05/03/2017 10:08 | Lien permanent | Commentaires (2)

Pourquoi il faut venir en aide à la presse écrite

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Cela signifie que les informations vérifiées, les analyses approfondies, les mises en perspective et les confrontations d’idées qu’elle propose enrichissent le débat public et déploient des effets positifs, bien au-delà du cercle restreint des lecteurs réguliers (et donc disposés à payer). Ces effets positifs augmentent, plutôt qu’ils ne diminuent, avec la mise à disposition gratuite sur le Net d’une information pléthorique, non vérifiée et non filtrée.
 
La deuxième raison est que la production d’un journal est soumise à des rendements croissants, son coût de production étant quasi indépendant du volume de sa distribution.
 
Cette deuxième caractéristique, en elle-même, signifie qu’il peut être très difficile de produire un journal avec un contenu suffisant lorsque le cercle des lecteurs potentiels est trop restreint. Elle concerne évidemment la Suisse romande.
 
La première caractéristique, quant à elle, implique que la viabilité économique d’un bon journal est de toute façon précaire. «Comment financer un bien public en économie de marché?» est une question qui a préoccupé les économistes depuis toujours, sans qu’ils aient trouvé de baguette magique.
 
Dans le cas de la presse, cette problématique a été longtemps occultée par le fait qu’un journal avec un lectorat suffisant était un bon véhicule pour la publicité commerciale. Et, jusqu’à récemment, la presse dépendait effectivement des rentrées publicitaires pour près des deux tiers de son financement.
 
Mais c’était là une constellation chanceuse, un accident de l’histoire. Aujourd’hui que la publicité se tourne de manière prédominante et irréversible vers d’autres supports, la question du financement du bien public devient aiguë. Je ne crois pas qu’une solution de marché soit en vue, à l’échelle de la Suisse romande et dans les structures actuelles. Il faudra vraisemblablement une intervention publique, ou en tout cas une action collective, pour empêcher la disparition de notre presse.
 
La première question est celle des structures. S’il y a financement public ou collectif, cela ne peut être au bénéfice d’éditeurs privés. Il faut donc trouver le moyen de redonner une indépendance institutionnelle à nos organes de presse. La pression du politique sera indispensable pour y arriver.
 
Une nouvelle gouvernance est d’autant plus nécessaire qu’une des voies nouvelles, esquissées par les grands titres de presse internationaux, consistent à s’appuyer sur leur marque pour développer des activités annexes rentables. Cette voie n’a de sens que si ces activités annexes sont effectivement utilisées pour financer le bien public, ce qui ne peut être garanti (et ne semble pas être le cas aujourd’hui) lorsque des éditeurs s’approprient les bénéfices de ces activités.
 
Il faudra ensuite voir de quelle manière la collectivité peut le mieux soutenir la création de contenu – qui est le bien public essentiel – tout en encourageant la qualité, en préservant la diversité et en restant ouvert à l’innovation.
 
C’est là une question difficile, à laquelle il faut s’atteler d’urgence, mais qui demande, au préalable, de se mettre d’accord sur la nécessité même d’un soutien public à la presse écrite.
 
Jean-Pierre Danthine,
Professeur honoraire à l’UNIL et président de l’École d’économie de Paris

 

Commentaires

Bonjour,

Je crois que M. Danthine zappe la question de base avant d'en venir à celle qu'il pose. La question de base étant la suivante et y répondre
rend peut-être la sienne inutile:

Doit-on aider la presse écrite ?

Etant abonné au matin semaine, force est de constaté que si la presse écrite est en difficulté elle l'aura bien chercher. En effet, que voit-on dans ce quotidien ?
Que Georges Cloney attend des jumeaux et cela de manière quotidienne, que Loana boit, que tartempion s'est pincé le doigt dans une porte, que les chats sont
plus beaux et plus gentils que les chiens et que les chiens sont plus fidèles, etc, etc, etc… En plus il y a tellement d'îmages que les textes sont noyés et cela ne
donne même plus envie de les lire. Ce n'est plus des journaux d'informations (Cloney, Loana, les chats et les chiens ne sont pas de l'information) mais c'est devenu
des albums photos qui ressemblent de plus en plus à des BD mais sans les bulles. Chercherait-on a abrutir et abêtir le lecteur que l'on s'y prendrait pas mieux.

On lit dans l'article que dans la presse écrite les informations sont vérifiées…. un peu facile lorsque l'on voit les sujets traités. On lit qu'il font l'objet d'une analyse
approfondie…. un peu facile en reprenant les potins des réseaux dit sociaux et pour rapporter des sujets niveau vie privée des gens connus ou sur la vie des animaux.

Aider une presse telle que celle-là, qui devient de plus en plus la norme, non merci. Déjà que les journaux télévisés n'intéressent bientôt plus personnes car cela ne
parle plus que des conditions atmosphérique mais que les sujets principaux et ce pour quoi l'on paie n'est tout simplement pas énoncés (la TSR devenant de plus en plus
une copie de M6), suivre le même chemin avec la presse écrite qui n'informe plus non plus non merci.

