09/02/2014 09:15 | Lien permanent | Commentaires (2)

C’est cru, donc on y croit!

DESPOT_1.jpg«La seule différence entre la réalité et la fiction, notait Mark Twain, c’est que la fiction, elle, doit être crédible.» Raison pour laquelle, contrairement aux idées reçues, les histoires romancées restent généralement en deçà de l’horreur et de l’indignité, ou – a contrario – de la tragédie et de la noblesse, du vécu dont elles s’inspirent. Lorsque la «véracité» prend le pas sur la crédibilité, l’œuvre est ratée – quant à la vérité historique, elle sera de toute façon larguée sur le bas-côté du chemin.

La confusion du cru et du crédible nous a valu récemment quelques coûteux ratages cinématographiques. Il m’arrive rarement de quitter un cinéma en pleine séance. Que l’envie m’en soit venue en regardant les dernières œuvres de deux cinéastes de légende, Ridley Scott («Cartel») et Martin Scorsese («Le loup de Wall Street»), est un symptôme qui mérite réflexion.
 
Scott s’est employé à dépeindre les usages féroces de la mafia chicano, entrant du coup dans le sillage d’un chef-d’œuvre, le roman-cathédrale «2666» de Roberto Bolaño. Pourquoi ne se souvient-on de rien après «Cartel», sinon de la surprise cocasse de Brad Pitt au moment précis où la muerte lui enlace le cou sur les trottoirs de Londres où il se croyait à l’abri? Et pourquoi est-on hanté à vie par «2666» alors qu’aucune figure ne se détache en particulier de cette litanie chantant la mort de centaines de jeunes femmes dans les terrains vagues de Ciudad Juárez?
 
Le sujet du «Loup de Wall Street» est une autre mafia, mais en costume Brioni. Scorsese a adapté les mémoires de l’escroc boursier Jordan Belfort. Trois heures durant, nous assistons aux orgies en crescendo de Leonardo DiCaprio et de ses compères, après l’homélie initiatique d’un trader chevronné expliquant au jeune novice les règles de son ordre: débauche et bestialité. L’élève surpassera le maître, sniffant des nuages de coke sur les seins de la plus coquette des salopes ambiantes, qu’il finira du reste par épouser. Et qui le trahira, bien entendu, à la première bourrasque. Intrigue minime et largement prévisible, psychologie pavlovienne, complaisance écœurante et, bien entendu, lueurs de rédemption au bout de l’équipée. Sur les dégâts colossaux infligés à autrui par ces meutes de carnassiers, pas un mot. Le fait même que l’histoire soit racontée suffit à la rendre, comment dire?, présentable.
 
Le puritanisme est tissé de paradoxes. Aux USA, une confession publique, pour autant qu’elle soit bien torchée, vaut réinsertion sociale. Le vrai Jordan Belfort, après son passage au clou, est en train de se remonter une fortune en commentant ses propres turpitudes. Dans l’univers (réel) régi par la loi de la Bourse, tout est littéralement possible, car tout n’est qu’un jeu. Tant que la roue tourne!
Pourquoi revenir sur ces fictions ratées? Parce qu’elles ne le sont pas. Ou plutôt, parce qu’elles représentent dans leur plate crudité non pas le chant de notre époque mais son compte rendu. La règle de Twain ne s’applique plus. Dans l’univers jeu, la réalité et sa transposition sont indissociables, au point que – comme dans «Zero Dark Thirty» – on se réfère à un film comme preuve capitale qu’un fait (la mort de Ben Laden à Abbottabad) a bien eu lieu!
 
Pendant ce temps le président Obama, toujours distingué, signe quotidiennement des décrets d’assassinat dans son bureau ovale. Qu’importe, si ce beau film qu’est «Le Majordome» l’a immortalisé comme aboutissement et symbole des espérances noires! Une superproduction ultérieure le lavera des innocents déchiquetés par ses drones.
 
