27/05/2018 10:46 | Lien permanent | Commentaires (1)

Biodiversité: deux mondes à concilier

ds.jpgÀ l’instar de la transition énergétique, la biodiversité est une opportunité pour l’économie.

«La biodiversité est au cœur de la vie», comme l’a dit Joseph Deiss alors président de l’Assemblée générale de l’ONU. C’est vrai. Mais il est parfois difficile de prendre conscience de son importance et surtout des risques posés
par son inquiétante érosion. Nous nous nourrissons pourtant de plantes et d’animaux. L’eau de pluie devient potable grâce à la filtration à travers les sols. Et l’oxygène que nous respirons provient de la photosynthèse des algues et des plantes vertes. La nature est à la source de notre existence.

La biodiversité constitue aussi un lien social en contribuant à la qualité de vie des Suisses. Eux qui ont à cœur de préserver nos paysages. La biodiversité est non seulement un des maillons essentiels à notre survie mais aussi à notre culture, à notre identité et à notre bien-être.

À l’instar de la transition énergétique, la biodiversité est surtout une opportunité pour l’économie. Nous devons réfléchir comment concilier ces deux mondes. Dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’Organisation internationale du travail (OIT) a calculé que l’objectif fixé par l’Accord de Paris permettrait la création de 18 millions d’emplois au niveau mondial. La biodiversité peut elle aussi créer de la richesse. Une récente étude indiquait que les secteurs dépendant de la biodiversité génèrent en France plus de 1,5 million d’emplois et 275 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Les entreprises doivent prendre conscience des avantages de la biodiversité et développer de nouveaux modèles économiques plus respectueux des écosystèmes. Il faut envisager par exemple des partenariats privés-publics. Les liens avec le monde de la recherche doivent être renforcés afin de favoriser l’innovation et l’emploi. Nous devons tendre vers une économie engagée en faveur de la biodiversité afin d’enrayer son érosion.

Car la biodiversité est en danger. L’IPBES, un organisme supranational scientifique et politique, estime que la terre est confrontée à une extinction massive d’espèces, la première depuis la disparition de dinosaures. Pollution, changement climatique et déforestation constituent des dangers croissants pour la nature. Cette tendance alarmante menace des moyens de subsistance comme l’eau ou l’air, la sécurité alimentaire et certaines activités économiques.

La Suisse n’échappe pas à ce déclin inquiétant. Dans un récent rapport sur la biodiversité, le Conseil fédéral affirme que presque la moitié des milieux naturels étudiés et plus du tiers des espèces animales et végétales de notre pays sont menacés. Cette situation est la conséquence comme celle du réchauffement climatique des activités humaines.

Aujourd’hui, nous nous mobilisons contre le réchauffement climatique. Nous devons à présent tout entreprendre pour que la biodiversité figure parmi les préoccupations prioritaires des politiques et des milieux économiques. Ne pas agir, c’est mettre en péril l’avenir mais aussi les vies actuelles que nous menons.

La Confédération a prévu un plan d’action, dont la première phase s’étend de 2017 à 2023. Elle déboursera 80 millions par année. Le canton de Vaud prépare, lui, une stratégie coordonnée avec celle de la Confédération pour fin 2018. Elle prévoit notamment de protéger durablement les espèces, les milieux naturels et d’étendre les mesures en faveur de la biodiversité à tout le territoire. Un premier pas.

La biodiversité est l’affaire de tous. Chacun d’entre nous doit être un acteur engagé. C’est à ce prix que nous sauvegarderons la diversité de la vie sur terre.

Jacqueline de Quattro, Cheffe du Département du territoire et de l’environnement

Commentaires

Madame la conseillère d’état,

La lumière finit toujours par atteindre le cerveau.

Vous affirmez vous souciez de la biodiversité ? Fort bien, mais si vous parlez des emplois que créera « l’économie verte », je crois que cela ne va pas le faire.

L’éléphant, le lion et le tigre d’Europe, le pingouin géant, le mammouth laineux, le bœuf musqué. l’élan irlandais géant, le mastodonte, le tigre aux dents de sabre, les castors géants, le paresseux géant; le grand ours, le chameau, le cheval, le lion d’Amérique, l’éléphant nain et l’hippopotame pygmée de Chypre, l’oiseau éléphant, l’iguane géant, les troglodytes coureurs, les petits pètrels et le dodo, le loup de Tasmanie, les vaches de mer…

La liste et très longue et le sort de l’essentiel des grandes espèces qui peuplaient paisiblement cette planète depuis plusieurs millions d’années était déjà réglé avant la naissance du Christ.

Il y a même un nombre indéfini d’espèces qui a disparu ou va disparaitre dont nous ne connaitrons jamais l’existence.

Ces disparitions sont le fait de l’activité humaine.

Il se trouve que dans l’histoire de la vie sur terre, les scientifiques ont identifié 5 épisodes majeurs de disparitions des espèces, le dernier, semble-il a eut lieu il y a 60 millions d’années, provoquant la disparition des dinosaures laissant ainsi la place bien plus tard à de chétives créatures qui purent effectuer cette prédation pour survivre.

Les moyens actuels que procurent l’ère industrielle permet à l’humanité de pratiquer un gigantesque holocauste sur tout le vivant. L’équivalent d’un 6ème épisode. Le sapiens sapiensis plus fort qu’un astéroïde de 10 km percutant la terre à 20’000 km/heure !

On a tout ronger, on a tout raffler, on suce jusqu’à la moelle. Cela ne fait que quelques millénaires, pas beaucoup plus qu’un instant à l’échelle de l’âge de la vie sur terre, que les prophètes nous annoncent la fin. Aujourd’hui, l’hyper prédateur s’apprête pour le banquet final. Compte-t-il sur les cancrelats pour faire une civilisation durable ?

On se soucie beaucoup d’un tas de trucs que nous croyons importants, pendant ce temps un nombre incalculable d’êtres vivants souffrent et meurent courageusement sans faire trop de bruit.

Je crois que nous manquons de perspective. La vie sur terre est littéralement un miracle. Aussi loin que porte notre science, tout l’espace autour de cette petite boule bleue n’est que stérilité et la probabilité de notre vie est si infime que l’on peut se demander raisonnablement si elle a pu se produire ailleurs dans tout l’univers.

Combien vaut une hirondelle ?

Pourquoi un grillon habitant ce territoire depuis bien plus de générations qu’aucun de ceux qui l’appelle canton de Vaud ne peut-il se constituer en personnalité juridique et coller, vous, moi et nos semblables sur le banc des accusés prévenu d’écocide ?

On ne fera pas revenir ce qui est perdu. Il y a urgence à sauver ce qui peut être sauvé. Il n’y a pas de plus grandes priorités. Il n’en va pas seulement de notre avenir, mais aussi de notre responsabilité d’être pensant.

Les cautèles les plus sévères doivent être appliquées à l’économie qui tout en menant le monde ne s’est jamais montré capable de s’auto réguler et pour qui un bourdon n’a aucune valeur.

Il en va de votre devoir de conseillère d’état, car sur le banc où nous collerait le grillon, vous aurez plus à répondre que moi et la plupart de mes semblables.

Bon courage !

Écrit par : Laurent Ducotterd | 28/05/2018

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