18/06/2017 09:26 | Lien permanent | Commentaires (0)

Macron le jeune

Ver_1_of_FAVRE_Pierre_Marcel.jpgNous voulons le bien de la France! Nous souhaitons donc que le nouveau président réussisse. Sa fabuleuse majorité lui sera bien utile. L’enthousiasme et la volonté, doublés d’une communication redoutable, aideront notre héros. Mais la tâche sera rude, tant l’héritage est lourd. La dette étatique du pays atteint aujourd’hui les 2147 milliards d’euros (870 milliards en 2000 et 1631 milliards en 2010…). Le patron de la CGT, Philippe Martinez, ne va pas facilement raser sa moustache stalinienne. Bousculer les innombrables niches fiscales ne sera pas facile. Passer d’un chômage autour de 9,3% pour atteindre, non pas celui de la Suisse (3,3%), mais celui des Allemands (5,9%), prendrait des années. Arrêter les opérations militaires africaines, ruineuses, cela va être bien difficile. Etc.
 
Mais en tout cas, il est un reproche que nous ne devons pas faire au chef de l’État: son jeune âge, son inexpérience. D’une part, cela peut être un atout de porter un regard neuf, de ne pas faire constamment référence au passé, mais bien d’inventer l’avenir. Entre autres, grâce à sa génération, il maîtrise parfaitement l’anglais, un avantage indéniable pour les négociations internationales. Il a aussi conscience et connaissance des changements considérables qu’apportent les nouvelles technologies. Il n’est pas encombré par la rigidité des partis historiques, sclérosés. Il finira certainement deux quinquennats en bon état de santé, contrairement à Pompidou et Mitterrand. Il devient un exemple pour la jeunesse, en démontrant que tout est possible, par sa prise du pouvoir éclair. Bref, il n’y a que des avantages pour l’Hexagone à se retrouver emmené par un jeune président.
 
Pierre Corneille avait raison: «Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.» Alexandre le Grand est régent de Macédoine à 16 ans, Cléopâtre accède au trône d’Egypte à 18 ans, Tamerlan, l’immense empereur turco-mogol, est proclamé souverain à 33 ans, Napoléon Ier a 34 ans lors de son premier consulat. Auguste est empereur romain à 35 ans, ou encore Napoléon III devient, à 40 ans, le plus jeune président français.
 
Pour un passé plus récent, Taavi Rõivas accède à la fonction de premier ministre estonien à 35 ans. Felipe González est parvenu à la tête de l’Espagne à 40 ans. En Angleterre, Tony Blair est élu premier ministre à 43 ans, suivi par son successeur, David Cameron, prenant le poste au même âge. Aux États-Unis, Theodore Roosevelt devient président à 42 ans puis John F. Kennedy à 43 ans. Ose-t-on citer Mouammar Kadhafi, qui prit le pouvoir à 27 ans? Et Matteo Renzi, chef du gouvernement italien, à 39 ans. N’oublions pas non plus Benazir Bhutto, première ministre du Pakistan à 35 ans!
Quant aux leaders actuels, on trouve Vanessa D’Ambrosio, devenue capitaine-régente de Saint-Marin à 29 ans, le très contesté Viktor Orban, arrivé au pouvoir de la Hongrie à 35 ans, Justin Trudeau, premier ministre canadien à 43 ans, Alexis Tsipras, en fonction dès l’âge de 40 ans. Et ne parlons pas non plus du fameux Kim Jong-un, jeune dictateur fou de Pyongyang, grand leader à 28 ans.
 
Certes, le président Macron n’a pas pour vocation de créer un empire. Mais sa tâche, comme celle de plusieurs personnalités historiques citées, est bien de gérer une situation délicate et exceptionnelle. De conquérir les cœurs et les têtes afin de permettre à notre grand voisin de retrouver un équilibre qui, immanquablement, doit passer par des réformes, inévitablement douloureuses…

Pierre-Marcel Favre, éditeur

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