16/02/2014 09:38 | Lien permanent | Commentaires (1)

Chronique du chaos

SAVARY.jpgLes défaites, je connais. Comme socialistes, nous avons l’habitude des dimanches noirs. Inutile donc d’essayer de nous faire passer pour de mauvais perdants. Avec le scrutin du 9 février, c’est de tout autre chose qu’il s’agit. Depuis dimanche dernier, notre pays est en pleine tempête. Des rafales qui balaient non seulement notre relation avec l’étranger, mais font aussi ployer nos valeurs, notre identité. Jamais sans doute la Suisse ne s’est trouvée dans une telle situation. En 1992, le refus de l’Espace économique européen a certes constitué un cataclysme, nous amenant à imaginer un plan B, la mise en œuvre des bilatérales. Aujourd’hui que le plan B est lui aussi enterré, que nous reste-t-il?

On peut tourner les choses comme on veut, lancer sur le papier mille ukases, mille propositions, appeler au calme, à la cohésion nationale, personne ne sait aujourd’hui comment résoudre les problèmes posés par le succès de cette initiative. C’est un fait inédit dans notre démocratie directe: les initiants, c’est-à-dire l’UDC, créent un problème et laissent aux autres le soin de le résoudre.
 
Ce vote a des conséquences concrètes et immédiates. Au lendemain de la votation déjà, l’Union européenne a clairement indiqué que la remise en cause du principe de la libre circulation aurait de graves effets. Des réunions de négociations ont été annulées, nos plus fidèles avocats au sein de l’Union se mettent en colère. Et, depuis vendredi, nous savons qu’il est désormais probable que le programme de recherche de l’Union européenne auquel est associée la Suisse ne sera pas ratifié. Les premières victimes du vote de dimanche seront donc les jeunes qui n’auront plus accès à Erasmus, les chercheurs de nos hautes écoles qui se voient exclus des programmes de recherche. L’initiative de l’UDC porte donc un coup dangereux à un des pans les plus dynamiques de Suisse, en particulier en Suisse romande; elle menace la création de PME rendue possible grâce à ces programmes de recherche européens.
 
Au-delà des effets pratiques dramatiques que l’on doit d’ores et déjà envisager, cette défaite est aussi morale. Elle affecte les valeurs d’une Suisse ouverte, solidaire, responsable, urbaine. La Suisse qui produit, la Suisse qui porte l’avenir a été giflée dimanche. Les régions et les cantons qui ont dit non à l’initiative UDC savent, au contraire de Christoph Blocher, que l’indépendance du pays ne peut se construire sur la peur de l’autre. L’indépendance signifie que l’on est suffisamment confiant de notre force pour pouvoir discuter, négocier et travailler avec les autres.
 
Du coup, l’incapacité de certains milieux économiques à saisir la gravité de l’enjeu est inquiétante, comme le fut leur indifférence durant la campagne à reconnaître les difficultés que vit la population. On entend déjà certains entrepreneurs vouloir tirer profit de la nouvelle donne. Et plaider pour de nouvelles catégories de saisonniers. Les saisonniers pour les métiers modestes, qui n’auraient pas droit au regroupement familial; les salariés étrangers des grandes multinationales, qui bénéficieraient de conditions plus favorables, dont l’autorisation de résidence pour leur famille. Ainsi l’étranger travaillant dans un hôtel ou un restaurant serait tenu de sourire toute la journée, mais n’aurait pas le droit de serrer dans ses bras sa femme et ses enfants une fois son travail terminé. Pensent-ils vraiment, ces milieux économiques, que les vingt-huit pays de l’Union européenne accepteront de sacrifier ainsi la dignité de leurs citoyens? Nous, en tous les cas, nous ne l’acceptons pas.
 
