11/06/2017 10:05 | Lien permanent | Commentaires (0)

La réforme Prévoyance vieillesse 2020 est injuste

2017-06-11_100154.jpgConnaissez-vous, dans votre entourage, une jeune personne venant d’entrer dans la vie professionnelle? Pouvez-vous indiquer le nom d’une personne touchant déjà une rente AVS? Et connaissez-vous une personne tributaire de prestations complémentaires pour pouvoir subvenir à ses propres besoins? Dans l’affirmative, vous connaissez plusieurs des futurs perdants de la réforme Prévoyance vieillesse 2020 sur laquelle nous voterons le 24 septembre 2017. Pour eux, la réforme est injuste.

 

La réforme menace la prévoyance vieillesse

Une personne qui prend aujourd’hui sa retraite est en général bien assurée. Ce ne sera plus le cas à l’avenir. La longévité moyenne est actuellement de 11 ans de plus qu’en 1948, année de création de l’AVS, où l’on comptait une personne rentière pour 6,5 cotisants, contre 3,4 aujourd’hui. La situation s’aggravera encore lorsque les volées du baby-boom arriveront à l’âge de la retraite. Un jeune actif qui paie actuellement ses cotisations mensuelles à l’AVS ne peut plus être certain qu’il bénéficiera lui-même d’une rente vieillesse.

Injuste pour les jeunes: un chèque en blanc de plusieurs milliards

Nous devons réagir et procéder à un véritable assainissement pour que les jeunes puissent compter sur une rente dans leurs vieux jours. Au lieu de quoi nous allons voter sur une pseudo-réforme dont le but est une extension massive de l’AVS. Selon le principe de l’arrosoir, les nouveaux rentiers – même millionnaires – recevront 70 francs de plus par mois de l’AVS. À lui seul, ce supplément coûtera 3 milliards de francs par an, augmentant d’autant le déficit annuel de l’AVS jusqu’en 2030. La réforme Prévoyance vieillesse 2020 revient à résilier le contrat intergénérationnel. Nous accablons de surcoûts les jeunes actifs alors même qu’ils n’ont plus aucune garantie de rente vieillesse.

Injuste pour les rentiers: une AVS à deux vitesses

La réforme prévoit 70 francs de plus pour les nouveaux rentiers. Mais les personnes déjà pensionnées n’en tireront aucun profit. D’où une AVS à deux vitesses. Deux personnes ayant cotisé autant l’une que l’autre à l’AVS durant leur vie active bénéficieront de rentes inégales, ce qui est contraire au principe de solidarité fondant l’AVS. Plus injuste encore: les rentiers actuels seront tout bonnement invités à passer à la caisse. Pour financer la coûteuse extension de l’AVS, la TVA sera relevée à court terme de 0,3%; et il faut s’attendre à une nouvelle hausse d’un pour-cent de TVA dès 2025. Sur chaque café, achat et billet de chemin de fer, les rentiers financeront ainsi un développement injuste de l’AVS, sans en profiter.

Injuste pour les personnes vraiment dans le besoin

Les personnes tributaires de prestations complémentaires seront doublement pénalisées. Pour elles, toute hausse de la TVA fait renchérir les biens de consommation courante. Or elles n’auront pas un centime de ces 70 francs, car les prestations complémentaires qu’elles reçoivent seront réduites du même montant. Mais elles devront payer plus d’impôts. Et comme, sur le papier, elles seront censées bénéficier de rentes plus élevées, elles risqueront de perdre leur droit à certains avantages sociaux, comme l’exemption de l’impôt médiatique pour la SSR. Ainsi, quiconque est tributaire de l’AVS sera même pénalisé par la réforme.

Pour garantir durablement notre prévoyance vieillesse et des rentes pour tous, une véritable réforme est indispensable. La réforme Prévoyance vieillesse 2020 est injuste et ne fait pratiquement que des perdants. Un non dans l’urne ouvrira la voie à d’autres solutions plus simples et plus justes.

Jean-François Rime, Président de l’USAM

 

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