31/07/2016

Extérieur jour

dame.jpgQue cela soit clair: je n’ai rien contre les sportifs. Quand j’ai entendu parler de cette nouvelle tendance qui plébiscite le sport du matin, d’avant le travail, je n’ai émis aucun jugement négatif. Je me suis dit que, si les gens s’en portaient mieux, ce ne pouvait être que bénéfique. Par ces belles journées d’été, lorsque je croise des cyclistes qui roulent en conquérants s’arrogeant la route au mépris de la circulation routière, je vous jure que j’éprouve beaucoup d’indulgence à leur égard.

J’imagine que le soleil aidant, tels des gosses fous, le Tour de France leur est monté à la tête. C’est beau, c’est sain, cette victoire du corps qui exulte! La question de la stricte impossibilité d’acquérir une paire de baskets autre que dans des tons fluo pétants ne sera pas ici posée. Ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui, c’est de ce phénomène ahurissant de couples
parentaux pratiquant leur jogging en propulsant à toute allure la poussette de bébé devant eux. Mais que diable font ces couples à s’essouffler sur les trottoirs durant la sieste de bébé?
Deux hypothèses ont spontanément surgi.

La première serait d’ordre uniquement physique: regardez-nous! Madame vient d’accoucher, mais nous sommes des trentenaires à l’esprit de battants. Regardez-nous! Nous n’avons pas l’intention de nous avachir avec l’arrivée de bébé ni de céder du terrain à l’envahisseur. Nous sommes beaux, jeunes et comptons dévorer la vie à pleines dents quitte à y aller au pas de course, qu’on se le dise! On l’appellera, si vous êtes d’accord, le culte de l’apparence.
 
La deuxième hypothèse serait d’ordre… euh, physique également: madame et monsieur s’ennuient ferme au domicile conjugal. Profiter de la sieste de bébé à la maison, pour faire quoi au juste? Tiens donc, une autre sorte de sport peut-être et aussi buller, siester, échanger, contempler bébé dans son sommeil. Bref, un tas de choses que nous avons tous pratiquées naturellement, me semble-t-il, avant l’arrivée sur le marché
de cette nouvelle race de couples «Terminator» qui écument les trottoirs. Durant les siestes de mes enfants lorsqu’ils étaient bébés, je me souviens, par exemple, d’avoir élaboré les grandes lignes d’un futur roman.
 
Désolée, j’ai beau chercher quelque chose de positif à formuler au sujet de cet effort admirable consistant à courir tous ensemble dans la même direction, je ne trouve pas. J’ai beau convoquer toutes les Rachida Dati, Natalia Vodanovia de la planète, ça ne m’a jamais impressionnée desavoir qu’une mère a repris le chemin du travail deux jours seulement après son accouchement. Cela me rappelle ce film terrible, «On achève bien les chevaux», où des couples dansaient non-stop pendant six jours, avec dix minutes de pause chaque heure, dans le but de gagner une prime. De retour à la maison, de quoi le couple peut-il bien donc se féliciter? A part se tâter du muscle humide, j’avoue que côté dialogue je sèche.
 
Je pensais les jeunes couples uniquement atteints de cette épidémie d’extériorisation, mais, las, il m’a fallu déchanter. Je crains qu’elle ne frappe à tout âge. Elle touche également les gens suprêmement intelligents, au hasard un psychiatre à la réputation établie. Quelqu’un censé avoir du recul. Ledit psychiatre qui, l’autre soir, m’expliqua avec force détails le fonctionnement de sa montre cardio GPS. Pour faire plus ample connaissance, j’ai connu mieux. A la première occasion, je lui ai faussé compagnie en prenant mes jambes à mon cou. Ce genre de sport, voyez-vous, je suis d’accord de le pratiquer à outrance. Je veux dire, refuser l’uniformisation au nom d’un idéal de santé et de jeunesse, sacrifier à la pensée générale, je dois avouer que c’est le genre d’exercice auquel je souscris volontiers.