D'ailleurs si la presse écrite devait passer par un soutien public cela deviendrait une presse d'Etat et cela signifierait que la presse écrite accepterait de devenir le porte
parole de l'Etat pour survivre. Etat qui pourrait se transformer en dictateur de l'information… à choisir….

Que la presse retourne à ce pour quoi elle est faite: un organe d'information dont le rôle est d'informer des événement politiques, économiques, d'investigations, internationaux,
nationaux et régionaux. Et ceci en s'abstenant de donner son avis sur les sujets car nous sommes suffisamment adulte et n'avons pas besoin des journalistes pour se faire une
opinion selon nos sensibilités. On ne demande pas à la presse d'être de gauche ou de droite mais d'informer purement et simplement avec sobriété.

Son sauvetage est peut être là et comme toute entreprise privée, par ses propres moyens et non avec les deniers publics. Sauve t'on les entreprises privées avec l'argent du peuple
lorsque celles-ci font naufrage et que des milliers d'emploi en découlent? Non, mis à part lorsqu'il s'agit des copains banquiers naturellement.

Pourquoi la presse écrite devrait bénéficier d'un régime de faveur ? Parce qu'elle à les moyens de le propager ? Pour faire ce qu'elle fait actuellement dans son contenu ?
On a franchement pas besoin de cela.

La réponse à la question initiale est donc (à mon avis) "Non"! Et celle posée dans votre journal de ce jour devient donc inutile et sans fondement !

Si la presse écrite est de qualité elle se vendra d'elle même. Par contre, dans le cas contraire, une sérieuse remise en question s'impose avant de venir pleurnicher sur son sort.


Cordiales salutations.

Écrit par : Honsberger Jean-Paul | 05/03/2017

Bonjour,

Je crois que M. Danthine zappe la question de base avant d'en venir à celle qu'il pose. La question de base étant la suivante et y répondre
rend peut-être la sienne inutile:

Doit-on aider la presse écrite ?

Etant abonné au matin semaine, force est de constaté que si la presse écrite est en difficulté elle l'aura bien chercher. En effet, que voit-on dans ce quotidien ?
Que Georges Cloney attend des jumeaux et cela de manière quotidienne, que Loana boit, que tartempion s'est pincé le doigt dans une porte, que les chats sont
plus beaux et plus gentils que les chiens et que les chiens sont plus fidèles, etc, etc, etc… En plus il y a tellement d'îmages que les textes sont noyés et cela ne
donne même plus envie de les lire. Ce n'est plus des journaux d'informations (Cloney, Loana, les chats et les chiens ne sont pas de l'information) mais c'est devenu
des albums photos qui ressemblent de plus en plus à des BD mais sans les bulles. Chercherait-on a abrutir et abêtir le lecteur que l'on s'y prendrait pas mieux.

On lit dans l'article que dans la presse écrite les informations sont vérifiées…. un peu facile lorsque l'on voit les sujets traités. On lit qu'il font l'objet d'une analyse
approfondie…. un peu facile en reprenant les potins des réseaux dit sociaux et pour rapporter des sujets niveau vie privée des gens connus ou sur la vie des animaux.

Aider une presse telle que celle-là, qui devient de plus en plus la norme, non merci. Déjà que les journaux télévisés n'intéressent bientôt plus personnes car cela ne
parle plus que des conditions atmosphérique mais que les sujets principaux et ce pour quoi l'on paie n'est tout simplement pas énoncés (la TSR devenant de plus en plus
une copie de M6), suivre le même chemin avec la presse écrite qui n'informe plus non plus non merci.

D'ailleurs si la presse écrite devait passer par un soutien public cela deviendrait une presse d'Etat et cela signifierait que la presse écrite accepterait de devenir le porte
parole de l'Etat pour survivre. Etat qui pourrait se transformer en dictateur de l'information… à choisir….

Que la presse retourne à ce pour quoi elle est faite: un organe d'information dont le rôle est d'informer des événement politiques, économiques, d'investigations, internationaux,
nationaux et régionaux. Et ceci en s'abstenant de donner son avis sur les sujets car nous sommes suffisamment adulte et n'avons pas besoin des journalistes pour se faire une
opinion selon nos sensibilités. On ne demande pas à la presse d'être de gauche ou de droite mais d'informer purement et simplement avec sobriété.

Son sauvetage est peut être là et comme toute entreprise privée, par ses propres moyens et non avec les deniers publics. Sauve t'on les entreprises privées avec l'argent du peuple
lorsque celles-ci font naufrage et que des milliers d'emploi en découlent? Non, mis à part lorsqu'il s'agit des copains banquiers naturellement.

Pourquoi la presse écrite devrait bénéficier d'un régime de faveur ? Parce qu'elle à les moyens de le propager ? Pour faire ce qu'elle fait actuellement dans son contenu ?
On a franchement pas besoin de cela.

La réponse à la question initiale est donc (à mon avis) "Non"! Et celle posée dans votre journal de ce jour devient donc inutile et sans fondement !

Si la presse écrite est de qualité elle se vendra d'elle même. Par contre, dans le cas contraire, une sérieuse remise en question s'impose avant de venir pleurnicher sur son sort.


Cordiales salutations.

Écrit par : Honsberger Jean-Paul | 06/03/2017

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