13/04/2014 09:34 | Lien permanent | Commentaires (2)

Bilatérales: les difficiles choix du Conseil fédéral

cercle.jpgLa très longue histoire des relations entre notre Confédération helvétique et l’Union européenne, dans toutes les phases de sa construction, puis de son développement, a subitement connu un tournant décisif le 9 février dernier. Pas grand-chose n’avait préparé nos décideurs ou les décideurs européens à cette décision populaire. La versatilité d’un peuple capable, à bien trois reprises, d’indiquer à son gouvernement que la voie des bilatérales était celle qui lui convenait le mieux n’a pas été mieux comprise à Berne qu’à Bruxelles.Les vainqueurs d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier, les mêmes qui nous ont obligés à conduire cette voie bilatérale désormais vilipendée, les mêmes qui aujourd’hui ou même demain ne proposent aucune solution réellement crédible.
 
Mais la question, maintenant, n’est plus tant de savoir qui a eu raison ou qui a fauté, qui n’a pas pris sa responsabilité ou qui a sciemment amené la majorité du peuple, certes petitement majoritaire, mais majoritaire quand même, à accepter une initiative sans profondeur ni épaisseur d’exécution. La question, aujourd’hui, est bien de savoir comment on va faire? Qu’est-ce qui attend la Suisse et que va entreprendre notre Gouvernement fédéral pour mettre en œuvre la volonté du peuple sans couper les liens qui nous unissent, bon an mal an, à la communauté européenne?
 
Trois grands courants de pensée, et donc d’actions, peuvent être dégagés dans notre rapport à l’Europe:
 
- D’un côté, les tenants d’une adhésion pure et simple. Depuis plus de vingt ans, ils remettent périodiquement la question sur la table avec plus ou moins de succès. Un soudain réveil a été observé depuis le 9 février. Ce réveil, quoique peu suivi, est notable, dans la mesure où il obligerait potentiellement au moins les partis gouvernementaux à se positionner clairement. Politiquement, pourtant, bien peu se risquent à entamer cette discussion, tant l’argument semble peu populaire, voire éculé pour certains.
 
- A l’opposé, les promoteurs de l’«Alleingang», c’est-à-dire, la voie solitaire, qui, eux aussi, depuis février, se sont vus pousser des ailes, profitant au fond d’une sorte de malentendu savamment entretenu auprès de la population. Là aussi, et sans dogmatisme aucun, une solution aussi tranchée paraît peu tenable, tant elle ne correspond ni aux attentes de l’économie suisse, ni au réel message donné par le peuple le 9 février;
 
- Et au milieu, se tiennent les pragmatiques, qui depuis des années tricotent une espèce de voie d’accès au marché européen, parfaitement suisse, faite d’une succession de petits pas, et d’un alignement de discussions souvent très profitables.
 
Cette voie du milieu a fait ses preuves, mais visiblement, elle n’a pas suffi ou ne suffit plus.
Aujourd’hui, elle est elle-même en question. Trois options s’offrent: un statu quo pur et simple, une forme atténuée de bilatéralisme, c’est-à-dire amputée d’une part de son essence, la libre circulation des personnes, ou, au contraire, une amplification de cette voie bilatérale, qui couvrirait ainsi les domaines institutionnels et économiques. Le statu quo, comme la seconde option s’avèrent très difficilement réalisables, pris qu’ils sont tous deux entre les règles européennes et la volonté exprimée par le peuple.
 
Quant aux conditions de la troisième option, elles sont encore à inventer. Et c’est là tout le challenge qui nous attend!
 
Jean-Miche Cina, Conseiller d’État valaisan

Commentaires

Très bonne article sur le conseil fédéral.

Écrit par : rachat de crédit | 19/04/2014

Trois grands courants de pensée, et donc d’actions, peuvent être dégagés dans notre rapport à l’Europe

Écrit par : coupe du monde 2014 | 23/04/2014

Les commentaires sont fermés.