22/12/2013 09:53 | Lien permanent | Commentaires (0)

La joie de Noël

Morerod_Charles.jpgNoël est une fête associée à la joie. Ce qui est à proprement parler une bonne nouvelle (c’est le sens du terme «évangile»). Mais pourquoi être joyeux? Après tout, la joie ne se commande pas. Il ne suffit pas de dire: «C’est Noël, soyez joyeux!» Le devoir social d’être joyeux fait pour certains de cette période un moment de tristesse, nourrie de la nostalgie d’une joie passée… Raison de plus pour trouver ou retrouver la cause de la joie de Noël.
 
Le pape François vient de publier un texte intitulé «L’Evangile de la joie». Pour expliquer la raison de cette joie, il revient sur un thème qui lui est cher: le christianisme est une religion de relation avec des personnes, et pas avec des «énergies qui harmonisent». On peut dialoguer avec des personnes, les écouter et recevoir d’elles. Ce qu’on ne peut guère faire avec des «énergies» impersonnelles. Etre chrétien, c’est être avec Jésus-Christ.
 
Voilà qui nous mène directement à Noël. Dieu veut que nous puissions dialoguer avec lui, que nous puissions lui répondre, parce qu’il veut nous aimer. Pour que nous puissions le rencontrer d’une manière que nous comprenions, et qu’ensuite nous puissions éventuellement lui répondre, il choisit de se faire homme. En venant ainsi vers nous, il nous montre le prix que nous avons à ses yeux, et il le confirmera en donnant sa vie.
 
Si on croit à cette «bonne nouvelle», on y trouve la raison la plus forte de ne pas avoir peur et de ne pas être triste. Comme le dit saint Paul: «Qui nous séparera de l’amour du Christ?» Que l’on y croie ou que l’on n’y croie pas, on peut deviner qu’avec l’assurance que Dieu veut être avec nous parce qu’il nous aime, on a une raison d’être heureux.
 
Pour en revenir à «L’Evangile de la joie», le pape y tire la conclusion de la rencontre du chrétien avec le Christ, et montre précisément que cette conséquence est la joie. Un saint triste est un triste saint. Le pape regrette le manque de joie de certains chrétiens, sans en déduire que la vie est toujours facile: «Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de carême sans Pâques. Cependant, je reconnais que la joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure.» Mais même là, «avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours».
 
Noël ne mène ni à une sinistrose confondue avec la moralité, ni à un sourire béat plus ou moins forcé. L’effet de Noël, on peut le voir chez certaines personnes âgées, peut-être physiquement mal en point mais illuminées de l’intérieur, parce qu’elles vivent avec Dieu. J’aimerais bien montrer cette transformation, mais je peux au moins dire que je l’ai vue… Et qu’on y trouve une perspective pour le développement de sa propre vie chrétienne. Plus on accepte que Dieu vient à nous, plus il fait croître en nous sa lumière. Nous y sommes tous invités, et fort heureusement on n’essaie plus de nous y forcer.
 
Je comprends bien que certains ne croient pas, mais qu’ils sachent à quoi ils ne croient pas. Noël est la fête d’une religion joyeuse, heureuse. Nous, chrétiens, le montrons souvent trop peu. Mais il y a parfois de bonnes surprises. Comme lorsqu’une voisine de l’évêché m’a dit qu’elle aimait bien quand nous faisons les pauses café dehors (ce qui arrive peu ces jours), parce qu’elle nous écoute rire durant ce moment. Il y a plusieurs manières de rire, évidemment, mais je crois que ces éclats manifestent une certaine joie.
 
Mgr CHARLES MOREROD, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

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