07/07/2013 10:36 | Lien permanent | Commentaires (0)

Pourquoi un krach est-il inéluctable?

 
On doit s’attendre à deux événements, soit isolés, soit cumulés. Une hyperinflation qui fera fondre les rentes, grimper massivement les taux hypothécaires (qui commencent à prendre l’ascenseur). Et/ou un krach mondial, une remise des compteurs plus ou moins à zéro, afin d’effacer une grande partie des dettes abyssales accumulées, en spoliant les épargnants.
Vous ne le croyez pas? C’est parce que tout est entrepris pour repousser l’inéluctable. Est-ce pour demain? Peut-être. Même s’il n’y a aucune certitude absolue. En attendant, on assiste à des manipulations des taux et des marchés et à des tentatives désespérées de faire repartir les machines. Dans le but insensé de tenter de retarder le plongeon, de faire redémarrer artificiellement la croissance, la compétitivité, sans opérer une grande purge préalable. Une chose est garantie: plus le «nettoyage» sera repoussé, plus il sera dramatique. Les faits sont têtus et plus qu’inquiétants. Allons-y. Mais, avant cela, commençons par le positif.
Certains pays s’en tireront bien. Par exemple la Norvège, le Canada et l’Australie.
Territoires peu peuplés, couverts de richesses, avec un excellent développement. Ils ne seront pas en première ligne des dérèglements et des émeutes. De même que la Russie et les pétro-dictatures, qui devront, au plus, fermer un peu le robinet.
On peut ajouter que, après la chute, les entreprises innovantes seront en première place, pour une vraie reprise, une fois la douloureuse descente accomplie.
Et notons que la catastrophe à venir ne sera pas, comme annoncé, celle de l’énergie. Si nous additionnons le solaire, plus l’éolien, plus la géothermie, plus les réserves monstrueuses de charbon, plus le schiste bitumineux, plus le végétal transformé, etc., nous avons ce qu’il faut pour prendre les relais énergétiques.
Faisons donc un tout petit tour de la terrible situation que nous allons vivre, rapidement en cas de crise de confiance soudaine ou encore, au pire, à plus long terme, donc aggravée. Mais inéluctablement. On attendait beaucoup de l’Amérique du Sud, principalement du Brésil. En fait, le pays ne va pas bien. L’Argentine est de nouveau au fond du gouffre. Le Venezuela, malgré son pétrole, va mal.
La Turquie offrait de grands espoirs. Ils sont déçus. L’Afrique devait être un nouvel eldorado. FAVRE-84.jpgCe n’est pas le cas. Le continent part de tellement loin que quelques améliorations pour certains pays font illusion. Après un tassement important de son développement, la Chine inquiète à juste titre.
Le Japon prend un risque considérable avec des mesures exceptionnelles. Du genre de celles prises dans les années 1930.
Se rappelle-t-on qu’en 1997 une «crisette» en Thaïlande avait enflammé toute l’Asie?
Les dettes étatiques cumulées, avouées, il y en a beaucoup d’autres, des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon, représentent des sommes ahurissantes. Environ 46 000 milliards d’euros au total. Au propre et au figuré: impayable. Et nombre d’autres indicateurs montrent une situation financière totalement folle. Bien sûr, des analystes nous font un numéro de prestidigitation: «Il était normal que les actions montent pendant des mois (alors que les chiffres de la croissance et de l’emploi déçoivent). Il n’est pas problématique que les passifs s’accumulent et qu’on puisse imprimer de la monnaie, sans que celle-ci ne perde de la valeur. Les dettes n’ont pas besoin d’être remboursées. Ad aeternam!» Deux possibilités: vous croyez au Père Noël et il ne se passera rien, ou vous êtes réaliste et vous pouvez vous attendre à une situation, pour être modéré, entre extrêmement délicate et apocalyptique.
Ce sera un mauvais passage. Le monde se relèvera, mais après un
déluge.
 
Pierre-Marcel Favre
Éditeur

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