11/03/2018 11:19 | Lien permanent | Commentaires (0)

Politique de la santé: le temps de la transparence

002EBA64_87CE36D74FA7A0BB57114D8101F1A0DF.jpgIl ne se passe pas un jour sans que les médias ne parlent d’un dysfonctionnement du système de santé suisse, le dernier en date étant la déclaration téméraire de notre ministre de la Santé sur le million de revenu de certains praticiens sur le dos de l’assurance de base. La réplique des médecins est demeurée confuse, mais la réalité est tellement plus nuancée. Ils méritent de bien gagner leur vie, dans la mesure où les soins prodigués sont médicalement justifiés et restent dans le cadre de tarifs reconnus.

Cela dit, aucun acteur de la santé ne va échapper à la vague de la transparence. Les caisses maladie doivent clarifier leur fonctionnement et les pharmas justifier la différence de prix des médicaments avec l’étranger. Dans le domaine hospitalier, le surveillant des prix vient de mettre au jour les différences importantes de tarifs entre les hôpitaux. Contrairement aux idées reçues, c’est dans les établissements privés que les tarifs hospitaliers de l’assurance obligatoire sont les moins élevés. Ainsi, pour un même patient, à Neuchâtel, par exemple, une opération du genou, de la hanche ou du pied, coûtera 7,5% de moins qu’à l’Hôpital cantonal, et cette différence se constate dans l’ensemble des cantons. Il suffit de consulter le comparateur de M. Meierhans, disponible sur www.spitaltarife.preisueberwacher.ch/fr.

Plusieurs études récentes, dont un rapport mandaté par le Conseil fédéral, ainsi que le rapport d’experts «Berset», ont mis en lumière l’opacité dans la gestion hospitalière des cantons. Ces documents remettent en question le subventionnement massif, par certains cantons, de leurs hôpitaux publics. Ils soulignent aussi les distorsions de concurrence liées au cumul des fonctions des conseillers d’Etat en charge de la Santé. Ces derniers sont à la fois propriétaires des établissements, autorités de surveillance, de planification et d’approbation tarifaire.

Dans le canton de Fribourg, et malgré des bilans déficitaires répétés (21 millions de francs prévus en 2018), la direction avait sèchement refusé d’entrer en matière sur de possibles collaborations avec un partenaire privé. Suite à la récente crise, la conseillère d’Etat socialiste, Anne Demierre, a eu le courage d’annoncer sa démission du conseil d’administration des hôpitaux fribourgeois, en reconnaissant publiquement que cela entraînait des conflits d’intérêts.

Dans de nombreux autres cantons, les responsables gouvernementaux se réfugient dans le déni et le protectionnisme. On préfère favoriser des hôpitaux publics onéreux plutôt que de chercher des synergies avec des établissements privés moins chers. Le cas de Neuchâtel en la matière est caricatural. Le Conseil d’Etat, peinant à esquisser une solution viable pour ses futurs deux hôpitaux publics, non seulement n’envisage pas d’emblée des partenariats, mais, de surcroît, limite drastiquement les cas confiés aux cliniques privées, même si elles figurent sur la liste hospitalière. Cette approche incompréhensible pousse les patients à se faire opérer hors canton.

Un débat responsable sur la transparence des revenus, des prix et du fonctionnement des acteurs du domaine de la santé est urgent. Dans le brouhaha actuel de défense d’intérêts particuliers, constitué d’un mélange de motivations idéologiques, électoralistes, mais aussi pécuniaires, nous devons cesser ce petit jeu du divide et impera. Comme le propose le surveillant des prix, le partenariat entre le public et le privé doit devenir une stratégie de développement commune des établissements hospitaliers. Les synergies et collaborations engendrées accroîtront leur efficience et favoriseront une meilleure qualité des soins au meilleur prix. Au profit des patients, des payeurs de primes et des contribuables.

 

Raymond Loretan, Président du Swiss Medical Network

 

04/03/2018 10:32 | Lien permanent | Commentaires (0)

Des Jeux olympiques en Asie

CHAPPELET_JEAN_LOUP.pngLes éditions asiatiques des JO adaptent mieux le programme sportif aux goûts de nouveaux publics plus jeunes.