Yasmine Char, directrice du Théâtre de l’Octogone et écrivain

24/07/2016

Une nouvelle guerre froide en sport?

lstapioca-tomlm.jpgDans les années 1960 et 1970, le sport international, en général, et les Jeux olympiques, en particulier, ont prospéré grâce à la guerre froide qui sévissait entre le bloc soviétique et le bloc occidental. Le sport d’élite était en effet un des rares secteurs où les «pays de l’Est» faisaient jeu égal avec les «pays de l’Ouest», voire même les dépassaient comme par exemple l’Allemagne de l’Est qui gagna plus de médailles que les Etats-Unis ou l’Allemagne de l’Ouest aux Jeux de Montréal 1976 ou l’équipe de basketball d’Union soviétique qui battit les Américains à Munich 1972.
 
Après la chute du mur de Berlin en 1989, le système sportif soviétique se délite, des pays disparaissent, d’autres naissent. Les boycotts olympiques des années 1970 et 1980 n’ont plus lieu d’être. La Chine monte en puissance en sport comme dans d’autres domaines. Elle organise les Jeux olympiques à Pékin en 2008 et obtient dans sa capitale plus de médailles d’or que les Etats-Unis (qui restent en tête au total des trois médailles). La Russie devient une distante troisième puissance sportive et même quatrième à Londres 2012.
 
La présidence russe s’en émeut et décide de relancer la machine sportive soviétique au travers d’un soutien à ses sportifs (sans doute au travers du dopage) et en obtenant l’organisation de grandes compétitions: championnats du monde d’athlétisme Moscou 2013, Jeux olympiques d’hiver Sotchi 2014, Championnat du monde de natation Kazan 2015, Coupe du monde de football 2018, etc.
 
Les Etats-Unis, qui avaient oublié le soft power du sport ou croyaient avoir gagné la guerre froide, s’en émeuvent à leur tour. Ils combattent résolument le dopage dans le sport international (bien moins leurs sports professionnels traditionnels), comme on le voit dans le traitement des cas Armstrong, Balco et Jones. Ils sont aussi à nouveau candidats à l’organisation de grandes manifestations sportives. Mais ils sont humiliés par des défaites cinglantes pour les Jeux de 2016 (Rio préféré à Chicago, malgré le soutien appuyé du couple présidentiel américain), la Coupe du monde de football 2022 (attribuée au Qatar) et les Championnats du monde d’athlétisme 2019 (donnés à Doha plutôt qu’à Eugene, Oregon).
 
On ne peut s’empêcher de penser que ces défaites sont à l’origine d’interventions judiciaires américaines dans le sport international sous le couvert des lois FCPA (Foreign Corrupt Practice Act) et RICO (Racketeer Influenced Corrupt Organizations) qui étendent la juridiction américaine à toutes les affaires dès qu’elles se font, par exemple, en dollars ou utilisent des messages électroniques transitant par les Etats-Unis. D’où l’action musclée, en 2015, du Ministère américain de la justice dans le cas de la FIFA (Fédération internationale de football association) ou, en 2016, d’un procureur new-yorkais qui souhaite enquêter sur le dopage aux Jeux de Sotchi.
 
Assistons-nous au lancement d’une nouvelle guerre froide dans le sport? Les Jeux de Rio 2016, où les équipes d’athlétisme russe ont été disqualifiées du fait de la suspension de la Fédération russe d’athlétisme par la Fédération internationale pour cause de dopage organisé, et la future attribution des Jeux d’été de 2024, pour laquelle Los Angeles est candidate, seront des événements à observer. Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets? Cette concurrence géopolitique sera-t-elle bénéficiaire au Système olympique? L’Europe pourrait-elle mieux utiliser la diplomatie sportive? Seule l’Histoire nous le dira. Nous vivons en des temps intéressants, comme disent les Chinois!
 
