11/12/2016 10:25 | Lien permanent | Commentaires (0)

Les nombreux défis des hôpitaux universitaires

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145_234_76_22.jpgL’Association des hôpitaux de Suisse H + a publié récemment son très intéressant baromètre annuel des hôpitaux et cliniques. On y découvre, notamment, qu’en 2016, trois Suisses sur quatre restent attachés au libre choix de l’hôpital (comme du médecin d’ailleurs). Conscients qu’un réseau trop dense entraîne des coûts élevés, les citoyens plébiscitent la centralisation des prestations hautement spécialisées.
Dans les cantons universitaires, ce sont les hôpitaux du même nom qui jouent ce rôle central et prennent en charge les cas les plus complexes, les plus urgents et les plus divers. Cela est possible grâce à la diversité qui fait la richesse d’un hôpital universitaire. Par exemple, des professeurs de renom y coachent des médecins internes qui débutent leur carrière. La technologie de pointe la plus performante côtoie les consultations de médecine générale. Ou encore, l’infiniment petit des recherches sur la médecine personnalisée prend place aux côtés du gigantisme de milliers de repas servis chaque jour ou de tonnes de draps nettoyés.
 
Sans ces contrastes, sans ces confrontations de points de vue, sans ces mélanges entre expérience et audace, entre technologie et soins de base ou entre recherche fondamentale et pratique clinique, les hôpitaux universitaires ne parviendraient pas à rester au top. C’est une chance pour la Suisse de disposer de ces cinq leaders qui ouvrent la voie du progrès en santé. En effet, il n’y a qu’eux qui puissent se maintenir en permanence au faîte de la recherche, de la pratique médicale et des équipements technologiques. Ils sont les interlocuteurs santé privilégiés des autorités et des autres centres académiques tels que l’EPFL ou Campus biotech. L’étude de H + souligne d’ailleurs que la population accepte le coût que cela représente et même qu’elle redoute que la pression budgétaire n’ait un impact trop négatif sur la qualité des prestations.
 
En contrepartie des deniers publics qu’ils touchent, les hôpitaux universitaires s’engagent contractuellement à fournir des prestations. Par exemple, ils se doivent de rester le lieu de prise en charge des cas les plus urgents comme des plus graves et d’offrir une palette de prestations d’excellence pour tous les stades de la vie. Ils se préposent aussi à rester constamment à la pointe du progrès, à lancer des recherches innovantes, à tester des méthodes nouvelles et à surprendre par des projets inattendus, qui porteront des résultats demain. Enfin, ils s’investissent dans la mission de former des soignants et médecins qui, demain, s’installeront dans le privé, en clinique, en EMS ou resteront dans le secteur public.
Dans ce cadre, un des défis que relèvent les hôpitaux universitaires est de créer des conditions de travail en équipe stimulantes, propres à motiver les plus expérimentés d’y poursuivre leurs activités. Attirer les meilleurs talents dans tous les métiers est un défi de chaque instant.
 
En plus, les hôpitaux universitaires doivent aussi créer un tissu relationnel et humain de qualité. Ainsi, à Genève, nous menons une réflexion importante pour augmenter le temps que les soignants passent aux côtés des patients, ce qui implique notamment de rationaliser les tâches administratives.
Tous les hôpitaux universitaires, et leurs cantons respectifs, consentent aussi d’importants investissements pour améliorer la prise en charge des patients. Ainsi, les chambres à trois lits ou davantage feront bientôt partie du passé et des divisions privées de haut standard se développent.
 
Lorsqu’ils réussissent ce subtil cocktail entre soins, recherche et confort, les hôpitaux universitaires atteignent ce qui figure, dans l’étude de H +, comme le critère de choix No 1 d’un établissement hospitalier: la qualité.
 
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