Les Jeux d’hiver de PyeongChang 2018 sont terminés. Ceux d’été auront lieu dans deux ans à Tokyo et les Jeux d’hiver 2022 à Pékin. Trois éditions successives en Asie, alors que, depuis leur rénovation, les Jeux olympiques ont toujours alterné entre les différentes parties du monde, d’abord entre l’Europe et les États-Unis, puis en visitant l’Australie, le Japon, le Canada, la Chine et l’Amérique latine, tout en revenant régulièrement en Europe ou en Amérique du Nord. L’Afrique est le seul continent pas encore abordé par les Jeux. Comment est-on arrivé à cette préférence asiatique, encore renforcée par les deux premiers Jeux de la jeunesse tenus à Singapour et à Nanjing?

Elle résulte incontestablement du développement économique considérable de l’Asie depuis les années 1980, notamment de la Chine mais aussi de la Corée et d’autres dragons régionaux, ainsi que du rétablissement spectaculaire du Japon comme grande puissance après la Seconde Guerre mondiale. On peut sourire de Jeux d’hiver en Asie du Nord-Est. Mais, comme on l’a vu à PyeongChang, il y fait très froid, tout comme à Pékin et à Tokyo en février. Ces pays voient dans les Jeux une façon de rejoindre le «concert des nations» ou de s’y maintenir et de démontrer leurs capacités face à une concurrence désormais mondiale. De plus, ces solides économies font ce que nous avons fait en Europe, c’est-à-dire construire des installations et aménager des régions entières pour les loisirs sportifs.

Certes, l’attribution des Jeux d’hiver 2022 à Pékin (contre seulement Almaty, au Kazakh­stan) résulte aussi d’un manque de candidatures. Mais cette situation n’est que temporaire car les Jeux sont déjà attribués pour 2024 (Paris) et 2028 (Los Angeles). Pour 2026, la métropole de Sapporo (Japon), au pied des montagnes, est sur les rangs, ainsi que peut-être Graz (Autriche), Calgary (Canada), Stockholm (Suède) et, bien sûr, Sion. Le Comité international olympique (CIO) souhaiterait, en effet, voir revenir les Jeux d’hiver dans des régions traditionnelles de sports d’hiver. Il a d’ailleurs aménagé son processus de sélection et d’organisation pour faciliter les candidatures. Mais le CIO est comme un énorme tanker. Les changements de direction qu’il décide prennent beaucoup de temps à se réaliser car les Jeux sont attribués sept ans à l’avance et les organisateurs locaux ne modifient pas facilement leurs plans.

Ces éditions asiatiques n’ont pas que des conséquences géographiques. Elles transforment le programme sportif et l’adaptent mieux aux goûts de nouveaux publics plus jeunes. Short-track, half-pipe, big air, slopestyle, mass-start, snowcross, mais aussi, à Tokyo 2020, skate­board, surf, escalade, karaté, baseball sont autant de disciplines olympiques nouvelles et populaires en Asie. Comme le remarquait récemment un responsable de la télévision olympique, les sports inventés dans la campagne anglaise du XIXe siècle (ou dans les Alpes) ne sont souvent plus très adaptés à notre époque.

Il faudra en tenir compte pour de futures éditions des Jeux. Les fédérations internationales feraient bien de limiter la taille de leurs arènes (souvent à moitié vides) et d’évoluer vers des disciplines plus populaires. Cela éviterait les éléphants blancs, difficiles à utiliser après les Jeux et qui nécessitent une logistique surdimensionnée pendant les Jeux. Il en va d’une meilleure acceptation des candidatures par la population.

Comme le disait Coubertin et le rappelait le président du CIO, les Jeux célèbrent la tradition sportive mais doivent aussi ouvrir la voie de l’avenir, vers de «nouveaux horizons», comme le promettait PyeongChang 2018.

Jean-Loup Chappelet, professeur à l'Université de Lausanne (IDHEAP)

25/02/2018 10:22 | Lien permanent | Commentaires (2)

Croyez-vous aux miracles...

