24/05/2015 10:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cercle, dimanche

Is the world watching us?

favr.jpgNos politiciens, voire les commentateurs, se trompent totalement, régulièrement: les regards du monde entier ne sont pas particulièrement portés sur notre pays. Ni en général, ni en particulier. Nous craignons à tort l’attention des autres, comme des adolescents inquiets. Mais nous ne sommes pas le centre du monde.

Nos banques ont fait l’objet d’attaques virulentes, et même de racket de la part des Etats-Unis. Nous en avons déduit que les USA menaient campagne contre la finance helvétique. Il n’en est certainement rien. Les établissements purement américains et bien d’autres dans le monde n’ont pas été épargnés par les autorités judiciaires de l’Empire. Et nous devons, sans aucun doute, à de graves maladresses de nos banques d’avoir été pris à partie. Au passage, nous avons le grand art de céder au moindre coup de semonce, voire de déborder de zèle dans l’application des directives qu’on nous impose. Mais enfin, si on tient compte des amendes subies, nos banques s’en tirent sans dommages irrémédiables.

Le peuple suisse a voté une initiative antiminarets. Il est même assez probable que, indirectement, le sujet de l’Islam sera l’objet d’au moins une autre votation. La classe politique et la presse nous assuraient à l’époque que l’acceptation de l’initiative provoquerait un cataclysme. Que nous aurions de gros problèmes avec les pays arabes. Que nous ne pourrions plus voyager aisément là-bas.
Que les touristes du Moyen-Orient ne viendraient plus, etc. Nous avons pu constater qu’il n’en a rien été. Nos relations restent excellentes avec les nations musulmanes.

Le vote du 9 février handicape incontestablement nos accords avec l’Union européenne. Comme on dit, «nous ne sommes pas sortis de l’auberge». Le casse-tête est de taille. Mais le problème est avec «Bruxelles». Et non pas avec les peuples des Etats européens qui, s’ils en avaient l’occasion, n’hésiteraient pas à s’exprimer en majorité contre un important afflux étranger chez eux.
Mais ce qui est important, c’est l’éventuelle réaction des habitants. La vérité: il n’y en a pas du tout. Ce ne sont pas, par exemple, les papiers de Cohn-Bendit ou Montebourg dans Libération (tirage 80 000 exemplaires pour 66 millions de Français) qui comptent.

La vérité est que nous avons une image, dans le monde entier, tout à fait excellente. On nous aime, ou on nous jalouse parfois, plus fréquemment, on suscite l’indifférence la plus totale, sauf pour quelques milieux ultraconcernés par tel ou tel problème.

J’ai le privilège d’avoir visité plus de cent pays. Je n’ai jamais rencontré d’hostilité. Notre passeport rouge est privilégié partout. Le plus souvent, on ignore tout de la Suisse. Cela résulte d’une situation basique. Tous les pays ont à gérer leurs propres problèmes. Petits ou gigantesques. C’est leur quotidien, généralement lourd. Et s’ils parlent de temps en temps de la Suisse, c’est totalement marginal. Ils ne s’intéressent pas beaucoup à nos excellents «ratings», à notre monnaie trop solide. A notre démocratie qui surfonctionne. Mais plutôt à leurs insuffisances, leurs salaires affligeants et à leur système politique souvent défaillant.

Pierre-Marcel Favre, Editeur

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