14/12/2014 11:45 | Lien permanent | Commentaires (0)

Et si on parlait d’un secteur qui se porte bien?

L’industrie pharmaceutique, moteur de notre prospérité. La Suisse doit une grande partie de sa prospérité aux exportations, c’est bien connu. Or, un tiers de nos exportations provient de l’industrie pharmaceutique, et même 40% si on inclut la chimie. C’est de loin le principal exportateur du pays. Les industries actives en Suisse réalisent le plus gros excédent d’exportation de produits pharmaceutiques au monde. La force du franc reste donc un risque, sois dit en passant. Notre pays abrite un très appréciable site de production mais aussi de recherche. Que ce soit au niveau de l’importance des investissements, de la qualité de la recherche, de l’augmentation régulière du nombre d’emplois, la pharma occupe une position de pointe. Sans parler de l’exceptionnelle productivité par emploi, indice de valeur ajoutée, de l’ordre de 480 000 francs alors qu’elle est d’environ 120 000 pour l’ensemble de l’économie. Et elle est en constante augmentation. Qui dit mieux.

BALET_1.jpgLe dynamisme de cette branche se retrouve bien évidemment dans la croissance des emplois, le niveau des salaires et, par conséquent aussi dans la consommation et les impôts. A la fin, que des gagnants.

Mais comment un petit pays comme le nôtre a-t-il réussi cet exploit, car cela ne tombe pas du ciel. D’abord en ne brimant pas les entreprises, en ne les assommant pas de taxes et d’impôts comme certains de nos voisins, c’est une première condition indispensable. Une autre grande qualité de la Suisse, la souplesse du marché du travail, représente un avantage considérable en comparaison internationale. Surtout que les Suissesses et les Suisses jouissent de manière générale d’une bonne formation, tant au niveau professionnel qu’académique, même si des améliorations seraient encore bienvenues. Et pour compléter ce tableau, les industries suisses ont bénéficié durant de nombreuses années de la main-d’œuvre européenne qualifiée qui pouvait manquer en Suisse. Espérons que cet avantage ne sera pas trop entravé en raison des obstacles érigés entre notre pays et l’Union européenne. Une protection efficace et ferme de la propriété intellectuelle tant en Suisse qu’à l’étranger s’impose également. En effet, rares sont les branches aussi tributaires d’une solide protection des brevets. Donc même si tout n’est pas parfait, la Suisse, contrairement à bien des pays européens, dont notre plus proche voisin à ne pas imiter, veille à ne pas entraver la bonne marche des entreprises actives dans le pays.

Mais l’industrie elle-même n’a pas attendu les bras ballants que les choses se fassent. Elle s’est régulièrement fixé des objectifs ambitieux. Animées d’un véritable esprit d’innovation, les entreprises actives en Suisse ont investi plus de 6 milliards de francs dans la recherche et le développement en 2013, soit le tiers environ de leurs investissements dans le monde entier. C’est énorme si on compare cela à leurs chiffres d’affaires en Suisse. Heureusement les exportations, de l’ordre de 66 milliards de francs,
permettent de financer ces dépenses en Suisse.
 
Un cadeau de Noël régulièrement renouvelé pour notre économie, et un avantage pour les patients qui peuvent bénéficier rapidement de médicaments innovants. Peut-être un exemple à suivre.
 
Chantal Balet
Avocate-conseil

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