Jean-Loup Chappelet,
Professeur à l’IDHEAP de l’Université de Lausanne

17/07/2016

Nouveau droit de l’adoption: totalement inadapté

suze.jpgLe nouveau droit de l’adoption a été voté le 17 juin par le Parlement et publié dans la Feuille fédérale
le 28 juin. Dès cette date, le délai référendaire court et le référendum a été lancé, sans conférence de presse, Brexit et Eurofoot obligent. Comme souvent, lorsqu’il s’agit d’une loi d’une importance éthique considérable, la réflexion de fond a été escamotée tant par le Conseil fédéral que par les parlementaires.
 
Une modification du droit de l’adoption aussi importante que celle proposée aurait exigé que l’on se pose la question du maintien de l’adoption dite plénière, soit de la fiction de la famille naturelle créée par l’adoption, introduite en Suisse en 1973, ou de son remplacement par l’adoption simple, modernisée, protection sociale complète de l’adopté, sans fiction, appliquée chez nous de 1912 à 1973.
 
L’adoption plénière, maintenue par la révision votée, est caractérisée par trois éléments: elle veut couper totalement l’enfant de ses racines naturelles, ce qui requiert le secret de l’adoption et complique pour l’enfant la recherche de son origine biologique, devenue pourtant un droit absolu individuel vu les progrès de la technique médicale, et souvent nécessaire pour des motifs de santé; elle crée à l’enfant une fausse famille biologique, consacrant à l’état civil un mensonge officiel sur son origine véritable; elle lui assure
la protection sociale, économique et successorale de la part du parent adoptif investi des droits et devoirs du parent de sang.
 
L’adoption simple, elle, écartée en 1973 et encore en vigueur dans certains Etats telle la France, comporte aussi trois éléments spécifiques: elle ne coupe pas l’enfant de ses racines naturelles, car il reste officiellement enfant de sa famille biologique et n’a donc pas de recherches à faire pour connaître son origine qui n’est pas secrète; elle ne crée pas une fiction de famille naturelle, puisque l’enfant reste celui de ses parents biologiques, ce qui évite le mensonge officiel à l’état civil; elle assure à l’enfant, tout comme l’adoption plénière, une protection sociale, économique et successorale de la part du parent adoptif, puisque l’enfant adoptif est assimilé à un enfant de sang dans tous les domaines où les parents ont des droits et devoirs envers leurs enfants.
 
Il n’est absolument pas nécessaire de recourir à la fiction – donc au mensonge – de la famille naturelle pour que l’adoption assure la meilleure protection possible de l’enfant.
 
La fiction de la famille naturelle est une éventuelle satisfaction des désirs des adoptants mais n’a plus rien à voir avec le bien de l’enfant, but premier et unique de l’adoption.
 
Le droit révisé, qui essaie d’alléger le secret de l’adoption et maintient obligatoirement le droit de l’adopté de connaître son origine – démarches souvent douloureuses et traumatisantes pour l’enfant –, étend aux couples de même sexe les défauts de l’adoption plénière en ce qui concerne l’enfant du partenaire. En admettant la fiction mensongère d’une famille naturelle avec deux parents de même sexe, le législateur encourage en outre le recours de ces couples aux mères porteuses et aux éventuels dons d’ovocytes, donc à la violation de la dignité humaine.
 
Ce n’est certainement pas ce que souhaitent les couples de même sexe qui sont soucieux d’assurer la meilleure protection possible à l’enfant de l’un d’eux. Si on leur expliquait franchement ce qu’est et peut être l’adoption simple, sans doute seraient-ils les premiers à désirer y recourir, dans l’intérêt de l’enfant, plutôt qu’à une adoption plénière. Mais on ne leur a pas posé la question. Le référendum permettra de le faire. Il n’est jamais trop tard pour assurer le bien de l’enfant.
 
