20/07/2014 10:31 | Lien permanent | Commentaires (0)

Plus de générosité envers les réfugiés syriens!

L’été s’installe enfin, et avec lui la période des vacances pour un grand nombre de familles de notre pays. Parmi elles, beaucoup choisissent d’aller se reposer sur les bords de la Méditerranée, que ce soit en Grèce, en Italie ou en Espagne, pour ne citer que ces Etats. Leur énumération ne doit cependant rien au hasard, car, lorsqu’on songe aux plages grecques, italiennes ou espagnoles, il est difficile de ne pas penser aux personnes qui se trouvent de l’autre côté de cette mer magnifique et qui risquent leur vie pour fuir des combats d’une violence inouïe, des massacres, des violations des droits humains les plus fondamentaux, la misère totale, dans l’immense espoir de pouvoir trouver un refuge digne au sein de l’espace européen.
Seydoux-Christe%20.jpgLes combats qui ont repris en Israël et à Gaza ont occulté ces derniers jours le drame de la guerre civile en Syrie, qui se déroule pratiquement à huis clos. Et les médias ont passé très rapidement sur la prestation de serment de Bachar el-Assad pour un nouveau septennat, suite à une élection qualifiée de farce par les opposants à son régime.
Jusqu’à quand va-t-on encore accepter cette situation?
Certes, la position géostratégique de la Syrie est très complexe, ce qui peut expliquer partiellement l’impuissance de la communauté internationale à proposer une issue acceptable à ce conflit.
Mais nous avons la responsabilité et la possibilité, en tant que pays dépositaire des Conventions de Genève, se prévalant d’un fort attachement à notre tradition humanitaire, de faire davantage, bien davantage pour les réfugiés syriens.
On le sait, après plus de trois ans de guerre civile, la Syrie est dévastée et plus de neuf millions de réfugiés ou de personnes déplacées, dont la moitié sont des enfants, représentent le drame mondial le plus important depuis vingt ans dans le domaine des réfugiés. Plus de 2,6 millions de personnes ont fui vers les pays voisins, dont les populations ont fait preuve d’une extraordinaire générosité, mais qui risquent désormais d’être également déstabilisés par ces flux massifs de réfugiés.
La Suisse a introduit un octroi de visas facilité pour les Syriens dont la famille vit déjà dans notre pays. Elle a également promis 30 millions de francs pour 2014, ce qui correspond à environ 0,5% des fonds nécessaires selon les estimations de l’ONU… Enfin, notre pays a prévu d’accueillir un contingent de 500 réfugiés d’ici à 2016.
C’est totalement insuffisant! Caritas Suisse et la Conférence des évêques suisses demandent que la Confédération augmente l’aide humanitaire prévue pour 2014 de 30 à 100 millions. Par ailleurs, la Suisse doit être en mesure d’accueillir au moins 5000 réfugiés syriens jusqu’en 2016. Elle a pu le faire en son temps pour les réfugiés hongrois, tchèques ou vietnamiens. A-t-on à ce point changé?
Amnesty International relève par ailleurs que des personnes privées doivent pouvoir accueillir des réfugiés syriens chez elles sans garantie de prestation financière. Or cela n’est actuellement permis que dans cinq cantons, dans le cadre d’un projet pilote.
Le 12 juin 2014, le Conseil national a adopté sans la moindre discussion un postulat de sa Commission des institutions politiques (Postulat 14.3290 Réfugiés syriens. Pour une collaboration européenne accrue) demandant en particulier au Conseil fédéral d’examiner les mesures à prendre pour permettre d’accueillir en Europe et en Suisse des groupes de réfugiés syriens nettement plus importants. J’ose espérer que le Conseil fédéral réalisera ce postulat dans les plus brefs délais…
 
ANNE SEYDOUX-CHRISTE
Conseillère aux Etats (PDC/JU)

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