19/10/2014 09:51 | Lien permanent | Commentaires (1)

Les touche-à-tout de la diplomatie

SANDOZ_1-009.jpgLors de l’émission Forum de la RTS, samedi 11 octobre dernier, on apprenait que onze parlementaires socialistes s’étaient rendus à Bruxelles – à titre privé? – pour tâter un peu l’atmosphère de l’Union européenne après le vote du 9 février. Ils avaient rencontré deux parlementaires européens socialistes ainsi d’ailleurs qu’un de nos négociateurs suisses sur place. Et leur porte-parole, interrogé par le journaliste de Forum, de nous faire part de la détermination de Bruxelles de ne pas céder un iota en ce qui concerne la libre circulation et de la tâche quasi impossible – selon ces parlementaires - de nos négociateurs, bien que ces derniers ne s’expriment nullement ainsi. Bref, le porte-parole des onze parlementaires socialistes ne manquait pas de peindre le diable sur la muraille, sans craindre le moins du monde de se mêler de ce qui ne les regarde pas.
 
Rien n’est en effet plus horripilant et probablement plus nuisible au pays que ces électrons libres politiques qui s’estiment investis d’une mission diplomatique alors qu’ils feraient mieux de se taire et de laisser les vrais professionnels s’en occuper. Après le 9 février, la tâche, on le sait, est extrêmement délicate. Les relations internationales sont faites autant de susceptibilité de la part des autorités étrangères concernées que de pragmatisme. Il est important de respecter le plus de confidentialité possible afin d’éviter tout risque de déclencher chez les uns ou les autres un sentiment de défaite ou d’humiliation. Il faut aussi éviter à tout prix de montrer les faiblesses de son propre pays. La démocratie directe est à la fois une faiblesse et une force. C’est une force dans la mesure où elle légitime totalement la position de nos négociateurs tant il est vrai que rares sont les Etats européens, alors même qu’ils sont des démocraties, qui consultent librement leurs citoyens; mais c’est une faiblesse quand le résultat d’un vote exprime avant tout une sanction des autorités nationales ou l’ignorance par les votants de la réalité d’un problème. On aimerait que les parlementaires aient conscience de ce fait et cessent de jouer les mouches du coche. On aimerait aussi que M. Blocher ou quelque autre potentat cesse de se prendre pour le sauveur du pays et de rouler les mécaniques avec des menaces d’initiatives qui bloqueraient dans la constitution les relations internationales. Celles-ci sont, par essence, constamment en évolution. Ce serait une aberration de mettre quoi que ce soit dans la constitution susceptible de figer nos relations avec les autres pays. L’époque où la Constitution fédérale ne parlait pas d’une éventuelle supériorité du droit international par rapport au droit national était plus favorable que l’actuelle. Cela permettait de chercher des solutions pragmatiques éventuelles sans que quiconque perde la face. Celle où l’on inscrirait dans la constitution la supériorité du droit national sur le droit international serait tout aussi néfaste. Il existe des domaines – et c’est le cas des relations internationales – où une légère imprécision assure les meilleures chances de succès. On aimerait que nos négociateurs et notre président de la Confédération - qui ont à cœurs les intérêts du Pays - puissent faire leur travail en paix sans que des touche-à-tout, parlementaires, médias ou autres prétentieux de tous bords, mettent constamment leur grain de sel, incapables qu’ils sont de voir combien ils compliquent la tâche des responsables et finissent par nuire au pays.
 
Suzette Sandoz, ex-conseillère nationale libérale (VD)

Commentaires

Chère Mme. Sandoz,
Je viens de lire votre article sur "Les touches-à- tout" et ne peux d'adhérer à votre opinion sur son contenu. Trop d'amateurs de la diplomatie veulent se profiler dans les couloirs de Bruxelles pour forcer leurs idées qui ne sont pas celles de la majorité du peuple suisse avec pour corollaire de gêner des négociations très difficiles à mener pour les professionnels. Toutes les opinions sont exprimées lors de votations et les partis qui ne sont pas d'accord avec les résultats devraient avoir le décence de respecter le choix du peuple.
Merci pour votre courage.

Écrit par : Dosios Alain | 19/10/2014

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