11/10/2015 10:14 | Lien permanent | Commentaires (0)

Basses manoeuvres et invectives

lstapioca-tomlm.jpgLes élections fédérales 2015 ne font pas exception à la règle: il y a toujours de l’électricité dans l’air en fin de campagnes. Les candidats bien placés sont souvent les cibles de basses manœuvres. Tout près de chez moi par exemple, la présidente de Grimisuat – qui n’est ni de mon parti ni de ma famille – subit des allusions sournoises et malveillantes. Face à une campagne intelligente et innovante, «ses chers amis» ne parlent que d’argent. Cela sent la jalousie à plein nez. Un cas parmi des centaines.
 
Mais ce style destructeur entache le débat politique dans son ensemble et accrédite l’image d’une bande de «vilains et de coquins». Et surtout, ces manœuvres occultent les vrais débats, ceux qui portent sur des thèmes qui toucheront notre quotidien. Difficile de s’exprimer clairement lorsque chaque prise de position donne lieu non pas à un débat mais à des invectives. Si on y ajoute le temps perdu à discuter de non-sujet, à la veille du vote, il faut bien reconnaître que nous savons peu de chose sur les convictions d’un grand nombre de candidats sur des thèmes vraiment importants pour tout un chacun. Notamment, la prospérité et les moyens de l’offrir à tous. Concrètement cela veut dire des entreprises qui réalisent des profits et les redistribuent sous forme de salaires, dividendes et impôts. Mais le bien-être ne tombe pas du ciel et face aux difficultés qui s’annoncent, bien malin qui comprend ce que la plupart des candidats proposent, spécialement les nouveaux.
 
Que pensent les élus potentiels du fonctionnement de la BNS: pour faire court, préfèrent-ils une banque centrale indépendante des décisions politiques comme elle l’est actuellement, à l’allemande. Ou souhaitent-ils une BNS politiquement contrôlée, plutôt sur le modèle français. Mais alors contrôlée par qui et comment, avec quels objectifs. La force de notre monnaie pénalise durablement le tourisme et les exportations. Pour aider ces entreprises nos candidats prévoient-ils des aides étatiques de relance soumises à toutes sortes de conditions? Ou des mesures d’allégement du fardeau administratif, par exemple une simplification de la TVA, une déconstruction systématique de l’excès de bureaucratie. On aimerait savoir quels moyens les prétendants à un fauteuil à Berne proposent.
 
Le taux d’intérêt négatif pose des problèmes sérieux aux banques et assurances. Faut-il céder au penchant devenu naturel de l’aversion au risque et renforcer les contrôles au détriment de la production ou doit-on au contraire oser laisser une plus grande marge de manœuvre avec les aléas que cela comporte? Considérant l’importance du secteur financier, la question mériterait une réflexion et des débats constructifs.
 
Dans le domaine énergétique, durant ces quatre dernières années les Chambres fédérales ont beaucoup débattu des moyens de se passer de 40% de production d’électricité nucléaire. Mais l’évolution du prix de l’électricité en Europe en raison des subventionnements du nouveau renouvelable et de la diminution de la consommation, complique la donne. Doit-on intensifier les subventions ou essayer de revenir vers plus de marché? Comment sauver l’hydraulique, renouvelable et qui représente 60% de la production. Le sujet est assez technique, mais on aimerait au moins avoir des pistes sur les moyens proposés par les uns et les autres.
 
Bref, on a passé à côté de l’approfondissement d’encore bien d’autres thèmes essentiels: les finances publiques et la fiscalité, la formation, la santé, etc. Mais que de temps perdu à s’invectiver sur la burqa, absente de nos rues, ou des chimères comme les soi-disant «juges étrangers». Reste à espérer que nous serons heureusement surpris par les élus et rendez-vous dans quatre ans.
 
Chantal Balet, avocate conseil

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