14/08/2016 10:09 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : matin, dimanche, cercle

Pour la croissance, supprimons des lois et des règlements!

rime.jpgLe Conseil fédéral vient d’avoir une mauvaise idée à propos de la taxation de vos déplacements. En même temps, il estime que son rapport sur la nouvelle politique de croissance 2016-2019 suffira. A Berne, on croit toujours qu’on a fait avancer les choses quand un rapport a été commandé et qu’il arrive des années plus tard.

On croit rêver! A chaque fois que Berne veut améliorer la situation des PME, cela se traduit par une hausse des coûts de la réglementation. Les dégâts provoqués par l’adaptation aux nouvelles lois et ordonnances se comptent par milliards. Cela fait six ans que nous recommandons de réduire ces factures. Notre démarche a été validée par le Parlement, suite aux interventions du conseiller aux Etats Jean-René Fournier. Le Conseil fédéral a lui-même établi une liste de mesures. Et puis… plus rien.

Pourquoi ne fait-on rien? Au Parlement, les lois sont votées à la chaîne. Le rythme est infernal, personne n’a le temps de penser ou de calculer les coûts supplémentaires exorbitants.

C’est comme une pièce fermée dans laquelle on ferait entrer toujours plus de gens. Nos PME risquent l’asphyxie collective. Les charges s’accumulent, étouffent toute initiative entrepreneuriale! Toute nouvelle loi devrait aller de pair avec la suppression d’une à deux lois et réglementations obsolètes ou inutiles.

Le rapport sur la croissance du Conseil fédéral est plein de contradictions! Vouloir relancer l’économie par une réglementation adaptée, c’est jeter l’idée d’une économie capable de s’adapter aux cycles économiques. Pour avoir de la croissance, il faut prendre des risques. Et pour prendre des risques, il faudrait encore avoir une marge de manœuvre. Il faut le dire, nous ne l’avons plus!

Dans ce pays, l’Etat prend une place qui n'est pas la sienne. Peut-être souhaite-t-il juste nous donner un coup de main quand la conjoncture va mal? Mais, vu sa lenteur, les effets se déploieront bien trop tard. Berne manque de vision sur le terrain. Son dirigisme en matière énergétique le montre bien.

Autre absurdité, cette idée qu’une économie ne peut pas simultanément être durable et orientée sur la croissance. C’est archifaux! L’économie suisse est la plus verte du monde. Cela n’est pas dû aux réglementations absurdes, mais aux entrepreneurs qui ont investi dans l’appareil de production.
Apparemment, certains parmi les «sept Sages» seraient prêts à nous aider, mais il faudrait que nos propositions ne concernent qu’un seul département. Le leur. Dès que deux administrations différentes sont concernées, c’est mission impossible! Je me souviens d’une après-midi entière passée à discuter de la largeur des escaliers de secours quand on a des ateliers en sous-sol. Il y avait dix centimètres d’écart entre la norme du Département de l’économie et celle de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie. A la fin, il a fallu l’intervention du conseiller fédéral Schneider-Ammann pour imposer une seule norme. Le problème, c’est que la multiplication des normes engendre une démultiplication des organes de surveillance et des contrôles.

Pour permettre aux PME de survivre, merci de commencer par écouter ce dont elles ont besoin. L’Etat est efficace quand il supprime des réglementations et libéralise le marché.

Jean-François Rime, conseiller national UDC/FR

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