14/01/2018 10:12 | Lien permanent | Commentaires (0)

Mixité

002B531D_5E3BE4109D0031268A59941AD474C920.jpgJe suis résolument pour la diversité, la richesse des mélanges, les échanges, la mixité. Petit mais: on nous dit et écrit que nous sommes dans un monde pluriel, une planète métissée. Qu’en est-il en fait?

La réalité est très différente. Sur le très long terme, l’être humain a été construit par divers apports. On a même observé 1 à 3% de traces de Néandertaliens chez les Homo sapiens qui constituent notre espèce. En Europe, mais pas en Afrique, ils se sont rencontrés il y a tout simplement 55 000 ans. Les études de l’Institut Max Planck de Leipzig sont très claires. Et les brassages de populations, donc de gênes, ont été un peu partout très nombreux. Mais aujourd’hui? On voit bien qu’en dehors d’une partie de l’Europe du Sud et du Brésil, les peuples ne se mélangent pas ou très peu.

Les rues colorées que nous observons en Suisse en particulier, et partiellement chez nos voisins du Sud, c’est l’exception. Un petit tour du monde le montre facilement.

Commençons par la Chine, 1,4 milliard d’habitants. Ils ne se mélangent pas. Même pas entre les deux ethnies principales, les Han et les Zhuang. Évidemment, encore moins avec les Tibétains ou les importantes populations musulmanes du nord de la Chine.

Qu’en est-il des Indiens? Le système des castes, qui subsiste dans les faits, est plus que parlant. Et globalement il n’y a guère d’échanges entre le 1,3 milliard d’Indiens peuplant les régions fort différentes du sous-continent.

Bien sûr, il en est de même pour les Pakistanais voisins qui sont presque 200 millions. Ce pays abrite des dizaines d’ethnies, souvent ennemies, les Panjabi, les Sindhi, les Pachtounes, les Ourdous, etc.

De son côté, la population japonaise diminue. Les Nippons se veulent un peuple «pur». Ils mettent les étrangers à l’écart, même les Coréens. Il n’est pas exagéré de dire que si leur culture est remarquable, ils ne sont pas loin d’être racistes.

Qu’en est-il des États-Unis? Le cinéma, les séries TV, l’élection d’Obama donnent l’illusion d’une mixité, qui ne se retrouve pas dans les faits. Le pays est clairement communautaire, avec même de véritables ghettos, des quartiers dans un état généralement lamentable.

Parmi les Européens colonisateurs, les Britanniques ont toujours été très réservés avec les «indigènes» de leurs innombrables conquêtes d’Afrique ou d’Asie. Les Français moins. Les Espagnols se sont approchés des Indiennes d’Amérique du Sud et du Mexique. Mais seuls les Portugais en Angola, au Mozambique et surtout au Brésil se sont fortement mélangés. En Europe, les pays de l’Est ont tendance à rejeter les étrangers quels qu’ils soient. Les Hongrois, les Polonais, les Russes sont peu ouverts aux autres. Quant aux Africains du Nord, s’ils se mélangent un petit peu, ce sera principalement en Europe. Mais ils se retrouvent eux aussi dans des quartiers presque homogènes, en France, en Belgique, en Espagne. Depuis longtemps, l’histoire fait que l’Allemagne a accueilli plusieurs millions de Turcs. Y a-t-il eu un grand brassage avec les Allemands? Absolument pas.

Prenons encore l’Afrique du Sud. Elle a vécu cinquante-trois années de strict apartheid. Quand il a été enfin aboli, que s’est-il passé? Les communautés se sont-elles rapprochées? Pas du tout ou de manière totalement marginale.

Par contre, nombreux sont les Européens de l’Ouest à rencontrer leurs futures épouses en voyage. Ils en reviennent souvent avec de magnifiques Sud-Américaines, Thaïlandaises ou Africaines!

La conclusion est toute simple. Il n’y a pas de large et profond métissage en cours dans le monde. Même en Europe la pratique est visible dans les villes, les arrière-pays étant peu colorés. Un exemple au hasard, la Bretagne.

Le monde Benetton, c’est essentiellement de la photographie pour affiches et magazines. Notre globe compte bientôt 8 milliards d’individus, le métissage doit toucher quelques pour-cent de la planète. On peut le regretter vivement: les couples concernés donnent généralement de magnifiques rejetons.

Pierre-Marcel Favre, Éditeur

Les commentaires sont fermés.