22/05/2016 10:01 | Lien permanent | Commentaires (0)

Oui à la révision de la loi sur la PMA

anne.jpgLe peuple (62% des voix) et les cantons (18,5) ont accepté le 14 juin 2015 la modification de l’article constitutionnel relatif à la procréation médicalement assistée (PMA).

Les opposants à une modernisation de la PMA ont alors lancé un référendum contre la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA), adoptée par le Parlement le 12 décembre 2014, en même temps que l’article constitutionnel.
 
La révision de la LPMA est restrictive et n’autorise la PMA que dans deux cas:

a) lorsqu’elle permet de remédier à la stérilité d’un couple et que les autres traitements ont échoué
ou sont vains; b) lorsque le risque de transmission d’une maladie grave aux descendants ne peut être écarté d’une autre manière.
 
Le diagnostic préimplantatoire (DPI), qui nécessite toujours une fécondation in vitro (FIV), est un procédé médical qui permet l’analyse génétique d’un embryon avant son implantation dans l’utérus de la mère.
Le DPI permet d’une part d’analyser génétiquement les embryons développés hors du corps de
la mère pour dépister une maladie héréditaire.

Il permet d’autre part d’analyser génétiquement un embryon pour détecter des anomalies chromosomiques, dont on sait qu’elles peuvent entraîner des fausses couches. Cet examen est semblable au dépistage des trisomies réalisé lors d’un diagnostic prénatal (DPN), qui est pratiqué vers la 11e semaine de grossesse. Il s’adresse principalement aux femmes âgées de plus de 35 ans, dont les chances
de grossesse sont plus faibles et le risque de fausses couches plus élevé.
 
Contrairement à ce qu’affirment faussement
les opposants en brandissant le risque de créer des «bébés sur mesure», il n’y a pas de manipulations génétiques. Qu’il s’agisse du DPI ou du DPN, il appartient au couple concerné de décider, après avoir été dûment informé, s’il souhaite ou non pratiquer cet examen.
 
Le DPN est proposé à tous les couples depuis des décennies. Ceux-ci peuvent décider, sans pression des assurances-maladie et sociales, d’interrompre la grossesse lorsqu’une trisomie est détectée.

Une étude européenne montre que c’est le choix de 9 femmes sur 10 en cas de résultats défavorables. C’est d’ailleurs l’argument principal en faveur de l’autorisation du DPI, avancé notamment par la majorité de la Commission nationale d’éthique pour la médecine humaine. En effet, celle-ci «ne voit pas comment on peut justifier le fait qu’il soit impossible de contrôler, avant le transfert dans l’utérus, si un embryon conçu in vitro est porteur d’une maladie héréditaire grave, alors qu’on peut effectuer la même analyse sur un fœtus à un stade de développement plus avancé et interrompre la grossesse le cas échéant» (Prise de position N° 22/2013, p. 31).
 
Actuellement, de nombreux couples se rendent à l’étranger pour pratiquer un DPI. En cas d’acceptation de la révision de la LPMA, ils pourront bénéficier en Suisse de pratiques médicales conformes aux standards européens.
 
Selon le droit en vigueur, seuls trois embryons par cycle de traitement («règle des trois») peuvent être développés hors du corps de la mère et être immédiatement implantés dans l’utérus de celle-ci, ce qui entraîne des risques de grossesse multiple, ainsi que des risques pour la mère et les enfants (prématurité, handicap, décès).
 
En cas d’acceptation de la révision légale, on pourra développer douze embryons au plus par
cycle de traitement, qui pourront être développés pendant cinq jours. En général, 2 ou 3 embryons
viables arrivent spontanément à ce stade de développement et peuvent donner une grossesse. Un seul embryon sera implanté, ce qui permet de réduire les risques de grossesses multiples.
Par solidarité pour les couples en souffrance et pour leur donner une meilleure chance d’avoir
un enfant en bonne santé, votons OUI le 5 juin!
 
Anne Seydoux-Christe, Conseillère aux Etats (PDC/JU)

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