19/01/2014 09:29 | Lien permanent | Commentaires (0)

L’ouverture comme signe de confiance en nous

BROULIS_Pascal.jpgLe peuple suisse a déjà dit trois fois «oui» à la libre circulation. En 2000 en approuvant les accords bilatéraux avec l’Union européenne; en 2005 et 2009 en approuvant leur élargissement. Le 9 février prochain il aura à confirmer une nouvelle fois ce choix face à l’initiative dite «Contre l’immigration de masse».
 
La campagne a permis de souligner, comme prévu, l’apport de la libre circulation à notre prospérité, sa contribution à notre croissance. Les statistiques sont parlantes, les graphiques pertinents. J’aimerais pourtant laisser un instant les chiffres de côté et considérer la question autrement, sous l’angle de ce choix qui résume toute l’initiative: l’ouverture ou l’isolement.
 
Eh bien, l’isolement ne me tente pas. J’ai beau y réfléchir, je ne lui vois pas d’avenir. Il n’y a pas de murailles qui n’aient été franchies, contournées ou délaissées pour cause d’inutilité. Comme l’ont été les contingents de travailleurs que l’initiative entend réintroduire. Ils ont été abandonnés pour la libre circulation car ils ne correspondaient plus à l’interconnexion des économies, à l’accélération des échanges. Or, la vie des peuples s’est toujours nourrie d’échanges et les périodes d’isolement ont été des périodes de recul. Ce n’est pas en fermant la porte, en tournant le dos, qu’on trouve des solutions.
Je choisis l’ouverture. Je la choisis parce qu’elle offre de l’élan, qu’elle favorise les initiatives, qu’elle porte l’esprit d’entreprise. Je la choisis en sachant qu’elle est exigeante, que les Cantons et la Confédération devront redoubler d’attention et renforcer les mesures d’accompagnement déjà en vigueur. Je choisis l’ouverture en connaissance de cause, sachant qu’elle n’est pas à tous vents, puisqu’elle est réservée aux travailleurs et qu’elle a fait dans ce domaine la preuve de son efficacité. C’est ici que les places de travail sont créées, que les entreprises embauchent et se développent.
Enfin et surtout, je choisis l’ouverture parce qu’elle traduit ma confiance dans notre système suisse. Je crois en ses équilibres. Je me réjouis de les voir reconnus à l’étranger, comme en témoigne le reportage approfondi consacré fin décembre par une grande chaîne de télévision française (France 2) au «miracle suisse».
Politiquement, ma confiance repose sur deux piliers qui sont le fédéralisme et la démocratie directe. Le fédéralisme garantit la rapide détection et la prise en compte concrète, proche des attentes populaires, des difficultés qui peuvent se présenter. Les cantons ont une latitude d’action et la capacité de se faire entendre de la Confédération, qui doit les associer à la préparation des décisions de politique extérieure affectant leurs compétences. La démocratie directe c’est la surveillance des citoyens, le verdict des urnes au terme d’initiatives ou de référendum, l’obligation pour les élus d’expliquer leurs choix… comme je le fais aujourd’hui dans ce billet.
 
Je n’ai pas moins confiance dans notre économie. Notamment grâce aux apprentissages elle sait intégrer les jeunes, qui entrent plus facilement ici qu’ailleurs dans le marché du travail. Et tant qu’elle saura allier souplesse et partenariat social sa compétitivité sera au rendez-vous.
S’ouvre celui qui est sûr de lui, qui connaît ses valeurs et leur portée, qui y adhère. Cela sans arrogance, sans volonté de les imposer, mais avec la conscience de leur poids et de leur efficacité. Alors, restons ouverts, et ce sera mon vœu pour 2014.
 
Pascal Broulis, Conseiller d’Etat (VD/PLR)

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