Géraldine Savary, Conseillère aux Etats (PS/VD)

Commentaires

Beaucoup de citoyens sachant qu'à chaque fois qu'ils manifestaient leurs problèmes par rapport au chômage n'avaient plus espoir que cela pouvait changer un jour. À chaque fois que l'on parlait de l'insécurité et de la violence qui grandissait à cause de cette ouverture sauvage des frontières. On se contentait de dire que l'on allait s'en occuper. Le problème n'est pas uniquement lié au chômage et à l'insécurité mais aussi dans la société. De nos jours, travailler dans la paix et sans conflits est devenu presque impossible tellement nous sommes confrontés à des collègues frontaliers qui parfois sont majoritaires un peu partout. Ils arrivent à prendre des postes à responsabilité mais pas uniquement grâce à leurs compétences mais grâce à un petit système bien mise en place qui permets aux travailleurs frontaliers déjà en place de mieux se protéger eux-mêmes contre une concurrence locale et qui en veut à leurs places. On fait croire à la population que l'on engage les travailleurs locaux mais ceux-ci , ces travailleurs locaux une fois engagés font les tâches les moins intéressants voir comme des assistants alors que souvent mieux formés que ceux qui sont là et qu'ont été engagés parce que le CHEF habite la même commune de l'autre côté de la frontière? On dit souvent que les responsables ne peuvent pas engager des membres de leurs famille dans la même société voir le même service. Mais, c’est facile de contourner certaines règles, moi j'engage dans ma société ton fils et toi dans la tienne ma fille ? Combien des familles entières qu’habitent de l’autre côté de la frontière travaillent en Suisse ? Dans ma propre expérience, dans la société où je travaillais l'ambiance au travail était devenue infernale tellement on subissait les pressions pour que l'on dégage et on parte ? Les rapports se sont complétement détériorés. L’employé frontalier engagé pour la plus part engagé car « pistonné » devenait le petit requin prêt à tout pour y parvenir.
Nos rapports devenaient tout simplement inexistants ou hypocrites. D'un côté on parlait des vacances aux Bahamas, des week-ends de saut en parachute ou des week-ends barbecue au bord de la piscine à la maison, pour une employée de bureau qui vient en 4 x4 tout en gagnant le même salaire que ses collègues de Genève, cela fait désordre dans nos rapports. C’est un peu difficile d’entendre raconter leur bonne situation financière grâce à un salaire suisse et une mini-jupe même en hiver ?
La belle vie confortable grâce à un salaire Suisse ? Et tout ça raconté avec toujours la même intention de blesser car ils savent bien combien la vie est difficile en Suisse car du côté des travailleurs locaux on parlait plutôt des difficultés à payer nos impôts, nos loyers, la vie chère.
Comment pouvoir entendre : . « oh, quel horreur, comment vous pouvez vivre ici ? Vous ne vivez pas vous ? Vous ne faites que travailler ? »
Même pour trouver une place dans une crèche pour nos enfants devient difficile mais comme accepter que beaucoup de frontaliers arrivent à trouver une place en crèche pour leurs enfants.
J’habitais au Grand-Saconnex , jamais j’ai pu trouver une place dans la crèche près de chez moi, mais comment pouvoir comprendre lorsque je passais avec mon enfant laissé chez une dame différente à chaque fois , devant la crèche et voir autant de voitures françaises devant la crèche pour aller chercher leurs enfants ?
Comment expliquer cette situation dans nos entreprises, chez nous ? Je pense que le problème est bien plus grave que le simple fait que l'on a trop de frontaliers et des chômeurs locaux.
J'ai vu beaucoup de travailleurs genevois ou résidents à Genève tomber en dépression car on faisait tout pour cela. Complots, pressions, moqueries, etc... On ne se sentait pas chez nous et ils faisaient tout pour nous dire que c'étaient eux qui décidaient tout et avaient le pouvoir. Comment avons-nous pu permettre cela ? Lors des débats politiques personne ne parle de cette détérioration de notre société de notre chère paix du travail suite à une surpopulation de travailleurs frontaliers. Nos enfants à la sortie de l'école sont confrontés à cette ambiance et ils sont vite découragés et écartés, pour faire de la place à qui ? Combien j’ai entendu de la bouche de ces frontaliers dire, je ferais tout pour faire entrer ma fille ou fils au travail ?
Sommes-nous en ce moment conscients de cette situation alors que les patrons, et politiciens ne parlent que d’économie ?