002DD559_83DCB4C88153C3E75B9E108B401D3EB8.jpg6 mars 2016, atteinte depuis fin 2009 d’une maladie orpheline incurable et extrêmement douloureuse le «Cluster Headache» appelé aussi la maladie du patron ou plus froidement la migraine du suicidaire – 50% des malades mettraient fin à leurs jours, ne supportant plus la douleur qui s’apparente à l’arrachage d’un membre sans anesthésie. L’apparition des symptômes a commencé sans crier gare, comme un coup de vent glacial entré dans ma narine gauche, des douleurs lancinantes, terrifiantes, des coups de couteau dans mes sinus, mon œil, mon cerveau, mon oreille et dans la moitié de mes dents. Cette douleur est réapparue toutes les nuits à heure fixe me terrassant dans mon sommeil durant 40 minutes. Soignée plusieurs mois pour une sinusite aiguë, aucun traitement n’arrivait à supprimer le supplice. Jusqu’au jour (18 mois plus tard) après avoir consulté tous les spécialistes, le verdict est tombé sans appel chez un neurologue: «C’est un Cluster Headache, un AVF, nous n’avons aucune idée de sa provenance, nous ne savons pas pourquoi ces crises se déclenchent, ni d’où elles viennent. De plus, nous n’avons aucun traitement à vous proposer, si ce n’est de vous conseiller de vous brancher à l’oxygène lors des attaques. Cette maladie est très rare et en principe se présente sous forme épisodique, chez vous il semblerait qu’elle soit chronique.»

En 2016, j’étais à cinq crises par nuit, toutes les nuits, je ne pouvais plus prendre l’avion sans oxygène. Avec un bureau à Hongkong c’était devenu très compliqué. Je n’avais qu’une obsession: en finir proprement, étant donné qu’à chaque attaque j’étais persuadée que mon cerveau allait finir par exploser. En mars 2016, juste avant le salon de Baselworld, j’ai décidé de m’envoler pour Maurice. J’y suis arrivée dans un état physique déplorable, avec des attaques qui ne me quittaient plus, j’étais dévastée.

Pourtant je n’étais pas seule, sitôt arrivée, une amie me glissait dans le creux de la main un numéro de téléphone – «Appelle ce maître Reiki, il va t’aider». Il va de soi que je n’ai pas attendu, je n’avais plus rien à perdre, de plus le Reiki ne faisait pas encore partie des nombreuses portes déjà poussées.

Eh bien, ma rémission a débuté à l’instant précis où Jean-Michel a poussé notre porte, où ses mains se sont posées sur ma tête. Après une heure et demie d’initiation, j’ai commencé à sentir ma douleur s’estomper légèrement, mais sûrement. Croyez-vous en l’énergie, Babette? Avez-vous la foi en quelque chose ou en quelqu’un? Vous sentez-vous connectée aux autres et à votre environnement? Avez-vous comme pensée première au réveil celle de la gratitude, connaissez-vous votre corps et le rôle des 24 positions de vos mains? Savez-vous que le fait d’aligner vos chakras peut équilibrer votre énergie? Savez-vous qu’avec votre esprit, il vous serait possible de vous soigner par vous-même sans aide extérieure et qu’il est possible de nettoyer au quotidien toutes les émotions reçues en permanence? Savez-vous qu’aussi insensé que cela paraisse, il serait bon de remercier votre douleur pour espérer qu’elle vous quitte? Pratiquez-vous la méditation? Connaissez-vous la physique quantique? Savez-vous que vous êtes comme tous les êtres humains, capable de vous soigner ou de soulager votre prochain? Avez-vous déjà pratiqué par la pensée une introspection de votre esprit?

Depuis deux ans, j’ai répondu à la plupart de ces questions, j’apprends et je mets en pratique. Au fur et à mesure, ma perception de la vie change et mon état de santé s’est considérablement amélioré jusqu’à obtenir une rémission presque totale. En 2017, j’ai affronté une dizaine d’attaques et cette année, pour l’instant, aucune.

Oui, je crois aux miracles, au même titre que lorsqu’une émotion est perçue, elle peut faire rouler une larme sur ma joue.

Babette Keller-Liechti, Présidente de Keller Trading SA