08/02/2015 09:38 | Lien permanent | Commentaires (0)

Défense et illustration de DSK

FAVRE-84.jpgDominique Strauss-Kahn a encore d’importants moyens financiers, malgré de graves déconvenues récentes avec un partenaire discutable, Thierry Leyne, qui s’est suicidé à Tel-Aviv le 23 octobre dernier.
Il dispose de plusieurs excellents avocats, nul besoin pour lui qu’on vienne à sa rescousse.
 
Soyons aussi très clair. DSK est franchement coupable d’une chose: il s’est cru longtemps intouchable. Ce personnage est totalement immodeste: il pensait que son pouvoir, son statut de star de la finance et de la politique le protégeraient de Nafissatou Diallo, des dames dites du Carlton, de Tristane Banon et de Marcela Iacub.
 
Plusieurs témoignages montrent bien son intérêt troublant, ses déviances pour la sodomie, les partouzes – à sa manière – avec jusqu’à huit femmes! Des relations de mauvais goût, voire carrément glauques, alors qu’une majorité de Français le voyaient président à la place de notre amateur de sorties en scooter.
 
Mais, finalement, où est le problème, tant qu’il entreprend des adultes consentantes? N’est-ce pas plutôt la justice française qui baigne dans la pudibonderie?
 
Tout commence en 1946. Marthe Richard, ancienne prostituée devenue conseillère de Paris, réussit à obtenir la fermeture des maisons closes. De son côté, Nicolas Sarkozy met en place en 2003 des lois réprimant le racolage, suivi par Najat Vallaud-Belkacem, qui s’engage dans une campagne prohibitionniste de la prostitution. Pour quels résultats! Les belles de nuit ou de jour et leurs clients s’en vont, en force, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, voire en Belgique.
 
Peinant à réformer les aspects économiques de l’Etat, les gouvernements successifs font des effets de manches avec les questions sociétales. De la poudre aux yeux…
 
Que penser de cette vision française si hypocrite du «plus vieux métier du monde»? Certes, nous condamnons tous le côté inacceptable et sordide des fameux souteneurs qui contraignent une partie de ces dames. C’est de l’esclavage. Mais la vérité, que les enquêtes sérieuses démontrent, est qu’une grande partie des filles de joie, sous nos latitudes, ont choisi cette activité et n’ont pas de maquereau.
 
Il est aussi admis aujourd’hui que la prostitution aide de nombreux hommes à réguler leurs pulsions, à éviter ainsi l’effondrement de leur mariage, ou même permet de ne pas dévier vers des agressions sexuelles. Les interdits sont contre-productifs.
 
Comme dans d’autres domaines, l’Hexagone est atteint d’une «légiférite» obsessionnelle. L’échangisme y est répandu. Mais on s’acharne contre DSK en l’accusant de proxénétisme aggravé, sans peur du ridicule. Chez nous, un quotidien comme «Le Matin», et il faut le saluer, n’a pas ce genre de pudibonderie.

D’où peut venir cette pruderie alors que, dans tous les pays voisins de la France, qui ne sont pas déséquilibrés, les juges ne s’embarqueraient pas pendant des semaines dans une telle
bouffonnerie. On en vient à punir des rapports consentis, même s’ils sont immoraux,
qui ne dérangent personne tant qu’ils restent dans la sphère privée. Que vive la liberté individuelle, plutôt que l’Etat fouineur et répressif.

Sans parler ici d’un éventuel complot politique contre DSK!

Pierre-Marcel Favre, éditeur.

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