29/10/2017 09:32 | Lien permanent | Commentaires (1)

Il faut sauver les médias romands!

meuf.JPGDerrière un argument attrayant – ne plus payer de redevance – l’initiative populaire «No Billag» fait courir un grand danger à la pluralité des médias, au débat public et au système de démocratie directe de notre pays. Il faut lui dire non sans hésitation, pour sauver les médias audiovisuels romands d’une disparition certaine le soir du 31 décembre 2018 en cas d’acceptation.
 
Dans leur grande majorité, les Romands apprécient les prestations fournies par la RTS et par les radios et TV régionales. Selon l’étude Publicom Mediabrands 2016, six des dix médias romands les plus crédibles appartiennent à la catégorie audiovisuelle, tandis que les six premières places des médias bénéficiant de la meilleure notoriété sont des chaînes de radio et de TV. Elles sont estimées pour leurs programmes, leur qualité, leurs réponses aux attentes du public et leur participation au débat public permettant aux citoyennes et citoyens de se faire démocratiquement leur opinion.
 
L’initiative populaire «No Billag», si elle est acceptée, va tout simplement entraîner la mort de ces médias. Il faut savoir qu’au-delà de la RTS et de ses six chaînes de radio et de télévision, pas moins de 13 programmes diffusés par les médias régionaux romands sont aussi soutenus par la redevance, car ils émettent dans des régions et cantons économiquement faibles (la redevance atteint 30 à 70% de leur budget). La situation est identique au Tessin et dans les Grisons. Sans la redevance, les médias audiovisuels des minorités linguistiques vont disparaître. Un tiers des 37 médias soutenus par la redevance sont romands, trois sont tessinois et deux sont romanches. L’initiative populaire «No Billag» constitue une grave menace contre les médias audiovisuels, et ce dans une période particulièrement difficile, puisque la presse ne se porte pas bien.
 
L’acceptation de cette initiative populaire aurait aussi des conséquences graves sur la pluralité de l’information dans toute la Suisse romande. Les radios et les TV assument en effet une grande responsabilité dans la formation de l’opinion publique nécessaire à notre système de démocratie directe. Les médias audiovisuels, en particulier les radios régionales, endossent aussi une responsabilité indispensable d’information et d’alarme en cas de catastrophe ou de problèmes majeurs.
 
Cette initiative populaire ne s’intitule pas «No Billag» par hasard. Personne ne reçoit avec plaisir la facture de la redevance audiovisuelle. Mais, avant de remplir son bulletin de vote, il faudra faire ses comptes. Les abonnements aux TV payantes, aux diffusions sportives et aux films coûtent plus cher que la redevance, qui baissera de 451 francs à 365 francs par an dès le 1er janvier 2019. Le libéralisme à outrance, qui consiste à dire «je ne paie que pour ce je vois et/ou entends», conduit directement à une inégalité flagrante: seuls les plus aisés pourront se payer très cher les images livrées actuellement pour quelques centaines de francs à tout le monde.
Pour sauvegarder une large offre dans toutes les régions linguistiques et empêcher qu’à l’avenir nous ne soyons informés que par les grands réseaux ou par les radios et télévisions étrangères, il faut clairement rejeter cette initiative populaire.
 
Médias audiovisuels romands bénéficiant de la redevance et menacés par l’initiative populaire «No Billag»: RTS 1, RTS 2, La Première, Espace 2, Couleur 3, Option Musique, Rhône FM, Radio Chablais, Radio Fribourg, Canal 3, Radio Fréquence Jura (RFJ), Radio Jura bernois (RJB), Radio Télévision Neuchâtel (RTN), Radio Cité, Léman Bleu, La Télé, Canal Alpha, Canal 9, TeleBielingue.
 
Anne Seydoux-Christe
conseillère aux États (PDC/JU)
 
 

Commentaires

Pourquoi vouloir toujours multiplier les médias, il y a 20 ou 30 ans il y en avait beaucoup moins et pourtant cela allait aussi. Même chose pour des autres secteurs, pensez au société d'électricité qui ont fait flores, au nombre d'assurance maladie et à tant d'autres association, fondation qui se sont crées et qui ont apportés des avantages à quelques privilégiés.

Écrit par : Borloz | 29/10/2017

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