18/05/2014 09:37 | Lien permanent | Commentaires (0)

De l’inégalité

chroniqueur.jpgEn Suisse romande en particulier, la méthode Coué a une majorité d’adeptes: tout va très bien, Madame la Marquise.
 
Or la malnutrition, les maladies, le chômage gangrènent une part considérable des habitants de la terre.
 
Les conflits de toutes sortes sont nombreux. Les ultrariches le sont pour des générations et les pauvres également. Des usines ferment à deux pas de chez nous, en France, sans aucun espoir pour les licenciés. Nombreux sont ceux qui ont perdu leurs économies ou qui seront spoliés un jour prochain, leurs actions, leurs réserves, fortement amaigries dans le meilleur des cas. Il est des régions où la révolte n’est pas loin.
 
Les jeunes générations devront payer cher l’inéluctable remboursement des dettes abyssales accumulées et la dilution provoquée par l’impression de monnaies sans aucune limite.
Les parents et l’école devraient autant nous enseigner l’acceptation de l’injustice que de la morale!
En effet, nous n’allons pas cesser de découvrir au cours de notre existence comment tout est mal réparti, au moins pour les humains, sur notre bonne vieille planète. Naître en Norvège ou en Nouvelle-Guinée, c’est le jour et la nuit. Être de taille très modeste, en mauvaise santé et guère instruit ne vous prédestine pas à un avenir souriant.
 
Un passeport suisse vaut mieux que celui du Honduras. Parler anglais nous ouvre plus de portes qu’un dialecte aborigène. Vous avez bien plus de chances, aujourd’hui encore, de faire des études en étant fille ou fils d’enseignant ou de «bonne famille», qu’on le veuille ou non. Les belles femmes, depuis le temps des cavernes, sont avantagées par les mâles dominants des arts, de la politique ou des finances.
Et vous trouvez cela normal?
 
Evidemment, c’est bien de l’injustice, qu’il faut péniblement apprendre à digérer.
Venons-en à un autre facteur de déséquilibre: la richesse qui tombe sur certains par héritage, ce qui freine le nécessaire renouvellement des élites, prôné, entre autres, par Vilfredo Pareto. Même la démocratie bien maîtrisée dysfonctionne pour cet aspect: les élections, à commencer par celles des Etats-Unis, cela s’achète, cher, au moins en partie.
Enfin, le pire, ce sont bien ces dictatures, appelées par veulerie émirats, qui reposent sur un sol d’hydrocarbure.
 
Pourquoi donc les citoyens de l’Azerbaïdjan, de Brunei ou du Qatar devraient disposer de dix fois, cent fois, ou mille fois plus de revenus que, au hasard, les Vietnamiens, les Tunisiens ou les Haïtiens? On est obligé d’admettre cet état de fait. Il serait toutefois pas mal que les Qatariens s’intéressent à soutenir substantiellement les populations de Somalie et du Yémen par exemple, plutôt que d’acheter des clubs de foot, des palaces, des pans entiers de l’industrie de France, d’Angleterre et de Suisse, en aidant au passage à bousiller la Syrie, après avoir flirté avec Assad avant de l’attaquer, quand il ne leur plaisait plus…
 
Au passage, leur implication financière dans la politique française est assez inquiétante, lorsqu’on apprend que l’argent du Qatar soutient le candidat à la présidence française Jean-François Copé!
Stefan Hessel semblait un peu naïf avec son «Indignez-vous!» Finalement, pas tant que cela: le best-seller du moment aux Etats-Unis est dû à un Français, Thomas Piketty. Le livre «Capital in the Twenty-First Century» ne préconise rien de moins que de mettre en place une taxe universelle progressive sur les revenus des plus riches! Ne nous berçons pas d’illusions, bien du courage aux décideurs intrépides, ce n’est pas demain la veille que cette idée sera réalisée…
 
Pierre-Marcel Favre, éditeur

 

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