26/10/2014 10:19 | Lien permanent | Commentaires (0)

Djihadistes européens, vraiment de quoi s'étonner?

 

Je le sais bien, mon papier n’est pas politiquement correct. Mes comparaisons seront FAVRE-84.jpgconsidérées comme inacceptables. Néanmoins, j’en suis bien persuadé, ce qu’il y a d’extraordinaire avec ces exaltés criminels, c’est l’égorgement d’innocents, visible par tous sur un écran. Mais dans le fond, leur engagement n’a rien d’extrêmement nouveau. Relevons que l’Arabie saoudite procède à ce même type d’exécutions, pour des délits qui, chez nous, vaudraient quelques années de prison. En trente ans, plus de 2000 condamnés ont été décapités, après moult tortures bien entendu. Et on trouve ce pays très fréquentable, alors que les assassins du 11 Septembre venaient de Riyad. Alors que les sunnites saoudiens ont fortement aidé les djihadistes, etc.
Mais je veux surtout relever que, de tout temps, des jeunes gens se sont embarqués pour faire le coup de feu en faveur de causes plus au moins bonnes à leurs yeux. Nombreux sont ceux, de tout pays, qui se sont engagés dans la Légion étrangère, sans avoir aucune idée sur qui ils pouvaient être amenés à tirer. La fameuse 33e Division SS Charlemagne était composée de très jeunes Français volontaires qui se sont mis au service de Hitler. Auparavant, dans le camp opposé, les Brigades internationales sont intervenues dans la guerre civile espagnole du côté de la République. Elles n’ont pas hésité à fusiller des prêtres et même des gens de leur bord, les anarchistes du POUM. Les extrémistes algériens du GIA (Groupe islamiste armé), djihadistes avant l’heure, ont fait environ 130 000 victimes en Algérie entre 1995 et 1998, lors de massacres collectifs visant des civils, des journalistes, des intellectuels, des féministes, des filles à la jupe trop courte, des amateurs de vin, etc., etc. En Ukraine, aujourd’hui, les trente-huit bataillons privés, plus au moins considérés comme ultranationalistes, voire fascistes – Azov par exemple – ont intégré des hommes de toutes origines, y compris des Américains. Tandis que des Russes indépendants de l’armée de Poutine ont prêté main-forte aux autonomistes.
La plupart du temps, ces plus ou moins très jeunes gens exaltés ne sont guère payés. Mais on a vu, entre autres, des Sud-Africains blancs soutenir, pour quelques deniers, les Angolais de Savimbi, les hommes d’Ojukwu du Biafra séparatiste, ou encore les amis de Tshombe, qui voulait l’indépendance du Katanga. Aujourd’hui, des djihadistes viennent de toute l’Europe. Mais d’autres factions se réclamant d’un autre islam se combattent carrément en Syrie et en Irak. Et maintenant des motards néerlandais volent au secours des Kurdes!
Que penser de tant d’engagements divers, la plupart de très jeunes hommes? Il y a, sans aucun doute, pour une partie de la jeunesse d’hier, d’aujourd’hui et de demain, un irrésistible appel à l’action, une envie d’aventure extrême, avec un support, un prétexte – idéologique ou religieux – qui entraîne, parfois jusqu’à la folie, des gens fragiles mais déterminés. Hier, des maoïstes, voire des Khmers rouges, la RAF en Allemagne, les Brigades rouges en Italie, aujourd’hui des fous de Dieu en faveur d’Al-Qaida, de Boko Haram, des salafistes, etc.
On ne pourra, au mieux, que freiner ces exaltés et surtout tenter d’éviter qu’ils soient très nombreux à s’illustrer en Europe.
Encore un non-dit: si une majorité de musulmans rejettent ces extrémistes, il y a bien, ici, un certain soutien, une base arrière idéologique pour les djihadistes qui, rappelons-le, sont sunnites comme les 90% des 1,2 milliard de musulmans. Ils ne sont pas totalement isolés. Interrogez certaines banlieues…
 
Pierre-Marcel Favre, Editeur

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