On nous parle maintenant, que si nous allons réduire la quantité de travailleurs frontaliers ou de la communauté Européenne ce sera la catastrophe, la fin de la Suisse, que le chômage augmentera et encore d’autres mensonges ?
Une chose est sure. SI des entreprisses partent s’installer ailleurs. Il n’est pas question de garder les frontaliers, mais les travailleurs locaux.
Que nous allons manquer d’aide financière pour la recherche ? Mais ej crois que nous donnons plus que ce que nous recevons de la UE. Alors on coupe aussi notre aide financière et utilisons cet argent pour faire nos recherches, avec notre argent et notre bon savoir-faire sans que l’UE nous dicte ce que nous devons faire.
Nous avons déjà versé 2 milliards d’Euros à la Communauté Européenne et l’UE veulent nous bloquer le 1 Milliard 200 mil destinée à la recherche sur le cerveau. Alors qui donne le plus ?
Arrêtons de nous raconter que les frontaliers sont indispensables. C'est faux.
Il y a beaucoup qui trainent dans nos grandes entreprises et nous ne savons pas ce qu’ils font exactement. (des petit jokers au cas où ?).
Je ne voudrais pas que mes enfants ne vivent que j'ai vécu et vu dans une grande société Suisse dans laquelle je travaillais avec des frontaliers qu'étaient déjà au départ très nombreux et en quelques années majoritaires. Beaucoup d'entre eux sans formation mais avec beaucoup d'influences et des pistons. Je ne veux pas que mes enfants se retrouvent avec ces personnes qui les maltraitent pour qu'ils en aient ailleurs et garder les places pour l’un d’entre eux.
Arrêtons cette injustice que vous ignorez car vous ne la vivez pas. Protégeons et aidons à ceux qu'ont encore un travail et qui subissent en silence dans un coin l'injustice. Combien de ces genevois sont réduits au silence et souffrent sans que personne ne viennent à leurs secours. Se plaindre de mobbing de la part de frontaliers aux ressources humaines ? Pas possible, car les responsables sont déjà aussi des frontaliers. Placés par eux-mêmes.
Les Syndicats ? Pas question de tirer sur les frontaliers. Il suffit déjà de savoir que la Femme de Michel Charrat, président de la grande association transfrontalière travaille et à son bureau chez UNIA à Genève. Comment elle a pu entrer dans ce Syndicat ? Quel était son argument pour se faire engager ? Est-elle bénévole ? Défend-elle les travailleurs Suisses lorsqu’il y a des irrégularités dans nos entreprises dans la préférence d’un travailleur frontalier a un employé de Genève ?
Je dis aux jeunes qui débutent dans la vie professionnelle, soyez attentifs et regardez bien ce qui se passe autour et n'hésitez pas à dénoncer des irrégularités, n'oubliez pas que le fait de dire « septante ou huitante » est forcément un Suisse car la première des règles pour le français qui vient travailler chez nous est de ne pas dire "quatre-vingt-dix" pour mieux passer pour un Suisse. Je ne généralise pas mais c'est ce que j'ai vu et vécu pendant des longues années. Être frontalier est une manière de vivre et de penser qu'est loin d'être du simple citoyen. Tout est basé sur l'argent et ce que l'on peut faire pour en avoir le plus possible et pour cela on devient avec le temps des êtres sans pitié ni scrupules car la Suisse reste pour eux un pays trop naïf. Je ne veux pas déclencher un mouvement anti frontalier mais je veux simplement que l'on sache ce que nous vivons au quotidien CHEZ NOUS. J’espère que je ne serais pas censuré et que mon message ne soit pas publié car beaucoup d'entre nous vont se retrouver dans mon expérience.
Alors je pense que ceux qu’aiment l’Europe et aimeraient que nous soyons tous égaux dans un pays prospère et juste, sans frontières. Ils sont mal barrés car Ceux qui défendent la Communauté Européenne à Bruxelles sont les mêmes qu’ont tout fait pour détourner les bases de cette Europe tant rêvée. Cette Europe n’est pas celle que chaque d’entre nous avait rêvé et rêve encore.
Tous ceux qui se sont engraissés économiquement et continuent à s’engraisser ont du mal à partager la gâteau. Tant qu’ils seront là pour continuer à perler de la belle Europe Juste et solidaire, une grande partie de la population qui ne cesse de grandir sera dans la précarité pour le bonheur de plus riches. Ce sont des pays entiers qui subissent de la dictature de Bruxelles.
On doit reprendre notre pays et notre destinée en mains, je préfère lutter que subir.
J’invite aux personnes de dénoncer tout abus dans vos entreprises dans lesquels les frontaliers sont majoritaires et essaient de installer leur petit politique de colonisateur.

Écrit par : Manco | 18/02/2014

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