.

Le paysage médiatique traverse une profonde mutation technologique depuis l’avènement d’Internet, l’essor de la téléphonie mobile et l’apparition des tablettes. Si, de par le passé, radio, télévision et presse écrite disposaient de technologies et de canaux de diffusion propres permettant de distinguer clairement les offres de chacun, ces temps sont révolus: le digital est devenu un espace convoité par tous.

Pour la presse écrite, la stratégie numérique initiale a consisté à offrir un accès gratuit aux contenus des journaux en ligne, afin de développer une forte audience susceptible de générer des recettes publicitaires conséquentes. La multiplication de l’offre de contenus et la fragmentation des audiences ont cependant entraîné une érosion des recettes publicitaires. Rien que pour la presse écrite, l’effondrement de celles-ci (-20% de revenus pour la presse suisse entre 1998 et 2010) a rendu caduc le «tout gratuit sur Internet»: demain, pour s’offrir un avenir pérenne, les journaux devront miser sur des offres payantes.

La presse écrite a plus d’un atout dans son jeu pour réussir cette mue: malgré les bouleversements structurels de la branche, son nombre de lecteurs reste très stable (89% de la population suisse lit régulièrement un journal ou un magazine). La presse écrite fournit quotidiennement un service de qualité indispensable au fonctionnement de nos institutions démocratiques. Elle joue un rôle prépondérant pour assurer la couverture de la vie politique fédérale, cantonale et locale, rendre compte des faits de la société civile et de l’actualité culturelle et sportive. De plus en plus d’études montrent que le lecteur est prêt à bourse délier pour accéder aux contenus des publications auxquelles il accorde sa confiance. Loin d’être un phénomène de mode, le passage aux modèles payants sur le numérique est une tendance de fond et la Suisse, de par l’extraordinaire diversité de sa presse, pourrait être pionnière dans ce domaine.

C’est précisément là que la définition de ce que la SSR a le droit de proposer sur Internet revêt une importance cruciale: si la SSR, financée par la redevance, était autorisée à fournir une offre identique à celle de la presse sur Internet – c’est-à-dire orientée vers le texte et prenant la forme d’un journal en ligne – elle entrerait en concurrence frontale avec les médias privés: en offrant des contenus gratuits similaires à ceux des journaux sur Internet, elle empêcherait la commercialisation des contenus digitaux par la presse écrite et priverait celle-ci des ressources indispensables à son avenir.

Les nouvelles technologies (dont la TV hybride) offrent des occasions uniques à la SSR de valoriser ses contenus audiovisuels de qualité. La SSR doit pouvoir décliner ceux-ci sur ses plates-formes digitales pour répondre à l’attente légitime du public qui souhaite les consulter à toute heure et partout. La SSR doit chercher à exceller dans l’image et le son, ses cœurs de métier, mais pas à se muer en pâle imitatrice des journaux en menaçant la presse écrite sur ses propres terres, avec l’argent public de la redevance qui plus est.

Daniel Hammer, Secrétaire généralde Médas Suisse, association des médias privés romands.

 

Commentaires

Monsieur Daniel Hammer, Secrétaire généralde Médas Suisse, association des médias privés romands devrait savoir que l'on se fiche totalement de sa presse nauséabonde. La presse suisse, lorsque ce n'est pas de la haine pure, de l'ignorance, de la manipulation, et/ou de la provocation elle ne consiste généralement qu'à des écrits dont tout le monde se contre fiche. Alors parler de "service de qualité indispensable au fonctionnement de nos institutions démocratiques", c'est tout simplement se fourrer le doigt dans l’œil ;-)

Écrit par : Marchand | 20/04/2013

Les commentaires sont fermés.