28/07/2013 09:26 | Lien permanent | Commentaires (1)

Si j’étais président

SAVARY.jpgDe là où j’écris cette chronique, la crise se ressent à chaque coin de rue, dans les boutiques vides, les restaurants désertés, les structures touristiques inoccupées. L’Europe du Sud souffre, comme si le soleil qui caresse la mer et les campagnes restait à jamais voilé.

Cette morosité contraste avec les récents chiffres de croissance publiés pour la Suisse. Alors que tous les pays qui nous entourent stagnent, voient le chômage augmenter, et leur jeunesse se désespérer, nous affichons une santé économique insolente. Oui, insolente, car ces résultats tombent à un moment où non seulement le monde traverse les tempêtes mais où tout ce qui a toujours été considéré comme les clés de notre succès est en train de vaciller. Le secret bancaire n’en finit plus de mourir, nos régimes fiscaux spéciaux vont, à terme, devoir disparaître, les élites traditionnelles qui régentaient le pays sont en crise… Du coup, posons-nous la question: et si l’alarmisme qui sonne après chaque banderille contre le secret bancaire ou notre attractivité fiscale était injustifié? Et si la recette de notre succès se cachait ailleurs?

Dans quelques jours, le président de la Suisse, Ueli Maurer, va faire la tournée du pays, pour fêter le 1er Août, comme un général qui inspecte la frontière et encourage ses troupes. Il pourrait dès lors nous montrer cet horizon: la Suisse va bien parce qu’elle investit, dans les infrastructures, les services publics, dans la formation et la mobilité des étudiants. Elle va bien parce que nous avons su diversifier notre tissu économique. Un tissu économique dont la trame est composée tant d’industries que d’entreprises de services et de nouvelles PME. Il pourrait relever notre capacité de nous ouvrir aux marchés extérieurs tout en sachant protéger nos savoir-faire. Et saluer l’exigence de solidarité que la population a manifestée régulièrement pour les plus faibles, les plus malades ou les plus âgés. Il devrait inviter à consolider le partenariat social.

Il pourrait aussi nous dire, notre président, que ce succès se fragilisera s’il n’est pas mieux partagé et les richesses mieux réparties. Que le sentiment d’injustice monte non pas parce qu’il y a trop d’étrangers ou qu’on craint les Croates, mais quand les loyers sont trop hauts et les salaires trop bas. Il devrait avoir une pensée pour toutes celles et tous ceux qui travaillent trop, en perdent la santé et parfois la vie.

Il aurait à cœur de nous rappeler que nous avons toujours su accueillir les personnes persécutées pour leurs idées ou leurs actes par les pouvoirs en place. Que nous l’avons fait pour Mme de Staël, qui narguait la France depuis Coppet, ou pour la fille de Joseph Staline, cachée dans un couvent de Suisse centrale, pour des centaines de personnes cherchant l’asile parce qu’elles refusaient de se taire. Il nous dirait alors qu’on ne plie pas devant des puissants qui bafouent l’Etat de droit et que, du coup, il n’y a pas de raison qu’on n’offre pas protection à Edward Snowden, bloqué depuis trois mois dans un aéroport de Moscou. Que la Suisse n’est pas un espace de transit, mais un lieu d’accueil et de passage.

Géraldine Savary, conseillère aux Etats (PS/VD)

Commentaires

Ah¨Si j’étais président, je demanderais des économies au communes, pour la fête du 1er aout, sur l’achat des feux d’artifices achetés en Chine comme cela ce fait depuis des lustres pour cet événement.Plus de 20’000.00 francs de dépenses par commune en moyenne qui peuvent servir au subsides des énergies renouvelables? investissements dans la recherches de solution aux maladies incurables?L’insertion et la réinsertion des jeunes sur le marché de l’emploi? A mon avis, je le pense, le gouvernement actuel est simplement incapable d’assumer une simple logique des redistribution des richesse de notre pays,et des investissements urgent a mettre en marche, et Monsieur Maurer préfère investir dans des avions de combat,pour son propre égocentrisme.Je suis valaisan mais pas fière de l’être, car il y as une trop grande différence entre les décision qui sont prises et effectives par nos conseillers, et la réalité de l’instant précis sur les décisions a prendre. Juste dégouté des position prises en interne par notre gouvernement tributaire des acquis et accords financiers par principe avec les Américains, et la Chine en se moment,considéré comme inactif sur le droit humain mais potentiellement une nation intéressante sur les marchandises qu’elle exporte par simple but de profit basé sur la CONSOMATION…Pour Mr.( Edward Snowden je confirme vos écrits.

Écrit par : Weber | 04/08/2013

Les commentaires sont fermés.