Suzette Sandoz,  ex-conseillère nationale libérale (VD)

10/07/2016

Frankenstein, vieille prophétie

lstapioca-tomlm.jpgEnfanté par l’imagination de Mary Shelley, surgissait, il y a deux cents ans, «Frankenstein». Cet accouchement littéraire eut lieu un soir d’orage, à Cologny, sur les bords genevois du Léman, lac que Byron, qui logeait dans la même villa que Shelley, traversait à la nage, à peine handicapé par son pied-bot, à une époque où quasi-personne ne savait nager, sauf quelques aventuriers romantiques (détails qui n’ont rien à voir avec le sujet, mais tant pis). Venons-en donc à la question intéressante: pourquoi ce récit d’un médecin (Frankenstein) qui bricole un monstre, écrit par une femme de 19 ans lors d’une réunion d’amis désœuvrés, qui s’étaient mis au défi d’écrire des ghost stories, a-t-il connu une fécondité aussi extraordinaire?
 
Parce que rien ne résume mieux l’angoisse face à la science. Mary Shelley croyait qu’il existe des «connaissances interdites», des «crimes du savoir», capables d’entraîner un châtiment quasi surnaturel. Nos croyances ne portent plus sur des interdits. Mais l’idée que du pouvoir scientifique pourrait sortir – comme un diable de sa boîte – un inconnu à la puissance incontrôlable continue d’exercer sur nous une puissante fascination.
 
A l’époque de Mary Shelley, des expériences viennent de montrer que l’électricité parvient à activer les muscles. Beaucoup en déduisent qu’elle recèle le mystère de la vie. C’est donc avec une décharge électrique que le Dr Frankenstein anime son monstre. Nous n’en sommes plus là: la mode de l’électricité a vécu. C’est avec la génétique que nous éclairons maintenant le mystère du vivant. Et, de plus en plus, c’est avec les machines que nous nous faisons peur.
 
A la suite de Frankenstein, les monstres de science-fiction ont revêtu de multiples formes. Ce furent des géants, des Lilliputiens, des hommes invisibles, des individus surpuissants ou aux pouvoirs cérébraux extraordinaires, des héros manipulés génétiquement, des clones, des hybrides hommes-bêtes ou hommes-machines. Parfois des robots. Ou alors, comme dans «2001: l’odyssée de l’espace», «HAL», un ordinateur à l’intelligence humanoïde. Plus encore que la génétique, c’est ce domaine du monstrueux qui occupe désormais le devant de la scène. La créature de l’homme la plus inquiétante n’est plus inhumaine ni surhumaine, c’est une machine. Mais attention: non pas une machine individuelle, comme l’était «HAL», mais un vaste ensemble computérisé, un réseau neuronal, intelligent, délocalisé, s’auto-organisant de manière croissante hors du champ de compréhension des humains.
 
Ce qui change la configuration du danger. Dans «Frankenstein», le drame se noue quand le monstre exige de son créateur qu’il lui donne une compagne à son image, et que ce dernier refuse, effrayé par l’idée qu’il puisse se reproduire. Mais le réseau intelligent n’a pas besoin de compagne. Il crée lui-même son monde.

Et la menace monstrueuse qu’il exerce, c’est celle de nous en exclure. Il se pourrait que «les machines et les robots surpassent les humains et s’auto-améliorent au-delà de notre contrôle», s’inquiétait récemment la revue Nature. Ce qu’il y a de radicalement nouveau, dans le moment que nous vivons, c’est qu’une réflexion comme celle-ci puisse être publiée dans la plus sérieuse des revues scientifiques, non à la rubrique «fantastique», mais au cœur de l’éditorial.
 
«Frankenstein» est une fiction prophétique. Car rien n’est plus actuel que son troublant scénario: celui d’une créature-monstre qui échappe à son créateur, jusqu’à le menacer dans son existence. Et l’humain-créateur qui, mystérieusement, ne peut s’empêcher de la créer… Probablement parce que cette créature est aussi un prolongement de son être, une incarnation de ses idées et de son pouvoir. Et peut-être même de son destin.
 
Bertrand Kiefer,
Rédacteur en chef de la «Revue médicale suisse»

03/07/2016

Déraisonnements

Pahud.jpgL’observation du bavardage public soulève régulièrement le cœur. Dernier exemple en date: la tuerie homophobe d’Orlando.
 
