25/08/2013 09:37 | Lien permanent | Commentaires (0)

NSA, un gros enjeu, l’espionnage des entreprises

 
FAVRE-84.jpgLe monde est scandalisé de découvrir l’ampleur de l’espionnage des États et des individus par les services américains.
Les Européens s’indignent. Toutefois, l’argument d’Obama présentant cette toile d’araignée invisible comme antiterroriste permet de bien faire passer la pilule. Mais tout cela cache un aspect primordial: le monstrueux espionnage mondial de la NSA a aussi, aujourd’hui, un objectif économique!
Les services d’espionnage des USA travaillent pour les entreprises américaines, pour l’industrie américaine, pour les brevets américains, pour les exportations américaines. Grâce aux écoutes, à la lecture des mails, etc., les concurrents des USA sont mis à nu.
Les devis, les offres, les contrats, la recherche des Européens, des Suisses et d’absolument la totalité du monde sont transmis aux bénéficiaires américains. Les entreprises des USA ont ainsi toujours ou presque un coup d’avance. Ces avantages décisifs leur permettent de faire des sous-enchères. Et personne ne parle de cela! Certes, des sociétés concurrentes des Etats-Unis cryptent une partie de leurs messages. Mais la cybersécurité reste souvent insuffisante. En réalité un pillage invisible se déroule. La première puissance mondiale peut jouer sur tous les tableaux, imprimer des dizaines de milliards de dollars au prix du papier. Disposer de la plus grande force militaire qui peut imposer sa volonté à ses protégés. Etre le premier exportateur d’armes du monde, ce qui tient en laisse la clientèle en question. Mettre des pays sous tutelle juridique, financière et politique. Mais aussi, disposer de toute l’intelligence du monde, au sens large, permet de profiter de la créativité des entrepreneurs, du monde entier, court-circuitant des études longues et coûteuses.
Tout cela est encore beaucoup plus fort que les révélations du brave Edward Snowden. Lorsque vous dirigez une start-up ou une grande société et que vos concurrents américains savent tout de vous, votre travail est d’autant plus difficile!
Il convient de rappeler que ce pillage provient d’une organisation exceptionnelle située à seize kilomètres de Washington DC, bâtie il y a déjà soixante ans à Fort George G. Meade. Une véritable ville, où 40 000 personnes s’activent avec des mathématiciens, des informaticiens, des électroniciens disposant d’un budget annuel de 15 milliards de dollars. Il est vrai, sur un budget de renseignements de 53 milliards, avec la CIA et autres services. Cherchez, simple exemple, pourquoi l’avion français Rafale a été sur le point d’être vendu à de nombreux pays et, au final, coiffé au poteau par les F-16…
La Suisse a déjà été mêlée aux agissements de la NSA, laquelle a organisé, en 1957, un sabotage du système de cryptage de la société suisse Crypto AG. La société fut accusée d’avoir volontairement introduit des failles dans les machines pour permettre un déchiffrement des messages par des agences gouvernementales, dont la NSA. Selon le journaliste Duncan Campbell, auteur d’un rapport pour le Parlement européen concernant le renseignement d’origine électromagnétique, «la NSA s’arrangea pour trafiquer les systèmes de cryptage vendus par Crypto AG, permettant ainsi aux agences UKUSA de lire le flux de messages diplomatiques, militaires et civils codés de plus de cent trente pays».
Il faut aussi rappeler que les USA font une chasse, plutôt légitime, à la grande corruption, surtout chez les autres, bien entendu, puisqu’une seule société américaine figure dans les dix géantes pourchassées par les Etats-Unis, qui font payer des amendes monumentales (800 millions pour Siemens, 398 millions pour Total, etc.) à ces firmes en vertu de leurs lois extraterritoriales. Posez-vous la question: comment obtiennent-ils les informations permettant ces attaques? Bien sûr avec l’espionnage de la NSA.
 
Pierre-Marcel Favre, éditeur

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