Slobodan Despot, éditeur

Commentaires

Ce sera l'occasion d'une fois pour toutes de mieux informer nos jeunes et de les aider à intégrer le milieu hospitalier en les formants. Au lieu de se plaindre que nous n'avons pas assez de personnel hospitalier. Mais s'est une excuse pour ne pas travailler sur ce sujet et on préfère aller chercher ailleurs. Si les responsables politiques et hospitaliers auraient fait leur boulot nous n'en serions pas là en ce moment en train de se plaindre. Pensez-vous continuer à laisser nos jeunes et adultes en manque de formation de côté alors que nous pourrions occuper ces postes-là ? On nous dit depuis des années que nous manquons par exemple des travailleurs qualifiés dans l'industrie horlogère. Avec le résultat des votations du 9 février, nous allons changer un système qu'allait très bien mais pas pour les principaux intéressés, le peuple Suisse.
Si nous voulons parler de réussite économique et sociale, faudra d'abord sortir de la galère dans laquelle grand nombre de citoyens et des étrangers résidents avec permis de travail se retrouvent aujourd'hui en Suisse Romande en particulier. Nous créons beaucoup de postes de travail mais pourquoi ces postes sont toujours offerts à des travailleurs frontaliers et autres de la communauté Européenne au détriment des travailleurs locaux ?
Si des entreprises installés en Suisse romande partent suite à l'initiative et on perdra des postes de travail. Je ne vois pas pourquoi ce seront les travailleurs locaux qui seront affectés, c'est une question de principe et de logique. Pourquoi garder des travailleurs qui n'habitent pas notre sol ?
Tout ce que je lis dans les journaux et autres médias ce sont des arguments de patrons qui font des bénéfices sur le dos des travailleurs locaux en engageant des quantités illimités de travailleurs frontalier car beaucoup sous-payés par rapport aux salaires Suisses. À chaque pays son plombier polonais. En ce moment en France, ce phénomène se développe sans aucun contrôle et d'une façon très inquiétante car on continue à créer des chômeurs en France. Malgré tous les efforts du gouvernement qui continue à croire à l'Europe. Des entrepreneurs ne se gênent pas à publier des annonces par tout "cherche des ouvriers Roumains, Polonais ou Portugais"
Ici, depuis très longtemps on a préféré aux frontaliers car moins chers et capables d'accepter tout et n'importe quoi de la part de ses employeurs.
Le MCG avait tiré la sonnette d'alarme il y a bien longtemps. Nos élus n'en voulaient pas voir la réalité en pensant qu'il suffisait tout simplement de présenter à chaque fois le MCG comme xénophobe et raciste mais seulement cette fois cela n'a pas marché et l'initiative de l'UDC est passé. Nos élus toujours naïfs ou complices de l'UE, n'ont pas venu voir. Fallait aller à la montagne avant que la montagne vient à nous.

Écrit par : Manco | 18/02/2014

Arrêtons de mettre nos chômeurs en fin de droit dans des emplois de solidarité avec un salaire BRUT de 3,250 frs par mois. Pas de 13ème salaire ni d'aide pour ces personnes qui se sont retrouvés sans emploi. Pour la plus part d'entre eux justement à cause de cette concurrence bon marché qui vient de l'étranger et sans aucune protection de nos travailleurs locaux.
Ces entrepreneurs qui sous excuse d'avoir besoin de travailleurs n'hésitent pas à licencier pour embaucher après pour moins cher tout en exploitant ces nouveaux travailleurs. Les emplois de solidarité ont été créés pour faire taire les travailleurs et cacher les chômeurs. Le PLR est le coupable direct de ces emplois précaire et François Longchamp qu'est à l'origine de cette marche d'esclaves. Mais ce problème ne lui concerne pas car une fois qu'il a créé que système qui permet de créer des travailleurs pauvres, il ne plus là pour répondre aux dégâts occasionnés par sa politique désastreuse du travail.
Son échec s'appelle maintenant UDC et il va falloir faire avec. AU boulot, mais cette fois pas de conneries car ceux qu'ont tout perdu et qui continuent à subir de sa politique vont surement lui demander face à face d'essayer de réparer les pots cassés et au plus vite.

Écrit par : Manco | 18/02/2014

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