J’ai trouvé résumée dans une interview de l’historien des idées Marc Angenot la tâche première de mon métier d’analyste des discours: «Observer le monde, voir comment s’échangent des raisons, des raisons bonnes ou moins bonnes, leurs mécanismes et leur combinatoire» (revue Mots. Les langages du politique, No 110, mars 2016). J’ajouterai qu’il s’agit de faire circuler dans l’espace public autant nos analyses que les outils qui les nourrissent.
 
J’ai trouvé résumé dans le même entretien l’élément qui, selon moi, rend aujourd’hui primordiale l’adoption de cette tâche par chacun d’entre nous: «A côté de ses gros dispositifs qu’étaient les idéologies et qui aujourd’hui ne s’expriment plus qu’aux extrêmes, on trouve un «marais» considérable, dans lequel la sphère publique fonctionne à la doxa.» La «doxa», c’est le «bavardage public», un magma de lieux communs assénés comme autant d’évidences, soustraites à tout dialogue et à toute exigence argumentative.
 
Il se trouve que l’observation de ce «bavardage public» me soulève de plus en plus régulièrement le cœur. Je ne prendrai qu’un exemple. Depuis la tuerie d’Orlando, pseudo-indignation gay friendly et fiel homophobe débordent sur les réseaux sociaux pour le plus grand malheur de l’intelligibilité de ce qui se joue en termes humains.
 
La réception d’une courte intervention de Tariq Ramadan – diffusée en décembre 2015 sur le portail d’information marocain Hespress-Official, mais venant de réémerger dans des échanges Facebook –, illustre les ravages d’une forme de «prostitution» de la langue, mise au seul service des dogmatismes et narcissismes. Je transcris un extrait de l’intervention: «Il faut qu’on soit extrêmement clair là-dessus. … Dans tout l’Occident … il y a une volonté de normaliser l’homosexualité et l’enseignement du fait que c’est un comportement normal. … Il faut écouter ce que disent vos enfants et il faut prévenir, accompagner. De les protéger en leur disant «faut pas que t’entendes ça», franchement, ça va pas marcher. Si vous pensez aujourd’hui, tout ce qu’il y a sur Internet, tout ça vient aux enfants. Comment est-ce qu’on est armé, intellectuellement et psychologiquement? Quand on sait, et qu’on a été éduqué à résister! Mais quand on nous tient dans l’ignorance, dès que ça vient, ça rentre, ça reste et puis ça commence à cultiver le mal.»
 
L’analyse de la salve demande peu d’outils: en plus de la réduire au pronom «ça» – et d’en faire, par le biais de ce pronom déclassant, une chose «innommable» – Ramadan associe explicitement l’homosexualité – désormais «normalisée», et à laquelle il faut «résister» – à une source du «mal». Il s’est néanmoins trouvé plus d’un internaute pour s’offusquer devant un faux procès d’homophobie, louer l’ouverture de Ramadan – confondant au passage, dans une indéfinition crasse, cette voix singulière et «la» religion musulmane –, et alimenter des joutes idéologiques haineuses. Au point que les propos du prédicateur – et leur violence! – ont fini par disparaître des discussions.
 
Je reviens aux observations d’Angenot: «Quiconque travaille en rhétorique se rend compte très rapidement que la majeure partie des argumentations porte non pas sur le monde mais sur la crédibilité d’une source qui parle du monde»; par ailleurs, «l’Internet fonctionne presque entièrement sur l’intimidation». Comme Angenot, je me place «face au monde empirique, pour regarder ce qui se dit effectivement, et surtout pas pour être normative». Mais comme Angenot encore, j’accepte «la contradiction qui est au cœur de mon travail»: je plaide le retour à un usage responsable de la langue, et j’exprime ma tristesse devant l’insoutenabilité des déraisonnements
de la doxa.
 
Stéphanie Pahud, Linguiste

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